La Poésie élémentaire

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Guerre - Historialité - Langage - Philosophie - Poème - Poétique - Révolution - Vie - Virus

 

 

Guerre

Titre : hackt°-theory(Z)

Auteur : Philipe Boisnard

Source : http://www.sitec.fr/users/akenatondocks

Auteur(s) cité(s) : Burroughs, Maciunas, Prigent, etc.

 

La machine de guerre si elle n’est pas révolutionnaire, au sens où elle est éthique généalogique, manière d’habiter un monde irréversible, reconnaissant que sa matérialité, elle la tire de ce monde-là en tant qu’il la nourrit, la constitue, cependant ne peut être comprise comme symptomatique. Le transformateur/révélateur, par ses mouvements d’association qui lui sont propres [à son corps, à ses nerfs, à la sédimentation faite des valeurs, des précepts, de ses expériences], par ses combinaisons du matériel prédonné rompt la tautologie politique de la constitution du réel. Tautologie car les systèmes hégémoniques se conçoivent à la fois comme la cause et la fin de toute forme d’altérité qui pourrait les concerner. La tautologie peut être court-circuitée de deux façons, pour résumer : 1) soit en introduisant un bug dans le flux général des informations qui constituent le réel. Travail alors d’une expression étrangère, singulière, qui témoigne d’un autre horizon de constitution ontologique. Poésie d’un autre corps que celui galvanisé par les instances de pouvoir. Poésie animale, langue barbare, trou, crevasse, devenir corps anomal. 2) Soit en considérant que nous pouvons constituer à partir de la matérialité même des énoncés intramondains et spécifiquement médiatiques, d’autre forme de composition logiques entre les données qui ont été précombinées. Cette recherche exige alors de ne pas exclure les langages hétérogènes de la représentation culturo-populaire de la poésie, à savoir ce qui communément est classé comme paralittéraire et para-artistique. Elle trouve sa source aussi bien déjà dans les pistes avancées par les Futuristes, que dans l’événement de la poésie concrète et du mouvement Fluxus et de la détermination de la densité intermédiatique qu’explique Dick Higgins

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Historialité

Titre : Le courage de la poésie

Auteur : Philipe Lacoue-Labarthe

Source : http://www.usm.maine.edu

Poète(s) cité(s) (philosophes) : Hörderlin, Heidegger

 

Que, pour l'essentiel, passée la brève période d'activisme forcené de 1933-34, toute la prédication politique de Heidegger soit à chercher dans le discours qu'il tient sur la poésie - et singulièrement sur Hölderlin - ce n'est aucun de nous qui l'invente, c'est lui - même qui le dit.
Dans une transition du cours du semestre d'hiver 1934-35 sur Les hymnes du Hölderlin: la Germanie et le Rhin - le premier, ou preque, à être professé après la démission du rectorat - on peut lire, au titre d'un rappel de "la tâche du cours" (die Aufgabe der Vorlesung), ceci, qui est parfaitement net:
Le but ultime de ce cours reste de recréer enfin dans notre Dasein historial un espace et un lieu pour ce qu'est la poésie. Cela ne peut advenir qu'en nous portant nous-mêmes dans la sphere de puissance (Machtbereich) d'une poesie effectivement poétique en nous ouvrant à son effectivité. Pourquoi est-ce la poésie de Hölderlin, qui est choisie a cet effet? Ce choix ne résulte pas d'une sélection arbitraire entre différents poètes.Ce choix est une décision historiale. Énoncons trois raisons essentielles qui motivent cette decision
1. Hölderlin est le poète du poète et de la poésie.
2. Simultanément Hölderlin est le poète des Allemands.
3. Comme Hölderlin est cela en toute latence et difficulté, poète du poète en tant que poète des Allemands, il n'est pas encore devenu puissance dans l'histoire de notre peuple. Et comme il ne l'est pas encore, il faut qu'il le devienne. Y contribuer est de la "politique" au sens le plus haut et le plus propre, à tel point que celui qui arrive à obtenir quelque chose sur ce terrain n'a pas besoin de discurir sur le "politique". > lire le texte

 

Langage

Titre : ART ET LANGAGE : LA POSSIBILITE DE L’EVENEMENT POLITIQUE OU DE L’EXIGENCE ETHIQUE.

