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Arrière-garde -
Art - Herméneutique -
Marxisme - Nouveau - Portait
- Post-modernisme (1) -
Post-modernisme (2) -
Révolution
Arrière-garde
Titre : Faut il être de son temps ?
Auteur :
François Vert
Source :
http://www.cndp.fr/magphilo
- Compte rendu du livre Les
Arrière-gardes au XXe siècle, l'autre face de la modernité esthétique,
dirigé par
William Marx
Avec les départements de recherche et développement
des multinationales, l'Université est peut-être l'un des derniers milieux
où l'impératif moderniste et avant-gardiste par excellence : « Trouver du
nouveau ! », vivote encore. Du moins est-ce la survie de cette exigence
qui pourrait expliquer que le maître d’œuvre de cet ouvrage collectif se
soit senti tenu de parsemer son introduction de tonitruantes déclarations
d’intention vantant la supposée nouveauté de ce qu’il propose. Il
s'agirait, ni plus ni moins, de « renouveler profondément [je souligne]
notre perception de l'histoire littéraire et artistique du XXe siècle en
mettant en évidence un concept jusque-là ignoré, voire méprisé ». En
vérité, l'ambition effectivement réalisée est plus modeste : il s'agit, «
d'aboutir à un compte rendu plus objectif de la réalité historique » (p.
14). Quant au modèle d'histoire revendiqué, il n'est pas d'une nouveauté
fracassante : « C'est l'histoire à la Sainte-Beuve, une histoire des
minores » (p. 16) ; voire (même si la revendication n'est pas explicite)
l'Histoire de la littérature française de Gustave Lanson, lequel «
réservait aux marges de chaque siècle des chapitres pour les attardés et
retardataires, écrivains décalés par rapport à leur temps, fidèles à des
idées ou formes démodées » (p. 97).
Autre motif d'agacement (qui trouble rétrospectivement le plaisir d'une
lecture par ailleurs stimulante) : on nous promet une approche faisant
droit à la sacro-sainte « interdisciplinarité », et mêlant donc «
philosophie, analyse historique et politique, comparaison entre les arts
(peinture, musique, cinéma) et les cultures, sociologie de la création ».
En fait, treize des seize contributeurs et contributrices sont historiens
de la littérature. Mais il est vrai aussi que, si l'on en croit Régine
Pietra, la philosophe du recueil, « la querelle des Anciens et des
Modernes, dans laquelle se constituent peut-être les notions d'arrière et
d'avant-garde, est bien une querelle littéraire » (p. 146). >
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Art
Titre : L'Avant-garde
Auteur : Wikipédia
(Encyclopédie)
Source :
http://fr.wikipedia.org
L'avant-garde se veut l'opposé exact de
l'académisme. Selon elle, la valeur d'une œuvre se confond avec son
caractère inouï, en avance sur son temps. Il n'y a pas un modèle éternel
du Beau, l'artiste se doit de concentrer dans sa production l'essence de
la modernité, encore en gestation, de rompre avec les conceptions
artisanales de l'art, avec le culte de la nature et le réalisme de l'art
figuratif. Sous une forme moins directement liée à l'idée d'une mission
historique de l'artiste, l'avant-gardisme renvoie à une conception
individualiste de la création. N'importe quoi peut devenir art, si
l'artiste le décide. C'est que le véritable artiste est libéré de tout
stéréotype social ou esthétique. «S'il faut en finir avec l'art figuratif,
s'il faut cesser d'imiter la nature, c'est pour être enfin pleinement en
mesure d'exprimer la subjectivité», écrit Luc Ferry à propos de Kandinsky.
Ainsi, l'avant-garde semble osciller entre une conception, fonctionnelle
ou ludique, de l'art comme partie prenante du monde industriel ou
post-moderne, et une radicalité qui se veut provocante, choquante, et pas
seulement à l'égard du passé. Cette ambiguïté est très sensible chez Andy
Warhol, ou plutôt les divergences des interprètes. Alain Joufroy prend sa
défense en montrant que le Pop Art «est signifiant: il fige le banal
quotidien qui fuit autour de nous; usant d'une technique banale, il tend
un miroir glacé dans lequel se reflète une civilisation de consommation».
