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Art - Français -
Historique (1) -
Historique (2) - Italie - Livre
- Manifeste - Révolution
- Situationnisme (1) -
Situationnisme -
Typographie - Tzara
Art
Titre : Le dada(ïsme) ou l'Art de ne pas en faire
Auteur : Anonyme
Source :
http://stedecreation.free.fr
Poète(s) cité(s) :
Dada n'est donc pas un mouvement
artistique d'avant-garde et les divers travaux issus de ce regroupement
d'individus ne peuvent en aucun cas être assimilés à une pratique
dadaïste. Comme nous l'avons vu il y a bien eu une somme d'objets crées
par divers individus au sein de Dada. Cela ne peut pourtant pas réduire
une éventuelle pratique Dada à ces quelques travaux hétéroclites. Même
s'il y a eu une pratique au sein de Dada il ne peut pas en résulter de
toute évidence que cette pratique est dadaïste. L'erreur est de croire que
l'objet supplante la théorie. Ainsi l'Art donne-t-il plus d'importance à
un objet, comme preuve matérielle et commerciale, qu'à la théorie et au
concept dont est issue cette création.
Dada n'a rien d'artistique sinon le fait que l'Art se soit intéressé à
lui. Il n'est alors pas possible de parler de Dada en termes artistiques
conventionnels même si celui-ci a de nos jours une place au sein de
l'histoire/monde de l'Art. Dada a fait voler en éclat toutes les
conventions d'ordre conceptuel de l'Art. Tout comme les individus
composants le regroupement Dada refusèrent d'aller faire la guerre ils
refusèrent les principes conventionnels de l'Art. Mais en même temps que
Dada déclara la guerre à l'Art il mit lui même en place ce qui serait sa
défaite. Dada a perdu son combat contre l'Art car il n'a pas su cerner
toutes les armes de son ennemi. Ces mêmes armes qui ne sont en fait que
ses propres faiblesses. >
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Français
Titre : Dadaland
Auteur : G. RIBEMONT-DESSAIGNES
Source :
http://cf.geocities.com/dadatextes
Poète(s) cité(s) :
On accuse Dada d'un crime : être
allemand. C'est une croisade. Une petite fille ou un petit garçon, aveuglé
par sa propre morve reniflée, a lancé la balle en l'air, et les mille
imbéciles de la voix publique l'ont ramassée pour la rendre exploisible.
Art allemand. Il y a donc un art français ?
Il y a un morceau de terrain qui par sa nature physique suscite un esprit
où dominent les caractéristiques dissolvantes océaniques. Ce qui tombe
sous la patte de cet esprit devient sa propre peau apparente. Esprit et
Art français.
Tous les médailles et décorations de la gloire française sont made in
Germany ou made in Italy et autres lieux, et n'ont été dorées qu'en
France. Les périodes classiques sont issues de Grèce, d'Italie, de
Flandre, d'Arabie, de Chine. La période moderne vient d'Angleterre, de
Scandinavie, d'Allemagne et tout récemment d'Afrique, de Polynésie, du
Japon et d'Espagne.
Il faut donc considérer que tous les Français sont vendus au reste du
monde, et traîtres à leur nourrice ? Heureuse richesse.
Mais qu'on me cite un exemplaire de l'art français autochtone né d'un
incorruptible ?
La vertu française est précisément d'absorber sans en mourir un tas de
produits différents et de les rendre assemblés avec une odeur telle qu'on
ne peut se tromper dans le monde entier sur l'origine de cette synthèse,
et qu'on dit de l'Amérique à la Tchéco-Slovaquie : « Comme c'est exquis.
Voila le goût français ! ».
Dada n'est pas français. Mais il n'est pas allemand, il n'est d'aucun
pays. C'est une maladie vengeresse, un fléau ? Soit. La dorure va
s'écailler. La française comme toute autre.
Evidemment, Messieurs, si vous craignez pour la morale de vos femmes,
l'éducation de vos enfants, la tranquillité de vos cuisinières et la
fidélité de vos maitresses, la solidité de vos fauteuils, de vos pots de
chambre et de l'ordre établi, l'organisation de vos maisons de passe et la
sûreté de votre Etat, vous avez raison. Mais qu'y faire ? Vous êtes
pourris et le feu est allumé.
Historique (1)
Titre : Le mouvement Dada
Auteur : "Dadart"
Source :
http://www.dadart.com
Poète(s) cité(s) : Ball, Richter,
Huelsenbeck,
Tzara, Schwitters, Arp, Janco, etc.
