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Bernard
Heidsieck - Collage -
Photographie - Photomontage -
Pipe - Plagiat
« Objets manufacturés
promus à la dignité d’objets d’art par le choix de l’artiste.»
André Breton
Bernard Heidsieck
Titre : Poèmes « ready-made » et « found poems »
(extrait d'un travail universitaire : "Bernard Heidesick")
Auteur : Marion Naccache
Source :
http://cep.ens-lsh.fr
En 1913 j’eus l’heureuse idée de fixer une roue de
bicyclette sur un tabouret de cuisine et de la regarder tourner.(…)
A New-York en 1915 j’achetai dans une quincaillerie une pelle à neige sur
laquelle j’écrivis : ‘En prévision du bras cassé’ ( In advance of the
broken arm ) .
C’est vers cette époque que le mot ‘ready-made’ me vint à l’esprit pour
désigner cette forme de manifestation. »
Bernard Heidsieck emploie lui même ces termes de poèmes « ready made » et
de « found poem ». C’est dans l’entretien réalisé par Jacques Donguy pour
le catalogue de l’exposition Poésure et Peintrie, en répondant à une
question sur son emploi du terme de « mécano-poème », que Heidsieck évoque
les « poèmes trouvés ».
« Je l’ai utilisée pour un ou deux textes, puis j’ai arrêté. Sur
l’instant, dans la mesure où j’utilisais beaucoup la machine, il y avait
un coté poème trouvé, interprété d’une façon mécanique. »
L’idée de « poème-ready-made », est évoquée par Heidsieck dans sa
correspondance avec Jean-Pierre Bobillot, dans Canal Street, elle nous a
également été confirmée par lui-même au cours d’un entretien.
Le mouvement d’importation de ces gestes plastiques dans son écriture
poétique peut dès lors être considéré comme totalement explicite.
L’importation en poésie de deux pratiques plastiques qui tiennent à la
fois du geste et de la posture de l’artiste, provoque, dans une écriture
située à un « stade éléctro-accoustique » des réalisations sonores
immédiatement identifiables - et ce sans indications paratextuelles de
l’auteur- comme des importations en poésie de ces gestes plastiques. En
effet, de la même manière que la Fontaine de Duchamp se présente dans un
contexte d’évidence, d’adéquation quasi préalable avec le terme de « ready
made », dans une esthétique de la présence, des textes comme La mer est
grosse ou La convention Collective sont immédiatement définissables
respectivement comme « poème ready-made » et « found poem ». L’importation
de ces deux pratiques plastiques conserve, dans l’opération de
transversalité toute la dimension d’immédiateté présente dans ces gestes
lorsqu’ils sont réalisés dans la sphère du domaine plastique. C’est-à-dire
que ce type d’importations ne connaîtrait aucun phénomène de déperdition
ou d’altération de la nature de ces gestes du domaine plastique vers le
domaine poétique. Un « poème ready made » ou un « found poem » de
Heidsieck fonctionnerait alors de la même façon que les réalisations
fondées sur ces deux gestes produites dans le champ de la plasticité. La
différence entre le « poème-ready-made » et le « found poem » réside, de
la même manière que dans le domaine plastique, dans le fait que le
ready-made tient de la recontextualisation d’un objet usuel et que le
geste de « found poem », dont le pendant plastique est, selon nous, le «
found footage » cinématographique, qui a pour point de départ un geste
très proche de celui du « ready-made », s’en différencie par un penchant
manifeste pour le développement de l’élément prélevé en objet assisté.
Nous reviendrons dans la suite de cette analyse sur ces questions
définitionnelles, et nous établirons clairement les acceptions précises à
partir desquelles il nous semble possible de mener notre étude concernant
l’importation de gestes plastiques dans la poésie de Bernard Heidsieck.
