La Poésie élémentaire

un site de  Didier Moulinier

Poésie numérique

 

 

Poétique élémentaire

 
Accueil
Folie littéraire
Avant-Garde
Banalisme
Copy-art
Dadaïsme
Danse
Ecriture automatique
Erotisme
Lettrisme
Livres-objets
Lyrisme
Mail-art
Mimesis
Performance
Poésie numérique
Poésie sonore
Poésie visuelle
Poèmes trouvés
Politique
Post-Modernité
Ready-made

 

 

 

Cyberespace - Manuscrit - Multimédia - Navigateur humain - Ordinateur (1) - Ordinateur (2) - Panorama - Sémiotique - Texte

 

 

 

Cyberespace

Titre : Vers une esthétique du cyberespace, Ou une poésie du quantum linguistique

Auteur : Jacques Donguy

Source : http://www.costis.org

Le World Wide Net ou l’arène électronique symbolisée prophétiquement par les drippings de Pollock. On peut rappeler l’existence, avant internet, d’autres expériences, notamment la fiction arborescente sur minitel de Jacques-Elie Chabert de la revue Toi et Moi pour Toujours (1), revue d’expériences graphiques et textuelles créée en 1982. ACSOO, premier roman vidéotex, a été montré à Electra au MAM de Paris en décembre 1983, avec un système de messagerie, pour fêter 1984, le livre de George Orwell. Au départ, il y avait un projet de roman télématique interactif de 500 pages écrans, « machine narrative combinatoire » afin que « le lecteur-opérateur puisse s’investir dans une fiction..., rechercher des zones encore inexplorées ou errer dans une dérive infinie » en tapant sur le clavier un mot-clé. Ou l’idée d’un roman « inépuisable ». Proche de cette démarche, on peut évoquer les romans policiers sur disquette de la société InfoCom, Zork ou Deadline.  > lire la suite

 

Manuscrit

Titre : Écriture sans manuscrit, brouillon absent

Auteur : Jean-Pierre BALPE

Source : http://transitoireobs.free.fr

 

Depuis les années 1970, s’inscrivant dans la lignée « classique » des notions d’auteur et de texte, les études littéraires ont vu naître une approche nouvelle appelée « critique génétique ». Son principe repose sur un postulat : toute œuvre littéraire vise un état définitif qui est le produit d’une élaboration graduelle au cours de laquelle un auteur se consacre, à diverses tâches : recherches de documents ou d’informations, travail de conception, composition puis rédaction de son texte, suivie de diverses étapes de corrections ou de révision. Parce que l’œuvre, dans sa version finale, est le résultat de ces transformations, qu’elle contient des traces ou des indices de sa propre élaboration, tout document ayant contribué à ce processus et donc susceptible d’éclairer l’état final est une pièce du puzzle. La critique génétique, déplaçant l’examen critique de l’écrit vers l’écriture, de la structure arrêtée vers les processus dynamiques - du texte vers sa genèse -, cherche dès lors à éclairer sa compréhension par la prise en compte de l’ensemble de ses étapes préparatoires. L’intérêt pour les « manuscrits de travail » est ainsi logique : dans la mesure où l’on pose qu’existe un texte référence certifié rendu définitif par la fixation de l’imprimé, ces manuscrits, constituent autant d’étapes préliminaires qui peuvent être considérés comme strates de cette genèse. Cette conception soutient ainsi qu’il y a une nécessaire « homogénéité » terminale du texte, un point de référence, quelque chose comme un corps central authentifié - ou à authentifier - dont tout écart, considéré comme déviation « secondaire » ne peut être que révélateur des processus cognitifs qui ont conduit à son élaboration. Et ceci à tel point que, si l’on examine la situation de la littérature avant la récente entrée dans l’industrie « Gutenberg », chaque œuvre n’étant connue que par des copies manuscrites toujours uniques donnant du « texte » des versions plus ou moins diverses - appelées « variantes » -, cette position conduit à présumer l’existence d’un texte-source origine, un « Urtexte ». > lire la suite

 

Multimédia

Titre : Vers un multimédia contraint et a-média

Auteur : Philippe Bootz

Source : http://transitoireobs.free.fr

 