Dada est la révolte, même. Ainsi
pourrait-on, paraphrasant le titre du célèbre "grand verre" de Marcel
Duchamp, résumer en une formule ce qui distingue ce mouvement de la
plupart des écoles esthétiques modernes : non content de vouloir remettre
en question certains concepts ou certaines techniques dépassées, il
incarne la forme la plus aiguë d'un esprit de subversion individuelle et
collective qui a envahi notre époque. Breton l'avait bien senti dès 1919 :
le but avoué de Dada était de "tuer l'art".
L'histoire du mouvement Dada se confond donc avec la foudroyante percée
intellectuelle déclenchée, simultanément et indépendamment, en divers
points du globe par plusieurs groupes de jeunes artistes, littérateurs et
philosophes : en quelques années, de 1915 à 1923, elle allait ébranler les
fondations esthétiques du temps, qu'elles fussent traditionnelles ou
d'avant-garde, et amorcer une révolution qui, du surréalisme au Pop Art,
allait en un demi-siècle bouleverser notre vision du monde. >
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Historique (2)
Titre : Dada ; dadaïsme
Auteur : Marcel De Grève
Source :
Dictionnaire International des Termes Littéraires
Poète(s) cité(s) : Divers
De dada, terme trouvé par hasard dans un
dictionnaire Larousse le 8 février 1916, à Zurich, au café « Terrasse »
par, selon les témoignages, Richard Huelsenbeck, comme il le revendiqua
plus tard ou Tristan Tzara, selon Hans Arp. Ce terme, qui signifie
« cheval » dans le langage enfantin ou « loisir préféré » dans le langage
familier, fut considéré comme assez loufoque par les artistes évoqués
ci-dessus pour désigner le mouvement artistique et littéraire iconoclaste
qu’ils étaient en train de former avec d’autres. Le terme apparut pour la
première fois sous une forme écrite en mai 1916 dans l’unique numéro de la
revue Cabaret Voltaire, première publication du groupe. Le terme
Dadaïsmus fut proposé par Hugo Ball, poète et essayiste allemand.
Dada et dadaist sont attestés en anglais en 1920, chez Aldous
Huxley (lettre du 4 mai). >
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Italie
Titre : Entretien inédit avec Julius Evola : "Moi,
Tzara et Marinetti"
Auteur : Julius Evola
(entretien)
Source :
http://foster.20megsfree.com
Poète(s) cité(s) :
Il faut d'abord souligner qu'il n'y a
pas eu de mouvement dadaïste au sens propre en Italie. Il y avait un petit
groupe réuni autour de Cantarelli et Fiozzi qui avait publié une petite
revue appelée Blu, à laquelle ont collaboré des dadaïstes, mais c'est
Tzara qui m'en a appris l'existence. Plus tard, j'y ai moi-même apporté ma
collaboration, mais cette revue n'a connu que trois numéros. Pour le
reste, j'ai organisé une exposition de mes ¦uvres en Italie et une autre
en Allemagne, dans la galerie Der Sturm de Monsieur von Walden. Il y avait
soixante tableaux. En 1923, j'ai participé à une exposition collective,
avec Fiozzi et Cantarelli en Italie, à la galerie d'Art Moderne de
Bragaglia; ensuite, j'ai publié un opuscule intitulé Arte Astratta pour la
Collection Dada. Donc: de la peinture, de la poésie et mon interprétation
théorique de l'art abstrait. Et puis, j'ai prononcé des conférences,
notamment sur Dada à l'Université de Rome. Ensuite, j'ai écrit un poème:
La Parola Oscura del Paesaggio Interiore, un poème à quatre voix en langue
française, qui a été publié pour la Collection Dada en 1920 à 99
exemplaires. Ce poème a été réédité récemment par l'éditeur Scheiwiller de
Milan.