Les textes qui nous semblent emblématiques de cette « importation non
altérante », tous édités avec le Poème-Partition V, donc datant des
premières expérimentations des usages plastiques du magnétophone sont, La
convention collective, La cage, La mer est grosse et La semaine. >
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Collage
Titre : Collages et montages poétiques aux XXe et
XXIe siècles (sujet de thèse)
Auteur : Gaelle Théval
Source :
http://www.ceei.univ-paris7.fr
A la suite des travaux d’Anne-Marie Christin sur le « Coup
de dés » de Mallarmé, certains membres du CEEI se sont tournés vers les
écritures expérimentales en se penchant sur les poésies du visible au XXe
siècle, des avant-gardes historiques (Dada, Futurisme) aux poésies
concrètes et visuelles, analysant notamment le bouleversement des
pratiques typographiques et de l’usage du support amené par ce type de
poésies.
C’est dans le cadre de cette ouverture aux écritures expérimentales,
c'est-à-dire aux écritures puisant dans d’autres systèmes que le leur
(arts plastiques, cinéma, mais aussi autres systèmes d’écriture), que
l’étude des pratiques de collage et de montage en poésie prend place. Ces
pratiques, empruntées à l’origine à des domaines non littéraires, posent
la question de l’iconicité de l’écriture et de l’usage du support du poème
de façon tout à fait spécifique.
Puisant leurs modèles comme leurs matériaux essentiellement dans les
médias de masse, journaux et affiches publicitaires, les poètes
collagistes entendent, d’abord par le biais de la transposition graphique
(comme chez Apollinaire ou Pierre Albert-Birot) puis grâce aux techniques
de l’offset et de la photocopie notamment, s’approprier ce qu’ils
perçoivent comme un nouveau langage mêlant l’iconique au scriptural. A
l’instar des différentes expérimentations typographiques d’ailleurs
souvent pratiquées par ces mêmes poètes d’avant-garde, le collage est une
façon de mettre d’accent sur la visualité de l’écriture, sur la plasticité
de la lettre et de l’imprimé en général. Il s’agit de faire entrer cette «
nouvelle langue vulgaire » (Eugieno Miccini) dans le champ de la poésie,
quitte à y insérer, comme c’est le cas dans certains courants de poésie
visuelle, des icônes, images tirées de magazines et journaux divers.
Le collage, ou le montage, fait alors du poème un objet marqué par
l’hétérogénéité de ses constituants : les fragments prélevés et collés,
qu’ils soient iconiques et verbaux ou strictement verbaux, n’ont d’autres
rapports que spatiaux. Leur relation est de l’ordre du voisinage, créant
des effets de sens non discursifs dont le fonctionnement trouve selon nous
un éclairage pertinent dans les analyses d’Anne-Marie Christin sur l’image
et l’idéogramme.
Dans cette perspective, le support de l’écriture, à l’instar du support
plastique dans le cas des papiers collés cubistes par exemple, change de
statut, et devient un élément à part entière du procès de constitution du
sens. L’absence de liant entre les éléments hétérogènes réunis dans le
poème laisse poindre le support, comme réceptacle, notamment dans le champ
de la poésie visuelle où le poème tend à s’assimiler formellement à un
objet plastique, mais aussi comme intervalle, ménageant, comme dans
l’image, une séparation et des rapports entre les différents éléments
constitutifs du poème.
Les pratiques de collage et de montage telles qu’elles sont pratiquées par
les avant-gardes historiques et les poésies expérimentales notamment
visuelles mènent ainsi à une remotivation des paramètres « matériques » de
l’écriture, d’ordinaire occultés dans le processus de lecture, invitant
par là même à questionner leur mode de fonctionnement et leur « poéticité
», qui ne repose plus sur la relation du son au sens comme l’avait affirmé
Jakobson, mais sur des processus d’ordre visuels.