Auteur : Marc Goldschmit

Source : http://www.univ-lille3.fr/set

Auteur(s) cité(s) : Heidegger, Benjamin, Wittgenstein, Blanchot

 

Que l’art soit pensé comme lieu de la politique « au sens le plus haut »( Heidegger ) à peu près à une époque où les idéologues du nazisme parlaient de la politique comme grand art, qu’il soit analysé comme possibilité d’une politique révolutionnaire( Benjamin ), selon l’analogie de l’éthique et de l’esthétique( Wittgenstein ) ou comme exigence d’écrire( Blanchot ), c’est à chaque fois dans une analyse du langage et de la question de la langue que se décident chacune de ces déterminations éthiques ou politiques de l’art. Il s’agira par conséquent de montrer dans cette thèse que c’est à la pointe d’une philosophie de l’art comme langage ou d’une pensée du langage depuis l’essence de l’art que Heidegger, Benjamin, Wittgenstein, Blanchot comprennent le rapport de l’art à la politique du siècle dernier, le rapport de l’art au capitalisme, au fascisme et à la technique planétaire. Cette thèse cherchera à analyser comment l’articulation de l’art et du langage a pu constituer la possibilité d’une éthique ou d’une politique philosophique au XXème siècle, en vue sans doute de conjurer, dans au moins trois des cas suivants, le verdict hégélien dont Heidegger donne la citation à la fin de « l’origine de l’œuvre d’art » : « l’art est, quant à sa suprême destination, une réalité passée »( Chemins qui ne mènent nulle part, Tel Gallimard, p. 14 ). > lire le texte

 

Philosophie

Titre : Philosophie et poésie au xxe siècle

Auteur : André Tosel

Source : http://revel.unice.fr/noesis

Poète(s) cité(s) (philosophes) : Homère, Platon, Char, (philosophe), Heidegger (philosophe), Badiou, etc.

 

Le tiers absent qui règle les rapports entre poésie et philosophie est celui de la vérité. La philosophie a commencé par s’assurer en sa fonction de maîtresse de vérité, en posant l’ordre de la pensée comme le sien propre et en faisant de cette appropriation le titre autorisant son hégémonie politique dans la constitution de la cité enfin conforme à son idée. Homère, dans la République1, est rencontré comme le Maître de la paideia, de l’éducation qui repose sur les mythes fondateurs et en fait le ciment théologico-politique de la communauté des hommes vraiment hommes, les libres citoyens-guerriers. Pour Platon, il actualise la figure d’un maître d’une opinion constituante et celle du grand législateur politique. Mais Homère n’a plus désormais l’autorité nécessaire à une fonction qu’il faut repenser en vérité. La crise de la cité efface l’héroïsme de la fondation dans le flot dévastateur du désir de posséder et dans sa démesure. Il s’agit bien d’une tâche poétique-poïétique, au sens de productive d’un nouvel ordre. Il ne s’agit pas tant de dénoncer les mythes que de prendre acte de leur épuisement. Ils ne peuvent plus être entendus en leur forme originaire, il faut reformuler leur teneur de vérité à partir de la norme du vrai en son idéalité. Le poète ne sait pas ce qu’il dit. Le philosophe se pose comme celui qui sait, qui sait ce qui autorise sa revendication de la maîtrise logico-politique et qui sait simultanément pourquoi le poète fondateur ne sait pas ce qu’il dit, ne sait pas pourquoi son dire ne peut pas être entendu en sa formulation première. Le philosophe désormais exerce sa maîtrise sur l’ancien maître, maîtrise conceptuelle qui est le pouvoir de dire à l’autre ce qu’il est et ce qu’il fait, mieux et autrement que cet autre. Voilà pourquoi il chasse Homère de la cité après l’avoir couronné de fleurs. > lire la suite

 

Poème

Titre : Phillipe Lacoue-Labarthe, Heidegger: La politique du poème.

Auteur : Morgan Gaulin

Source : http://www.brynmawr.edu

Poète(s) cité(s) (philosophes) : Heidegger, Badiou, Lacoue-Labarthe

 

Heidegger : La politique du poème est constitué de cinq textes rédigés pour la plupart entre 1987 et 2002, mettant en scène une compréhension qui cherche progressivement à se définir; c'est pourquoi cet ouvrage doit être approché comme un essai. Nous voudrions, dans cette brève intervention, examiner la question cruciale, pour Lacoue-Labarthe, du rapport possible de la poésie à la philosophie: "La poésie doit-elle cesser d'intéresser la philosophie?" (45). Notons que cette interrogation surgit sur fond d'un dialogue critique mené depuis plusieurs années et à travers de nombreuse publications entre Philippe Lacoue-Labarthe et le philosophe Alain Badiou.
L'essai de Philippe Lacoue-Labarthe prend comme point de départ la thèse qu'Alain Badiou énonce dans L'Être et l'événement suivant laquelle la philosophie doit se fonder sur le geste platonicien consistant à congédier la poésie hors de l'enceinte de la Cité. Ce geste, argumente Badiou, doit avoir lieu à nouveau si la philosophie veut redevenir aujourd'hui une possibilité. Selon l'auteur, cette thèse associe intimement poésie, philosophie et politique, et la critique qu'il en propose -- il l'avoue lui-même -- se conduit au prix d'une simplification. Cette simplification réduit, pour le propos de l'essai, la thèse de Badiou à la prémisse selon laquelle la philosophie doit se vouer au "Mathème," condition d'existence de toute activité philosophante. Le Mathème, tel qu'il est formulé par Alain Badiou, est composé des quatre éléments que sont la politique, l'amour, la poésie et la mathématique. Ceux-ci sont, selon Badiou, les quatre sources originelles de la philosophie. > lire la suite