Durant les deux dernières décennies, le multimédia littéraire a forgé ses genres fondamentaux (hypertexte, littérature algorithmique, poésie animée) à partir d’une conception globale. Le travail de l’auteur revenait à concevoir le comportement d’ensemble de l’œuvre, en gérant notamment chaque média dans sa spécificité.
Il se pourrait bien qu’une évolution de la conception du multimédia vienne, sous peu, modifier en profondeur cette approche. Une telle évolution est déjà perceptible. Les œuvres récentes de PH Burgaud, X. Malbreil, A. Gherban, pour ne citer que quelques auteurs, me semblent caractéristiques de cet état de fait. Cette évolution repose sur la prise en compte de la notion d’objet au détriment d’une unité globale de l’écran-son. Elle s’inscrit donc dans une tradition de la poésie animée héritée de la littérature visuelle, celle du collage. Il n’y aurait rien de fondamentalement nouveau si l’informatique ne venait, comme à l’accoutumée, ajouter une fonctionnalité à cette structuration phénoménale des niveaux perceptifs. Ce qui me semble, fondamentalement, caractériser l’art informatique à lecture privée, et ce depuis les origines, est bien cette complémentarité entre objet et fonction qui rend la notion traditionnelle de signe très insuffisante pour analyser le comportement sémiotique de telles œuvres. La fonction, en l’occurrence, qui vient compléter la notion d’objet pour orienter une nouvelle esthétique est celle de comportement. > lire la suite

 

Navigateur humain

Titre : Regardez, un navigateur humain!

Auteur : M.L. (A propos de Christophe Bruno)

Source : http://www.liberation.fr

 

Invité par Transmediale, festival international voué à l' art et à la culture digitale qui se tenait à Berlin du 3 au 7 février, le net-artiste Christophe Bruno présentait Human Browser, le premier navigateur humain. Dans les couloirs de l'Académie des Arts de Berlin, une jeune femme blonde, portant un casque audio, tente d'engager la conversation avec les visiteurs stupéfaits par sa loghorrée étrange. Un flot heurté de paroles, incohérent, ponctué d'insultes et d'éclats de rire, passant abruptement de l'anglais, à l'allemand au français : «Vous pouvez appeler le marché chinois pour un caniche…Il était là depuis un moment et… le pénis aussi peut avoir un copyright, qui est en fait un copyright 1999… Je pense que nous devrions tous les deux savoir… rends-moi mon argent, rends-moi mon argent espèce de salope, tu es une icône émotionnelle… ». Son discours ne lui appartient pas, il est composé de fragments de textes récupérés sur le net.
La comédienne Manon Kahle répète ce qu'elle entend dans son casque, une voix de synthèse qui lit un flux textuel provenant de l'internet en temps réel. > lire la suite

 

 

Ordinateur (1)

Titre : Poésie et ordinateur

Auteur : Tibor Papp

Source : http://transitoireobs.free.fr

 

Pour analyser la poésie sur ordinateur et la poésie sur le Web (bien que ce dernier n’étant qu’un dérivatif du premier, puisque le cœur, le fond, l’essentiel même du Web réside dans l’ordinateur) nous avons à déblayer le terrain de la route qui nous y a conduit. Il est évident que cette poésie n’a pas surgi du néant. L’approche peut se faire selon trois axes : le premier étant la poésie d’aspect classique mais combinatoire, le deuxième la poésie visuelle et le troisième la poésie sonore. Le transfert de l’espace vitale de la poésie - du papier à l’ordinateur - n’est apparu comme évident qu’une bonne trentaine d’année après les premières tentatives qui ont eu lieu en 1959 à Stuttgart, en Allemagne. L’auteur audacieux de ces tentatives, Théo Lutz, élève de la Technische Hohschule, disposait seulement d’un ordinateur de très faible capacité. Toujours en 1959, Brion Gysin a eu recours à l’ordinateur avec l’aide du mathématicien Ian Sommerville pour créer son célèbre poème sonore “ I am that I am ”. Jean Baudot a publié en 1964 au Canada le premier livre entièrement composé de poèmes générés par ordinateur, intitulé “ La machine à écrire ”. Le poète américain, Emmett Williams, à l’occasion du sept centième anniversaire de la naissance de Dante, a créé un hommage au célèbre poète avec l’aide d’un ordinateur. La première anthologie des poèmes créés par (et liés à) l’ordinateur, “ Computer poems ” de Richard W. Bailey est parue en 1973 aux États-Unis. En France, ce fut OULIPO, qui s’est engagé très tôt dans cette direction. François Le Lionnais en 1961, dans le premier manifeste, LA LIPO, insistait déjà sur l’importance de nouvelles formules imaginées et créées d’une manière systématique et scientifique. Le poème de Raymond Queneau “ Cent mille milliard de poèmes ” fut la première œuvre programmée et présentée au public en 1975. Jacques Roubaud, Paul Braffort, Marcel Bénabou étaient les artisans les plus perspicaces de l’OULIPO. En 1982, le groupe A.L.A.M.O (Atelier de littérature assistée par la mathématique et les ordinateurs) dont les principaux membres étaient Jean-Pierre Balpe, Marcel Bénabou, Mario Borillo, Paul Braffort, Pierre Lusson et Jacques Roubaud, était le premier à considérer qu’à côté des modes d’écriture plus “conventionnels” l’informatique pouvait être une des voies où s’engagera certainement la littérature. > lire la suite

