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Faune
- Lexique - Négritude -
Poétique - Rythme -
Soufisme -
Divers
Faune
Titre : Faunes. Poésie, corps, danse, de Mallarmé à
Nijinski
Auteur :
Pascal Caron
Source :
http://www.fabula.org
Comment un poème fait-il parler la danse, et un ballet, la
poésie ? Quand Vaslac Nijinski présente le Prélude à l'après-midi d'un
faune au Théâtre du Châtelet, en 1912, il semble que le rêve de Mallarmé
se réalise. Ce rêve ? Porter à la scène L'Après-midi d'un faune,
initialement conçu pour elle ; redonner au spectacle la force d'un rite et
installer un site qui ait l'autonomie d'un temple. Avec les Ballets
russes, la correspondance entre les arts aurait trouvé se formule exacte
par-delà le programme wagnérien. Avec Nijinski, la danse se serait dégagée
du réalisme psychologique ou merveilleux qui la masquait, redécouvrant un
corps arraché à lui-même par les esthétiques classique et romantique. Mais
si du poète au chorégraphe, en passant par Debussy, un régime s'inaugure,
où chaque pratique dialoguera avec une autre sans soumission, les discours
qui s'efforcent de comprendre ce déplacement épistémologique, eux,
hésitent et se croisent. Et encore aujourd'hui. En examinant comment
Mallarmé et Nijinski ont été mis en relation, ce livre veut aussi rappeler
la complexité d'un faune, emblème d'un trouble qu'on appelle modernité.
Pour comprendre les enjeux esthétiques et littéraires qu'il représente, il
faudra courir nous-mêmes le risque du divers, des traités de danse aux
méthodes de notation du mouvement ,des discours anthropologiques et
philosophiques au poème de Mallarmé, en passant par ses articles sur le
ballet. D'ailleurs, comme Nijinski, le poète nous l'a montré : l'écriture
et la danse sont plurielles en tant que pratiques. De là qu'elles aient
été saisies par ce corps de faune, mouvant et hybride, dont on ne sait
jamais si l'apparition sera favorable ou funeste.
Lexique
Titre : Danser,
Auteur : Jean-Marc Bailleu
Source :
http://www.cipmarseille.com
DANSER,
C’est accourcir, aillir, alonner, aluer, amasser, ambrer, ancer, ancher,
aqueter, archer,
arcourir, arquer, arteler, asser, attre, auter, autiller
C’est boîter
C’est carter, chaîner, chapper, cliner, contracter
C’est ébouler, encher, endre, ener, enir, entraîner, ermer, errer,
escendre, ester, eter, étirer,
étourner, évelopper, ever
C’est facer
C’est gager, garder
C’est hanger, hasser, hercher
C’est ier, iétiner, iquer, irer, ivoter
C’est lacer, lancer, laner, laquer, léchir, lever, lier, lisser, longer,
lonner, lotter
C’est monter
C’est ointer ; oler, omber, ondre, onduire, ontracter, orcer, ordonner,
orter, ortiller, ortir,
oser, ouetter, ouper, ourir, ourner, osser, outenir
C’est pauler, pousser
C’est rapper, ricoter, riser, roiser, rondir, rosser
C’est sculer, sembler, spirer
C’est tirer, tourner, trecroiser, trelacer, trer
C’est uivre
C’est velopper, venir, vérer, verser, vrir
C’est xercer.
Jean-Marc Baillieu in "Le Cahier du Refuge" n° 122
Négritude
Titre : A quand la danse ?
Auteur : GRDPEA
Source :
http://www.grioo.com/blogs
Quelque chose est à l’œuvre.
La même chose qui était à l’œuvre dans l’irruption de la négritude dans le
champ de la poétique, la même chose qui était à l’œuvre dans l’irruption
dans le champ musical du Spiritual, de ses masques, du Hip hop, etc.
Il s’agit de ne pas de réveiller seulement qu'avec les douleurs d’un corps
violemment sollicité la veille. Il s’agit de se réveiller tout court.
On régurgite l’inadmissible. Comme le visage se fronce du fait du goût
désagréable dans la bouche, de même le corps se crispe quand remonte à la
surface cette souffrance, que l'opération de l'esprit tant en quelque
sorte à ignorer. La Danse est un pré-vomissement. Il s’agit de construire
un vomissement complet.
La poésie à un défi de classe. La Danse, elle, rassemble. La poésie se
construit de et dans la solitude. la Danse joue du groupe.