 

Poétique

Titre : La Rhétorique en procès (5). 4. POLITIQUE DE LA RHETORIQUE vs POLITIQUE DE LA POETIQUE

Auteur : Arnaud BERNADET

Source : http://www.hatt.nom.fr/rhetorique

Poète(s) cité(s) : Henri Meschonnic

 

La politique d'un métalangage est ce qui en ressort de théorie de la société. Le poème déjà suppose une politique, non parce qu'il l'énonce directement comme dans tel fragment des Lettres philosophiques de Voltaire ou des Mémoires du Cardinal de Retz mais parce que " le politique est dans la structuration même du langage " (PP2, p. 73). Le politique du discours littéraire est dans l'énonciation avant d'être dans l'énoncé. Aussi Henri Meschonnic a-t-il reconnu très tôt que " la théorie du rythme est politique " (CR, p. 9). Il distingue sur ce point la politique du politique. Si la politique est l'art, la pratique ou encore les manières de gouverner les sociétés, le politique, terme plus récent (1927) désigne plutôt " la recherche de la valeur " (PR, PS, p. 25) en politique, autrement dit l'éthique dans la politique. Si l'éthique régit la politique, celle-ci se définit alors comme la manière de gouverner une société en vue du bien des individus qui la constituent. Or sur ce plan, rhétorique et poétique ont en commun l'éthique, le social et l'Etat, et pourtant leurs politiques divergent. La rhétorique repose sur l'épistémologie duelle du signe (figures / arguments, signifiant / signifié, norme / écart, sujet / société) : sa politique est celle du signe. Inversement, la poétique est une politique historique du langage fondée sur une épistémologie de la pluralité qui unit dialectiquement les catégories que la rhétorique sépare. Pourtant, l'alliance anthropologique postulée entre la poétique, l'éthique, le politique et la politique est impossible et impensable sans la rhétorique. Si la poétique doit d'éviter le formalisme à l'approche argumentative, à leur tour, les notions de valeur et de système subvertissent la logique figurale de la rhétorique et cette réciproque transformation de la rhétorique et de la poétique l'une par l'autre passe par le politique. La politique de la rhétorique est une " politique de l'écart " (CR, p. 426) : du Groupe µ qui réactualise l'idée valéryenne de poésie comme fête du langage et fait de l'individu, sociologiquement impensé (lettré ou poète), le seul être authentique (Note 19), aux postures avant-gardistes de Tel Quel, le structuralisme littéraire a incarné une rhétorique de la rupture. Dans ce dernier cas, il s'agit d'une rupture avec la démocratie libérale et ses inégalités, avec le marxisme dogmatique et les savoirs universitaires réputés académiques. Sa superposition entre matérialisme dialectique et matérialisme littéraire se traduit logiquement par l'appel révolutionnaire sans révolutionner la signifiance du discours. La levée des tabous qui passe par une lexicalisation du sexe et de la scatologie n'atteint qu'au dit et non au faire. Ces éléments rhétoriques " définissent socialement politiquement un comportement bourgeois chrétien réactionnel " (PP2, p. 22) (Note 20). C'est pourquoi Meschonnic privilégie plutôt la dynamique de l'action qui montre " la force de cette tenue corrélative " (PR, PS, p. 22) entre politique, éthique, rhétorique et poétique, geste cependant problématique puisqu'il confirme la dissociation entre la figure et l'argumentation en privilégiant l'une au détriment de l'autre ; ambivalent aussi en ce qu'il reconnaît les rémanences taxinomistes dans l'étude des situations pragmatiques chez Kenneth Burke, par exemple, ou une pensée " déductive, normative, logico-naturaliste " (PR, PS, p. 91) chez Aristote, que la poétique ne peut présupposer sous peine de juxtaposition épistémologique. La critique politique met fin précisément à ces incompatibilités et à l'isolement de catégories qu'on a eu de cesse depuis Aristote de séparer. > lire la suite

 