> lire la suite
Herméneutique
Titre : Prolégomènes à une herméneutique de
l’avant-garde
Auteur :
Rita Bischof
Source :
http://www.rilune.org
Partant de l’esquisse du panorama des
différentes interprétations de l’avant-garde européenne, cette étude
revendique la nécessité de concevoir une herméneutique de l’avant-garde
qui accorde finalement une primauté aux oeuvres. Ceci n’est pas si simple:
il s’agit en premier lieu de comprendre la genèse, la fonction et la
signification des formes de l’avant-garde et dans un deuxième moment de se
demander si elles ne fourniraient pas les catégories pour une
herméneutique moderne qui se détache de la conception classique. Cette
revendication entraîne une considération philosophique des avant-gardes et
une remise en cause des idées principales liées aux avant-gardes,
notamment la notion de crise – de l’œuvre, de l’auteur, de la culture et
de la connaissance. >
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le texte
Marxisme
Titre : Auto-organisation et parti d'avant-garde
dans la conception de Trotsky
Auteur :
Ernest Mandel
Source :
http://www.ernestmandel.org
Le rapport entre l'auto-organisation de
la classe ouvrière et l'organisation d'avant-garde constitue un des
problèmes les plus compliqués du marxisme. Jusqu'à maintenant, ce problème
n'a pas été traité de manière systématique, ni à la lumière de la théorie
ni à celle des données empiriques sur la lutte ouvrière, accumulées depuis
cent cinquante ans. Bien qu'Engels (ainsi que Marx, mais moins que
celui-ci) ait abordé ce problème dans de nombreuses lettres et de nombreux
articles, cela vaut aussi pour les fondateurs du socialisme scientifique.
Lorsque l'on passe en revue les oeuvres les plus connues qui ont été
dédiées à ce problème - Que faire ? de Lénine, les Problèmes
organisationnels de la social-démocratie russe de Rosa Luxemburg, les
écrits de Kautsky contre Bernstein, Rosa Luxemburg et les bolcheviks, la
Maladie infantile de Lénine et le Parti illégal d'Otto Bauer -, il
apparaît qu'elles sont toutes de nature polémique et ont, donc, un
caractère fragmentaire et de circonstance. Les oeuvres de jeunesse de
Lukacz, Histoire et conscience de classe et Lénine, sont d'un niveau
d'abstraction tellement élevé qu'ils ne peuvent comporter un traitement
systématique du thème. Les écrits de Gramsci du début des années vingt
s'approchent du problème. Mais il s'agit ici principalement d'articles de
journaux disparates et non pas d'un exposé systématique. >
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Nouveau
Titre : L'OEUVRE D'ART ET LA REPRODUCTIBILITÉ
TECHNIQUE
Auteur :
Edouard Aujaleu
Source :
http://www.appep.net
(...) Cette condamnation de l'art de
masse n'implique pas un plaidoyer pour les formes d'art traditionnelles,
mais la nécessité de repenser le sens de l'art autonome. Contre
l'industrie culturelle, Adorno plaide pour toute oeuvre de rupture qui est
aussi une volonté d'émancipation. L'art nouveau dévoile le moment du
réalisé, du fabriqué. Toute ceuvre est « work in progress », sur le modèle
du Finnegans Wake de Joyce ; et dans l'oeuvre de Beckett, Adorno veut voir
la vérité du nouveau qui se situe dans l'absence d'intention, de message
et d'interprétation rationnelle. L'oeuvre nouvelle commande un nouveau
rapport au temps : « Si l'art se débarrassait de l'illusion de la durée,
s'il intégrait son caractère éphémère par sympathie pour le vivant
éphémère, ce ne pourrait être qu'en vertu d'une conception de la vérité
qui ne s'acharne pas à considérer celle-ci comme abstraite, mais prend
conscience de son moyen temporel ». La conception traditionnelle de
l'oeuvre immortelle est construite sur le modèle de la propriété
traditionnelle et sur la croyance en des absolus. Mais c'est en visant
l'éphémère que l'oeuvre nouvelle a le plus de chance de durer. Le Don
Quichotte de Cervantès a plus duré que les romans chevaleresques dont il
ne voulait être, cependant, que la parodie
éphémère. > lire le texte
Portrait
Titre : Portrait de l'avant gardiste
Auteur : Philippe Muray
Source :
http://duteurtre.free.fr
L'un des mérites, parmi bien d'autres
de l'essai de Benoît Duteurtre, Requiem pour une avant-garde, tient dans
la clameur réactive par laquelle il a été accueilli. Quel cri unanime !
Quelle poussée d'indignation ! Quelle peur aboyante lancée contre ce livre
! Une nouvelle figure s'est révélée, là, dans la fièvre et le scandale. Un
nouveau protagoniste de la comédie de la société est apparu. Une espèce de
" caractère ", dans le genre La Bruyère, a donné de la voix, et c'est lui,
c'est cette belle âme offensée, dont j'aimerais essayer de tirer le
portrait, rapidement, pour le plaisir de prolonger, plutôt que de le
paraphraser, le livre de Duteurtre.