Photographie
Titre : Entretien de la revue Prétexte avec Denis
Roche
Auteur : Denis Roche (Dépôts
de savoir & de thechnique)
Source :
http://pretexte.club.fr
J'ai toujours été
gêné et formidablement frustré par l'idée, à propos de mon oeuvre
poétique, que d'avoir voulu mettre à mal la tradition poétique impliquait
forcément que mon travail sur la poésie était uniquement déconstructeur,
qu'étant déconstructeur, il était réducteur, et qu'étant réducteur, il
apportait de la négation, négation confirmée par le fait que j'ai cessé
d'écrire de la poésie. S'il y avait bien entendu ça dans mes quatre livres
de poèmes, il me semble que la nécessité que j'éprouvais à écrire de la
poésie pendant dix ans, était avant tout liée à des préoccupations
concernant trois choses, trois mots que je ne vois jamais prononcés à
propos de ces quatre livres : la vitesse, la jubilation et le lyrisme. On
peut en prendre n'importe quelle partie... Les idées centésimales de
Miss Elanize3, livre écrit en quatre après-midi, avec une
grande vitesse de transcription et d'enchaînement d'une page à l'autre. Il
n'y avait pas d'arrêt quand j'écrivais, entre une page et la page
suivante. Et forcément, ça donne de la jubilation. Et le lyrisme ... Je
pense à une série de poèmes qui s'appelait ì Saint Just ou la
précipitation des actions ì4, qui pour moi était une ruée lyrique à
travers des personnages, des situations, des descriptions, des sensations,
dans les grands cycles romanesques, notamment Le Don paisible de
Cholokhov, des espèces de mini apparitions très cadrées liées à la
Révolution française et, à travers ça, une jubilation lyrique très très
précise que j'ai poursuivie, avec un peu les mêmes artifices ou les mêmes
emprunts, visuels et cinématographiques notamment, ainsi que littéraires,
dans Les dépôts de savoir & de technique, vers la fin, où
j'intitulais un dépôt ì Je vous dois la vérité en littérature et je vous
la dirai.î. Alors évidemment, ce n'était pas du tout, et c'était ce qui me
plaisait dans cette oeuvre, en phase avec ce qui pouvait se dire, ce qui
pouvait se faire en poésie à l'époque, où l'on était dans une espèce de
sublimation suspendue. Ce que je faisais est le contraire de la poésie
telle qu'elle continue encore depuis ce moment-là, qui est dans une sorte
de sublimation arrêtée. Chaque mot arrête et met en suspension la page
alors que moi, je voulais traverser la page le plus vite possible, en
entraînant les mots, en entraînant une sorte de bousculade. J'avais envie,
et c'est peut-être une façon d'éclairer le mot de prototype que j'ai
beaucoup utilisé, de jeter quelque chose par la fenêtre à chaque fois, je
voulais qu'à chaque prototype corresponde une sortie dehors, une sortie
hors du livre, une sortie pour passer du réel intérieur au réel extérieur,
et vice-versa. Sortir sans arrêt. J'ai été très obsédé, dans l'histoire de
la photo, par ce que dit Robert Frank, quand il a décidé de faire la
grande série qui l'a rendu célèbre, Les Américains : il raconte
comment il dévalait l'escalier avec son appareil à la main. Pour aller
rencontrer quoi ? Pour aller vers les choses au devant desquelles tous les
photographes depuis la naissance de la photographie étaient allés. Il
avait une conscience extrêmement aiguë du fait qu'il sortait, qu'il se
ruait vers quelque chose qu'il prenait dans ce mouvement qui faisait qu'il
se ruait vers quelque chose. C'est inscrit beaucoup dans la photographie,
ça ne l'est pas suffisamment à mon goût dans la littérature. La
photographie dans l'art est certainement, entre peinture et littérature,
l'endroit où l'on peut s'amuser, ruser, avec une jubilation qui est due
essentiellement à l'effet instantané. On passe tout le temps d'un
instantané à l'autre et on peut changer de l'un à l'autre complètement
d'enjeu, complètement de sujet, de manière, de signification,
d'intériorisation. C'est le maximum de liberté dans le minimum de temps. >
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Photo-montage
Titre : ABCD : exemple d’un photomontage de Raoul
Hausmann
Auteur : Eddie Breuil
Source :
http://perso.univ-lyon2.fr
Etudions un photomontage de Raoul
Hausmann intitulé ABCD (ill. 6), daté de 1923-1924. Divers éléments sont
agencés de façon désordonnée sur une surface plane. Notre attention se
porte, dans un premier temps, sur la photographie du visage de Raoul
Hausmann. Une bouche béante à la dentition visible (serait-elle prête à
mordre ?), et un œil cerclé d’un monocle caractérisent ce portrait[1].