De ce fait elle est intéresse hautement le programme révolutionnaire. Nous
avons à faire à une névrose collective en ceci qu’elle se manifeste
collectivement et donne lieu à une célébration.
La névrose est une crispation musculaire. L’an 0 de l’élan ; elle renferme
donc en son sein, et est : élan et déni de l’élan. La névrose concentre la
Conscience à l’état embryonnaire : Masse brute et informe. Il faut la
travailler, l’alléger. L’œuvre esthétique, à n’en doit point douter, a ici
une dimension hégélienne.
L’Etat de conscience consciente ou l’état consciente de la conscience est
notre quête. Que le danseur sache pourquoi il danse est le plus important.
Qu’il choisisse de soumettre la Danse, sera une attitude éclairée.
Bien sûr, d’abord le corps, la matière parle (elle parle sans qu’on l’y
invite parce qu’elle est la première à subir) ; puis il appartient à la
conscience de se faire maître du langage. De transformer le tourbillon en
brise légère ou en rafale directe .
C’est cela : que tous sachent qu’ils rêvent la nuit et pourquoi ils
rêvent. >
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Poétique
Titre : Porosités, comètes, pour Laurence Louppe
Auteur :
Sylvain Dambrine
Source :
http://www.vacarme.eu.org
(Extrait) - Mais il est aussi une proposition forte de
Laurence Louppe qui concerne le balisage même de la danse contemporaine et
du champ qu’elle entend explorer sous ce nom, pour autant qu’il soit celui
de l’activité de questions, de problèmes. Car elle fait dépendre les
contours de sa propre définition de la danse contemporaine d’une rupture
inaugurale : ainsi la danse contemporaine, à l’aube du vingtième siècle,
ne naît-elle pas de la danse, de formes de danse préexistantes, mais
a-t-elle une absence de danse pour coordonnée originelle. Parmi les «
récits fondateurs » possibles, c’est bien plutôt en effet dans les
recherches du chanteur et acteur (et non danseur) François Delsarte qu’il
faut voir les prémisses du « surgissement d’un autre corps » dans le «
projet contemporain de danse : la découverte d’un corps recelant un mode
singulier de symbolisation, étranger à toute grille constituée. » Car les
recherches de Delsarte, en plein XIXème siècle, découvraient, dans
l’univers de la « fracture irrémédiable entre mouvement et verbe », une
production signifiante du corps, et spécialement du corps en mouvement,
déplaçant infiniment le partage entre corps et langage-identifié-au-logos,
sans pour autant en rabattre sur une spécificité non-verbale du corporel.
Le corps comme « autre scène », dès lors, « où le geste n’est plus le
support mimétique d’un référent déjà structuré. Mais au contraire une
émanation (sinon un constituant) de cette scène même, dont il est à la
fois l’agent d’ouverture et l’agent de lecture. »
Dans le même temps, Laurence Louppe prend aussi le parti d’une
indistinction entre moderne et contemporain. Ce qui évite une
dépolitisation de ce dernier, et revient aussi à faire le pari qu’il
puisse exister autrement que comme pur label institutionnel — si le
contemporain se confond avec le moderne, c’est d’abord en vertu d’une
puissance critique des œuvres (et d’abord critique de la notion même
d’œuvre). Les œuvres, dans leur dispersion, se cherchent alors comme
autant d’« historicités éparses ». C’est aussi de ce point de vue, de la
recherche d’un aujourd’hui comme mouvement d’une historicité (d’une
appropriation de l’histoire), que doivent être compris l’écoute et le
relais qu’elle mène de la « quête exacerbée de l’anamnèse » des danseurs
contemporains. En sont exemplaires les travaux qu’a conduits le Quatuor
Knust, reprenant « des œuvres emblématiques de la modernité » (en
l’occurrence, de Doris Humphrey, Kurt Jooss, Yvonne Rainer, Steve Paxton,
L’après-midi d’un faune) « tout en mettant en lumière (et en
problématisant) l’identité et l’intérêt de la partition », travaillant à
partir de la notation élaborée par Laban (la cinétographie Laban). Et
c’est aussi, du reste, ce sur quoi se greffe la réflexion séminale de
Laurence Louppe sur les problématiques des notations en danse et de la
partition chorégraphique, ce qu’elle appelle le « partitionnel ». >
lire le texte
Rythme
Titre : L'Esthétique négro-africaine (extrait
de Ethiopiques)
Auteur : Léopold Sédar SENGHOR
Source :
http://www.ac-reunion.fr
Cependant l'image ne produit pas son
effet chez le Négro-africain si elle n'est pas rythmée. Ici le rythme est
consubstantiel à l'image ; c'est lui qui l'accomplit, en unissant, dans un
tout, le signe et le sens, la chair et l'esprit [...] Dans la musique qui
accompagne un poème ou une danse, le rythme fait image autant que la
mélodie [...] Qu'est-ce que le rythme? C'est l'architecture de l'être, le
dynamisme interne qui lui donne forme, le système d'ondes qu'il émet à
l'adresse des "Autres", l'expression pure de la force vitale. Le rythme,
c'est le choc vibratoire, la force qui, à travers les sons, nous saisit à
la racine de l'être. Il s'exprime par les moyens les plus matériels, les
plus sensuels : lignes, surfaces, couleurs, volumes en architecture,
sculpture et peinture ; accents en poésie et musique ; mouvements dans la
danse. Mais, ce faisant, il ordonne tout ce concret vers la lumière de l'
"Esprit". Chez le Négro-africain, c'est dans la mesure même où il
s'incarne dans la sensualité que le rythme illumine l'Esprit. La danse
africaine répugne au contact des corps. Mais voyez les danseurs. Si leurs
membres inférieurs sont agités de la trémulation la plus sensuelle, leur
tête participe de la beauté sereine des Morts. [...]