Mais comment l'appeler, cet individu qu'un simple bilan concernant la
modernité artistique de la seconde moitié du XXe siècle, un ouvrage au ton
serein, pourtant, documenté, pas même insultant, et consacré en grande
partie à l'histoire du mouvement musical contemporain, est parvenu à jeter
ainsi hors de lui ? Comment le baptiser, ce personnage? Cet Anarchiste
couronné qui se raccroche à sa couronne ? Ce Pensionné de la société ? Ce
Transgresseur décoré ? Ce Non-conformiste subventionné et qui entend le
rester ? Cet Avant-gardiste cramponné ? Ce Novateur à perpétuité et à
subsides d'État ? Ce héros de l'aventure moderne en train de se défaire ?
Qu'importe son nom, à vrai dire. Laissons-le dans l'imprécision, ça lui
fera peut-être plaisir, lui qui a tant aimé 1'"ouvert ", 1' " aléatoire ",
1' " inachevé ", le " flottant ". Saisissons-le en pleine action, plutôt,
en pleine bouffée d'adrénaline et de réflexe de survie. C'est là, dans ses
gesticulations vertueuses, dans ses sursauts d'outragé, que se manifeste
son ultime visage : celui de quelqu'un qui avait mis, et depuis longtemps,
tous les atouts modernistes dans son jeu, qui avait pris l'habitude de
considérer le "nouveau " comme une rente de situation, et que l'on voit
soudain courroucé parce qu'un jeune écrivain, en détaillant calmement ses
exploits, en cherchant à le comprendre à travers ses pompes, ses oeuvres,
ses propos, a osé finalement le problématiser. >
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Post-modernisme (1)
Titre : Faut-il être absolument post-moderne (§ 2)
Auteur : Didier Moulinier
Source :
www.la-poesie-elementaire.net
Mettre en doute – littéralement : suspendre – l’idée
de modernité ne dispense pas d’être « moderne », si cela suffit à
repousser les « réactions » en tous genres : passéistes, académiques,
archaïques… Le « Post » de post-modernité a plutôt le sens d’un ultra,
d’un emballement destiné à briser l’immobilisme de fait où se complait
toute époque ; un questionnement, un en outre : la modernité, et
après ? et quoi encore ? est-ce que cela, par hasard, serait suffisant ?…
C’est cette pulsion, ce cri, cette révolte, cette intransigeance qu’ont
toujours revendiqués les avant-gardes. Contestation, déstabilisation,
destruction ; mais aussi affirmation, dans le sens de la singularité, de
la particularité accrue des styles et des techniques. Toutes les
avant-gardes n’ont jamais été hantées que par cela. Toutes les
avant-gardes, néanmoins, sans exception, ont tenu ou se sont cru tenues de
lier leur pratique aux idéologies (peu importent lesquelles) permettant
d’englober le social dans leur projet – et ce fut souvent la Révolution.
Ce n’est pas parce que la Révolution est un rêve que l’avant-garde est
inconsistante ; ni l’inverse, d’ailleurs. En réalité il faut distinguer
entre plusieurs usages, plusieurs maniements du mot « avant-garde ». Nous
suggérons une triple distinction : 1) Les avant-gardes :
historiquement, politiquement déterminées, elles font toutes partie
intégrante de la modernité. Leur tactique, toujours la même, est double :
en tant que modernes, elles critiquent et saccagent les formes du passé,
refusent le compromis ; en tant que minoritaires, elles s’en prennent à la
modernité elle-même et se réfugient dans l’utopie. Pour toutes ces
raisons, et dans la mesure où elles font la guerre, elles sont condamnées
à perdre, à disparaître en tant que telles : auto-dissolution, ou
récupération . 2) L’avant-garde, comme philosophème coriace,
voire même philosophie par excellence. L’on pourrait dégager, en
effet, une corrélation étroite entre les deux termes, une même volonté de
maîtrise : toutes deux veulent avoir raison. Pas de philosophie qui
ne se prétende "en avance" ou en avant - au moins par rapport à ses
concurrentes. Pas d’avant-garde qui ne soit philosophique (malgré les
protestations de façade), sinon elle n’intègre pas le social, et ne peut
former aucun programme (fût-ce celui de détruire). Mais encore :
avant-garde et philosophie collaborent au projet même de la modernité ;
elles suffiraient presque à le définir. En effet, le premier terme assume
la volonté de dépassement, propre à la modernité ; quant au
deuxième il apporte, par sa réflexion, le sérieux d’un fondement. >
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Post-modernisme (2)
Titre : Le jubilatoire postmoderne: un mode au sein
de l’avant-garde européenne
Auteur : Joanna Peiron
Source :
http://www.rilune.org
La définition lyotardienne de la
modernité permet ici de distinguer deux types au sein du champ de
l’avant-garde européenne, moderne et postmoderne, suivant la façon dont le
texte fait allusion au sublime. Après avoir précisé les caractéristiques
de chacun d’eux, l’auteur analyse les conditions textuelles qui
garantissent le fonctionnement du deuxième type, dominant chez les
écrivains européens d’avant-garde. Une composition sérielle des unités de
ce modèle de texte lu est ainsi mise en valeur. Les propriétés de ces
séries sont spécifiées, de même que celles de l’élément qui les met en
relation, un élément qui s’apparente au précurseur sombre décrit par
Deleuze. S’appuyant notamment sur des textes de Maïakovski, Tzara, Luca,
Bialoszewski ou Marinetti, cette étude distingue trois types de mise en
relation: sans trace textuelle, avec trace de type moderne, avec trace de
type postmoderne. >
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Révolution
Titre : La poésie, pour quoi faire ?