L’œil au monocle est surmonté d’un dessin en couleur qui pourrait évoquer
un diaphragme photographique. Formé de lamelles, le diaphragme iris est
percé d’une ouverture réglable qui permet de faire entrer la lumière tout
en jouant sur la durée comme variable. L’artiste identifie son œil à une
mécanique. Le regard de Hausmann dans l’œuvre s’apparente à un filtre,
lequel saisit son environnement en le dépouillant du superflu. L’artiste
montre ainsi qu’il ne se méprend pas sur le monde qui l’entoure. Il le
perçoit tel qu’il est, sans se faire d’illusion[2]. L’identification
semble s’étendre à l’individu qui se présente comme un appareil
photographique. Nous pouvons rapprocher la démarche de Raoul Hausmann dans
cette œuvre du processus de mécanisation de Marcel Duchamp. >
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Pipe
Titre : Ceci est une pipre
Auteur : Lucien Suel
Source :
http://academie23.blogspot.com
(Description de mon utilisation du ready-made en poésie élémentaire)
Les mots n'appartiennent à personne. Je considère la masse de mots et
d'images existants comme un matériau, un gisement, une mine. Je
l'exploite, je la creuse, je coupe, je plie, je compte, je décompte, je
détourne, je contrains, je trouve, j'empaquette, je caviarde, je troue, je
déchire, je brûle, je dissimule, je tache, je colle, je mixe, je saisis,
je détruis, je tamponne, je dessine, je griffonne, je biffe, je
substitue... C'est le recyclage des déchets chus.
A force de pomper la réalité, je parviens parfois à l'illumination, au
satori complet.
Ainsi donc, sérieusement, la poésie élémentaire peut (doit) être faite par
tous, à partir d'éléments existants (ready-made intégral ou R.M.I.,
ready-made illustré ou R.M.I., cut-up, fold-in, détournement, poème
trouvé,...) ou à partir de contraintes formelles (justification ou
comptage des signes typographiques, comptage des syllabes ou des mots,
dactylogramme, calligramme, acrostiche, palindrome, procédés oulipiens).
Elle apparaît aussi sous forme de poésie sonore, poésie visuelle,
poésie-action (incluant la performance, le happening). La diffusion de
cette poésie élémentaire se fait dans le mail art, les revues, les
expositions, les lectures publiques, les radios et télés libres, le fax,
par l'utilisation de la photocopie, du scanner, et l'internet... >
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Plagiat
Titre : Le plagiat (1977)
Auteur : William Burroughs
Source :
http://academie23.blogspot.com
Dans le dernier numéro* , j'avais écrit
longuement à propos de la découverte faite par Konstantin Raudive : voix
inexplicables apparaissant sur des bandes magnétiques vierges enregistrées
dans le plus complet silence. Ces commentaires étaient issus de
conférences réalisées au cours d'un séminaire sur l'écriture au Naropa
Institute, et plusieurs étudiants se demandaient ce que ce phénomène des
voix émises par des sources inconnues avait à voir avec l'écriture et la
poésie. Je réponds : Tout. Les écrivains travaillent avec les mots et les
voix de la même façon que les peintres travaillent avec les couleurs ; et
d'où viennent ces mots et ces voix ? De plusieurs sources : conversations
entendues et réentendues, films et émissions de radio, journaux,
périodiques et aussi, oui, les autres écrivains ; une phrase me vient à
l'esprit, une phrase d'une vieille histoire western lue il y a des années
dans une revue à deux sous, peux pas me rappeler où et quand : « Il
l'observait, essayant de lire dans son esprit - mais son regard demeurait
froid, inexpressif, indéchiffrable.» En voilà une que j'ai plagiée. >
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02/02/2008
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