 

Ordinateur (2)

Titre : Poésie et ordinateur

Auteur : Jacques Donguy

Source : http://www.costis.org

 

Avec l'avènement des nouvelles technologies de l'information, la poésie expérimentale recourt elle aussi à l'informatique et aux ordinateurs, au moins depuis le début des années 1980, ainsi qu'aux nouveaux médias informatisés, le système vidéotext, la télématique, les hypertextes, les hypermédias. De nouvelles manières d'écrire, l'écriture informatique, les écritures télématiques, sont apparues, rêvant de cristaux liquides, aspirant à découvrir le secret même de la genèse du langage jusqu'au vertige, jusqu'à paraître s'y égarer.
L'écriture ou la perte du centre... L'idée est ancienne. Le processus est répétitif. On le rencontre dès l'Antiquité avec l'introduction de l'écriture en Grèce. On l'observe en Europe, à la Renaissance, avec l'invention de l'imprimerie par Gutenberg. On le redécouvre aujourd'hui avec l'utilisation des écrans et de l'image interactive. Prométhée, Ulysse sont expulsés du monde, rejetés sur sa périphérie. Prométhée est emmené aux confins du monde connu, vers les Hespérides pour être attaché sur un rocher. Il est l'archétype du spectateur, de celui qui assiste à un événement sans pouvoir agir sur le monde. Ulysse, pour résister à la dangereuse séduction des Sirènes, se fait attacher au mât de son navire. Lui non plus ne peut entrer en interaction avec le monde. Ces deux mythes se mettent en place au moment où se répand l'usage de l'écriture en Grèce. La Renaissance, au XVI° siècle, avec l'invention de l'imprimerie, met en place que qu'on appelle aujourd'hui la " Galaxie Gutenberg ", en même temps que se codifie en Italie l'univers de la perspective, avec Alberti, et sa transposition sur la scène, à savoir le théâtre à l'italienne, construit sur l'existence d'un foyer, d'un spectateur extérieur capable d'embrasser d'un seul regard, d'un point de vue unique, le spectacle d'un monde tenu à distance. En revanche, aujourd'hui, en cette fin du XX° siècle, avec l'image interactive, le spectateur jadis passif devient capable d'agir sur la représentation du monde qui lui est proposée. La perception devient un acte, une action, une " interaction " sur le monde. > lire la suite

 

Panorama

Titre : Panorama de la poésie numérique : Vers une écriture verbi-voco-visuelle

Auteur : Jacques Donguy

Source : http://www.sitec.fr/users/akenatondocks

 

Notre propos est de considérer la poésie expérimentale dans son rapport à la “technologie” depuis le Coup de Dés de Mallarmé à Apollinaire (Les Idéogrammes lyriques de 1914), aux cubo-futuristes russes, liés, et ce n’est pas un hasard, à un des fondateurs de la linguistique, Roman Jakobson, jusqu’à ses développements aujourd’hui à travers l’utilisation d’autres média (ou technologies) que l’imprimerie, la bande magnétique, l’hologramme et l’ordinateur, ce que pratique un poète contemporain brésilien comme Augusto de Campos. Cela pose le problème à la fois de la véritable poésie au XXe et XXIe siècle et celui d’un langage non typographique (icônes, images animées, bruits), ce qui renvoie notamment aux origines pictographiques du langage il y a 3500 ans avant Jésus-Christ (1). Donc un langage verbi-voco-visuel (mots-sons-images), expression employée d’abord par Joyce, puis par McLuhan au milieu du XXe siècle.
D’un point de vue historique, le Coup de Dés de Mallarmé, 1897, dont les concrétistes brésiliens soulignent l’importance. Qui n’est ni un poème en prose ni du vers libre. Qui est une partition, et en même temps un poème figuré (le naufrage, la constellation). McLuhan y pointe l’influence de la presse quotidienne et Georges Rodenbach relate l’enthousiasme de Mallarmé pour l’affiche publicitaire à cause de sa typographie : “Avec des lettres grasses qui s’imposent et entrent d’elles-mêmes dans les yeux, des italiques qui courent en chantant, des minuscules qui orchestrent et qui l’accompagnent comme un choeur. Ainsi la typographie nuancerait la pensée comme d’une sorte d’intonations imprimées” (2). On peut aussi renvoyer à cette réflexion curieuse de Mallarmé datant de 1898, l’année de sa mort, en réponse à une enquête sur le livre illustré : “aucune illustration, tout ce qu’évoque un livre devant se passer dans l’esprit du lecteur; mais si vous employez la photographie, que n’allez-vous droit au cinématographe, dont le déroulement remplacera, images et textes, maint volume, avantageusement”. Donc déjà l’idée d’une écriture verbi-visuelle. > lire la suite