Auteur : Barthélémy Schwartz
Source :
http://refractions.plusloin.org
(...)
Le surréalisme a donné sa forme
première à l’avant-garde artistique radicale, durant sa période de
l’entre-deux-guerres : un groupe radical, agissant essentiellement dans le
domaine de la culture et de la vie quotidienne, se présentant comme
laboratoire d’expériences radicales dans le domaine du sensible, à partir
duquel sont discutés les projets utopiques qui détermineront, en partie,
la société future non capitaliste.
Dans cette conception, où l’avenir de
la société est sensé se réfléchir dans les expérimentations de
l’avant-garde artistique radicale, la révolution est envisagée comme une
alliance des avant-gardes : à l’avant-garde artistique le domaine de la
culture et de la vie quotidienne ; à l’avant-garde politique celui de la
réorganisation économique, politique et sociale de la société future. Dans
cette division avant-gardiste des tâches, l’égalité des droits est déjà en
fait un marché de dupes, l’avant-garde artistique est déjà dépendante du
parti de l’avant-garde politique : en 1938, dans le manifeste Pour un art
révolutionnaire indépendant qu’il rédige avec Léon Trotsky, André Breton
revendique au nom des surréalistes un régime anarchiste pour la culture à
l’intérieur d’un régime centralisé de production :
« Si, pour le développement des forces productives matérielles, la
révolution est tenue d’ériger un régime socialiste de plan centralisé,
pour la création intellectuelle elle doit dès le début même établir et
assurer un régime anarchiste de liberté individuelle. Aucune autorité,
aucune contrainte, pas la moindre trace de commandement ! Les diverses
associations de savants et les groupes collectifs d’artistes qui
travailleront à résoudre des tâches qui n’auront jamais été si grandioses
peuvent surgir et déployer un travail fécond uniquement sur la base d’une
libre amitié créatrice, sans la moindre contrainte de l’extérieur. »
Mais penser que la dictature du parti préservera un territoire d’anarchie
au domaine de la création est une illusion avant-gardiste, et le
surréalisme ne peut s’en remettre, sur ce point, en dernière instance,
qu’à la bonne volonté du parti. De plus, cette distinction entre régime
d’anarchie pour les uns (la liberté sans frein et les tâches grandioses
pour les scientifiques et les artistes) et régime de plan centralisé pour
les autres, esquisse déjà en creux toute une conception de la société
future, et de sa future division du travail, que les surréalistes n’ont
peut-être pas perçue comme telle alors, mais que les projets de
l’avant-garde politique promettaient déjà.
L’avant-gardisme artistique radical, vécu sous une forme caricaturale et
grotesque par les lettristes, est présent dès les premiers jours de
l’Internationale situationniste et donne son ton aux activités du
collectif jusqu’au début des années 60. Durant cette période, les
situationnistes explorent les limites d’une position avant-gardiste dans
la culture (systématisée par Constant et l’urbanisme unitaire), à une
époque où le capitalisme a retrouvé une croissance économique et changé
dans sa forme (capitalisme d’économie mixte) ; mais ils explorent aussi le
dépassement de cette position avant-gardiste en découvrant les courants
non autoritaires de la critique sociale, comme Socialisme ou Barbarie
(itinéraire de Debord, de Vaneigem, etc.). C’est cette période qui est
abordée ici. >
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12/02/06
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