De nouveau, primauté de la Parole. C'est le rythme qui lui donne sa
plénitude efficace, qui la transforme en Verbe. C'est le Verbe de Dieu,
c'est à dire la "parole rythmée", qui créa le monde. Aussi est-ce dans le
poème que nous pouvons le mieux saisir la nature du rythme négro-africain.
Le rythme ne naît pas, ici, de l'alternance de syllabes longues et de
syllabes brèves, mais uniquement de l'alternance de syllabes accentuées et
de syllabes atones, de temps forts et de temps faibles. Il s'agit d'une
versification rythmique. Il y a vers et, partant, poème quand, dans le
même intervalle de temps, revient une syllabe accentuée. Mais le rythme
essentiel est non celui de la parole, mais des instruments à percussion
qui accompagnent la voix humaine, plus exactement de ceux d'entre eux qui
marquent le rythme de base. Nous avons affaire à un "polyrythme", à une
sorte de contrepoint rythmique. Ce qui évite à la parole cette régularité
mécanique qui engendre la monotonie. Le poème apparaît, ainsi, comme une
architecture, une formule mathématique fondée sur "l'unité dans la
diversité" [...] Mais le public participe, souvent, au poème. Nous avons,
alors, deux groupes de rythmes, ce qui permet aux deux coryphées - celui
des récitants et celui des tam-tams - de se livrer à leur inspiration et
de multiplier, solidement appuyés sur le rythme de base,contretemps et
syncopes. Car le monotone rythme de base, loin d'être une entrave à
l'inspiration, en est la condition nécessaire. Cependant, les éléments du
rythme ne se limitent pas à ceux que j'ai écrits. Outre les battements de
mains du public, les pas et gestes des récitants et des tambourinaires, il
faut noter certaines "figures" de vocabulaire - "allitérations,
paranomases, anaphores" - qui, basées sur une répétition de "phonèmes" ou
sons, forment des rythmes secondaires et renforcent l'effet d'ensemble.
[...]
Il y a plus, la structure de la phrase négro-africaine est naturellement
rythmée. Car, tandis que les langues européennes usent d'une syntaxe
logique de subordination, les langues négro-africaines recourent, plus
volontiers, à une syntaxe intuitive de "coordination et de juxtaposition".
Et, dans des propositions d'égale longueur, les mots se rangent en
groupes, dont chacun possèdent un accent majeur.
Soufisme
Titre : La Danse de l'âme. Odes mystiques et
quatrains retrouvés des soufis
Auteur :
Jean Moncelon
Source :
http://collection-orient-occident.intexte.net
Les poètes d’Orient représentés dans cette anthologie ont
tous pratiqué la « danse de l’âme », ce qui est une autre manière de dire
qu’ils furent des expérimentateurs de la voie initiatique que l’on désigne
sous le nom de soufisme (al-tassawuf), chacun à sa manière naturellement,
en relation avec sa propre vocation spirituelle.
Il en est ainsi pour la plupart des grandes figures de la poésie
orientale, comme d’ailleurs en Occident, dans un contexte chrétien, des
poètes que l’on dit mystiques. Ce n’est qu’à une époque relativement
récente que la pratique de cette « danse de l’âme » a conduit les poètes à
la folie que l’on sait (Nerval, Nietzsche, Hölderlin). C’est ce qui
confère à notre monde moderne son caractère tragique, spécialement pour
les poètes. Or, comme la pratique de la danse de l’âme ne saurait plus se
pratiquer en Occident qu’au risque de la folie, depuis le commencement du
vingtième siècle, les poètes ont pris refuge dans le langage lui-même.