 

Sémiotique

Titre : De la poésie à la poésie numérique : approche sémiotique

Auteur : Philippe Bootz

Source : http://www.sitec.fr/users/akenatondocks

 

D’un art littéraire, la poésie est devenue au cours du XX° siècle un art sémiotique général. Cette évolution n’est pas incompatible avec sa nature si on considère, comme l’affirme Jerome Mc Gann, que sa nature consiste à « prendre son activité textuelle comme objet de base », rejoignant en cela la fonction poétique que Jakobson énonce à propos de toute communication. C’est précisément l’universalité sémiotique de cette fonction qui a permis à la poésie d’investir de plus en plus intensément le côté matériel du signe. Ce que les divers mouvements d’avant-garde prennent pour objet, ce n’est plus, en général, le tissage de signes qu’est le texte mais le signe en tant qu’unité, ce signe fût-il un texte. La remarque de Franz Mon « J’en suis venu à considérer qu’un seul mot, placé sur une feuille blanche, constitue déjà un poème, et qu’y ajouter un deuxième mot précis représente déjà un processus poétique extrêmement délicat» [1] me semble tout à fait caractéristique de ce déplacement du texte au signe qu’opère la poésie contemporaine, même si, in fine, elle en revient au texte : les constellations de Franz Mon et des poètes concrets sont bien des textes. > lire la suite

 

Texte

Titre : Poésie numérique : la littérature dépasse-t-elle le texte ?

Auteur : Philippe Bootz

Source : http://transitoireobs.free.fr

 

D’un art littéraire, la poésie est devenue au cours du XX° siècle un art sémiotique général. Cette évolution n’est pas incompatible avec sa nature si on considère, comme l’affirme Jerome Mc Gann, qu’elle consiste à « prendre son activité textuelle comme objet de base », rejoignant en cela la fonction poétique que Jakobson énonce à propos de toute communication. C’est précisément l’universalité sémiotique de cette fonction qui a permis à la poésie d’investir de plus en plus intensément le côté matériel du signe. Ce que les divers mouvements d’avant-garde prennent pour objet, ce n’est plus, en général, le tissage de signes qu’est le texte mais le signe en tant qu’unité, ce signe fût-il un texte. La remarque de Franz Mon « J’en suis venu à considérer qu’un seul mot, placé sur une feuille blanche, constitue déjà un poème, et qu’y ajouter un deuxième mot précis représente déjà un processus poétique extrêmement délicat » me semble tout à fait caractéristique de ce déplacement du texte au signe qu’opère la poésie contemporaine, même si, in fine, elle en revient au texte : les constellations de Franz Mon et des poètes concrets sont bien des textes. Cette focalisation sur le signe peut être vue comme une perte, perte des richesses du texte linguistique - mais celui-ci reste travaillé par la narration et les formes plus traditionnelles de poésie - ou comme un gain : elle oriente la poésie sur le monde sémiotique général et lui donne un nouveau dynamisme. Les formes mises en place par les mouvances concrètes, visuelles et sonores utilisent des systèmes pluricodes dans lesquels des sémiotiques différentes s’entrecroisent. Elles insistent notamment sur la matérialité de ces signes, c’est-à-dire, dans la définition tétradique du signe prônée par Jean-Marie Klinkenberg , sur le « stimulus » du signe, assignant à celui-ci un véritable statut sémiotique. Cette prise en compte effective de la matérialité du signe, étrangère à l’approche linguistique, conduit naturellement à la prise en compte du dispositif de monstration au sein même de l’activité poétique. Celle-ci se manifeste effectivement dans la poésie sonore qui intègre depuis ses origines en 1953 la dimension technique. En cela, les poèmes sonores sont déjà des technotextes au sens où l’entend Katherine Hayles , c’est-à-dire des textes qui se penchent sur leurs conditions techniques d’existence. > lire la suite

 

 

 

25/02/2007

Accueil | Brèves du jour | Evénements | La Littérature sur le net | Poétique | Poètes ordinaires | Poèmes élémentaires | Contemporains favoris | La Poire d'angoisse | Contact