Révolution

Titre : La critique situationniste ou la praxis du dépassement de l’art

Auteur : Thomas Genty

Source : http://library.nothingness.org

Poète(s) cité(s) : Christian Sébastiani

 

(Extrait) La poésie, définie par l'I.S. comme moment révolutionnaire du langage, s'exprime à volonté par les graffiti qui envahissent les murs de Paris et de ses facultés. Généralement exécutés à la bombe de peinture ou au marqueur, certaines Universités sont également victimes d'affichettes manuscrites au crayon feutre (sur le modèle des dazibaos de la "révolution culturelle" chinoise). Spontanéité et style propres aux situationnistes sont la marque de ces graffiti qui restent gravés dans l'histoire de mai 1968, leur lyrisme poétique s'oppose radicalement à la monotonie des traditionnels slogans politiques. Dans cet exercice, les situationnistes jouent de toute évidence un rôle de premier plan, en particulier Christian Sébastiani, surnommé plus tard le "poète des murailles". Reprenant, pour la quasi-totalité d'entre tous les graffiti, le contenu de la théorie radicale de l'I.S., on distingue toutefois trois sortes de graffiti : 1) ceux qui s'attaquent directement à la société, au système politico-social, 2) ceux qui s'attaquent aux pseudo-acteurs du mouvement que sont les organisations réformistes, ou encore les professeurs "de gauche", et enfin, 3) ceux qui déclarent la mise en pratique du renversement de perspective, l'accession aux plaisirs de la vie contre la "survie" imposée. Ces trois catégories se trouvent, sans distinction particulière, massivement offertes aux murs de la capitale comme à ceux des facultés, avec très vite, une quantité majoritaire des graffiti de la troisième catégorie. > lire le texte

 

Vie

Titre : Artaud le vivant

Auteur : Laurent Margantin

Source : http://www.larevuedesressources.org

Poète(s) cité(s) : Antonin Artaud

 

(Extrait) La poésie selon Artaud doit permettre de sortir de tous les " délires de masse ", qu’ils soient religieux ou politiques. Dumoulié rappelle la fonction politique de la poésie d’Aristote (la poésie raconte " ce qui pourrait arriver ") à Bachelard (" la fonction principale de la poésie, c’est de nous transformer "). La poésie comme politique, c’est lutter contre l’empoisonnement généralisé de l’humanité par la religion et les croyances sociales. L’auteur montre bien que les analyses de Nietzsche et de Freud coïncident avec celles d’Artaud ; la seule différence est que Nietzsche rêve d’une grande santé, tandis qu’Artaud pense que le système d’envoûtement est tellement installé à travers le capitalisme qu’il ne reste qu’une possibilité pour lutter : inventer des contrepoisons, de nouveaux toxiques afin de générer un " corps neuf ", libéré de toutes les ondes qui parcourent et emprisonnent les corps. > lire le texte

 

Virus

Titre : La poésie est un virus

Auteur : F. Dumoulin

Source : http://www.sitec.fr/users/akenatondocks

Poète(s) cité(s) : Christian Sébastiani

 

La poésie est un virus.
Une infection diffuse dans l’air du temps, dans l’aire des temps, qui se transmet par toute voie de communication.
La poésie est un virus dans le langage : une micro-infection, une propagation spongieuse et protéiforme dans le corps des langues et de leur transmission. Une corruption des formes de discours.
La poésie traîne dans l’air du temps. La poésie est le souffle grippé des autres dans la langue même.
Un dézonage en forme et polymorphe. Un déclonage à outrance. Une production endémique – n’appartenant pourtant pas à la pandémie médiatique – de cellules étrangères dans une époque antiseptique. Une régénération des langues mortes, archimédiatiques, par des formes parasitaires.
La poésie n’est pas pasteurisée : elle n’a pas de date de péremption ni d’arrêt peremptoire. Elle représente le vitalisme microbien caché d’une industrie libriopharmacotique.
Nous sommes de grands consommateurs de narcotiques et de livres anti-sceptiques.
L’industrie médicalibriomenteuse sent l’ammoniaque, la Javel et le chlore. La communication antibiotique s’avale tous les jours, homéopathiquement et homéophatiquement, par toutes les voies médiatiques.
Mais la poésie n’est pas un anticorps. La poésie, dans l’ère du marché, est au contraire une plus-value du corps : une plus-value d’inconscient, de réel, de langue – non cotée en bourse.
Car la poésie n’est pas un art cotique, ni un art quantique de quotités : cantique d’artiste autiste.
Elle est le thermomètre, degré-zéro, derrière les euro-zéro-zorro-zheureux discours mass médiatiquement assourdissants et assommants. > lire la suite
 

 

 

 

25/02/2007

 

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