C’est ainsi qu’ils estiment que les mots constituent leur vraie patrie –
mais les mots qui ne disent rien d’autre qu’eux-mêmes ne sont pas le
langage rythmé du temps ancien.
« Habiter poétiquement », dira Heidegger, certes, c’est de cela qu’il
s’agit pour les poètes, mais en connaissance du temps ancien, et non
seulement dans « le temps de la détresse , dans l’aspiration à rejoindre
la « vraie patrie » et non dans l’illusoire refuge des mots. L’exercice de
la « danse de l’âme » passe par une telle connaissance, et les conditions
mêmes de cet exercice par une initiation. C’est ce que nous enseignent au
final les poètes d’Orient. Il ne suffit pas d’éprouver la nostalgie du
temps ancien, le temps paradisiaque, ni de souffrir jusqu’à la folie et le
suicide (Paul Celan) de son temps actuel, qui est effectivement, en
Occident, le temps de la détresse, mais de s’inscrire dans une dimension
de connaissance, qui est celle des prophètes.
C’est ainsi que Novalis, le dernier poète à avoir pratiqué en Occident la
véritable « danse de l’âme », dira, dans son fameux Monologue : « Seul
celui qui a le sentiment profond de la langue, qui la sent dans son
application, son délié, son rythme, son esprit musical ; - seul celui qui
l’entend dans sa nature intérieure et saisit en soi son mouvement intime
et subtil pour, d’après lui, commander à sa plume ou à sa langue et les
laisser aller : oui, celui-là seul est prophète. »
Divers

L'homme et ses rythmes
Groupe de travail dirigé par Christian Doumet et Aliocha Wald
Lasowski
Université Paris VIII / ENS Ulm
Année 2006-2007
Session « L'homme et les rythmes »
Organisée par Christian Doumet et Aliocha Wald Lasowski
Ce groupe de travail se propose d'explorer la notion de
rythme qui témoigne de la pluralité esthétique. Tous les artistes, sans
exception, sont liés au rythme : le musicien, le poète, évidemment, mais
également le peintre, le sculpteur, l'architecte ou encore le chorégraphe,
le danseur, le cinéaste. Et pourtant, chaque rythme est différent. En
élargissant le cercle, le constat est similaire : les rythmes
anthropologiques, biologiques et psychiques ne sont pas identiques. En
combinant mouvement, période et structure, répétition, mesure et variation,
le rythme, phénomène complexe et dynamique, témoigne de la richesse des
pratiques. Au-delà de la diversité, de l'esthétique aux sciences humaines et
sociales, la mise en valeur de la richesse du matériau dans lequel une
pensée du rythme s'incarne permet-elle de mieux comprendre les pratiques
humaines et de saisir leur sens ?
>
Centre International d'Etude de la Philosophie Française
Contemporaine

"Danser-dormir" d'A. Strid

Un cédérom/livre
autour de la rencontre humaine et de l'enchantement
Collection Le point sur le i - Editions Incidences -Marseille 2003
Publié en 2003 en cédérom/livre, "Danser-dormir" d'A. Strid
a été montré en projection-conférence à Paris, Marseille, Montpellier,
Issy les moulineaux, Aix en Provence, Toulouse, Gardanne.
Dans «danser», des personnages en biscuit racontent des mythes de
comportements : dansant et combattant, ils finissent à chaque fois par
casser - on y fait évoluer l'espèce en recommençant. Dans "dormir", trois
doigts dorment dans l’eau sous l’oeil d’une vache noire : comment être
humain, décapé par les éléments, enchanté par la perception du monde, ou
réveillé par un flic, proie, gibier ou pauvre.
"Une exploration à la recherche de l'humain. Dérive. Des
liens entre des actes poétiques existants dans ce monde que l'on dit réel.
En explorant, nous agrandirons les frontières de ce lieu. Un chuchotement
dans notre oreille. Une caresse du regard sur une rose. Des personnages en
biscuit - ne sont pas poupées de porcelaine -, tombent en miettes. Des
doigts dorment dans l'eau, avec les gouttes comme seule boîte à rythme. Il
nous faudra clarifier toujours mieux. Voir clair." Nicolas Tardy
> acheter le
CD rom
25/02/2007
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