A Rome, il y avait une salle de concert très connue dans un certain milieu
et qui s'appelait L'Augusteo. Au-dessus de cette salle, un peintre
futuriste italien, Arturo Ciacelli, avait créé un cabaret à la française:
Le Grotte dell'Augusteo. Dans ce cabaret, il y avait deux salles que j'ai
décorées moi-même. C'était un petit théâtre, dans lequel il y a eu une
manifestation dada, où l'on a récité mon poème à quatre voix, avec quatre
personnages évidemment, trois hommes et une fille qui, pendant cette
récitation, buvaient du champagne et fumaient, et la musique de fond était
de Helbert, de Satie et d'autres musiciens de cette veine; cette soirée
avait été réservée uniquement à des invités, chacun recevant un petit
talisman dada. Nous avions l'intention de nous focaliser uniquement sur le
dadaïsme, en l'introduisant en même temps que le manifeste dada;
malheureusement, la personne qui avait promis une aide financière n'a
pas... > lire la suite
Livre
Titre : Tristan Tzara et le livre : ses éditeurs et
ses illustrateurs (Thèse)
Auteur : Hélène LÉVY-BRUHL
Source :
http://theses.enc.sorbonne.fr
Poète(s) cité(s) : Tzara
Si le nom de Tristan Tzara (1889-1963)
est indéfectiblement lié au mouvement Dada, dont il a été l'un des
principaux animateurs à Zurich dès 1916, puis à Paris à partir de 1920, le
poète demeure étonnamment méconnu, alors même que son activité a continué
après la fin de Dada. Certes de nombreuses monographies consacrées au
surréalisme évoquent Tristan Tzara ; des articles s'intéressent à sa
poésie dadaïste et surréaliste, marquée notamment par le modèle nègre, à
son théâtre, à son influence sur la poésie moderne. Mais il manque encore
une biographie complète de Tristan Tzara, qui ne s'arrête pas à ses débuts
roumains, zurichois et parisiens, ou à ses relations complexes avec les
Surréalistes. L'édition de ses œuvres complètes par Henri Béhar, entre
1975 et 1991, a permis de mettre enfin à la disposition des lecteurs
l'intégralité de ses textes.
Mais en attendant que les travaux biographiques en cours mettent un terme
aux mythes qui entourent la personnalité de Tristan Tzara et rétablissent
la vérité sur ce que fut réellement sa vie, il semblait intéressant de se
pencher sur une partie de l'activité du poète : le livre. Cette étude est
d'autant plus prometteuse que Tristan Tzara a publié quelques cinquante
quatre livres durant sa vie, dont certains sont unanimement reconnus comme
des réussites bibliophiliques : L'Antitête, Parler seul ou De mémoire
d'homme ; mais l'intérêt d'une tel recherche réside aussi dans le fait que
certains ne présentent aucune des caractéristiques des « livres de peintre
».
L'étude des livres de Tristan Tzara suit l'ordre chronologique du
processus de publication. Il a paru tout d'abord intéressant de présenter
globalement les ouvrages, en examinant notamment le rythme d'écriture, la
nature du texte, la présence d'une illustration, le format des volumes,
l'utilisation préalable des textes, l'attitude du poète vis-à-vis du
livre, de la typographie et de l'art. En effet, l'un des traits
caractéristiques des recueils de Tristan Tzara est la présence très
importante de l'illustration. Cette réalité implique des relations entre
le poète et les peintres ; trois exemples détaillés, Hans Arp, Joan Miró
et Pablo Picasso, complètent le tableau général. Enfin, puisqu'il s'agit
de livres illustrés, il était indispensable d'envisager les rapports
entretenus entre le texte et les illustrations : le recueil Terre sur
terre sert de base à cette étude. Les modes de collaboration entre le
poète et ses nombreux éditeurs sont plus particulièrement étudiés à partir
de deux cas, les relations de travail entretenues par Tristan Tzara avec
Pierre Bordas et avec Pierre-André Benoit. Le livre est alors achevé ; il
reste à le diffuser et à le vendre. La dernière partie de l'enquête porte
donc sur la diffusion des livres de Tristan Tzara : un examen des données
disponibles sur les ventes, les critiques et les réactions de certains
lecteurs peuvent autoriser quelques hypothèses sur les succès et les
échecs des livres du poète ; mais le succès se mesure aussi au nombre de
rééditions, d'anthologies et de traductions. >
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Manifeste
Titre : Manifeste Dada
Auteur : Francis Picabia
Source :
http://cf.geocities.com/dadatextes
Poète(s) cité(s) :
Les cubistes veulent couvrir Dada de
neige : ça vous étonne mais c'est ainsi, ils veulent vider la neige de
leur pipe pour recouvrir Dada.
Tu en es sûr ?
Parfaitement, les faits sont révélés par des bouches grotesques.
Ils pensent que Dada peut les empêcher de pratiquer ce commerce odieux :
Vendre de l'art très cher.
L'art vaut plus cher que le saucisson, plus cher que les femmes, plus cher
que tout.
L'art est visible comme Dieu ! (voir Saint-Sulpice).
L'art est un produit pharmaceutique pour imbéciles.
Les tables tournent grâce à l'esprit ; les tableaux et autres œuvres d'art
sont comme les tables coffres-forts, l'esprit est dedans et devient de
plus en plus génial suivant les prix de salles de ventes
Comédie, comédie, comédie, comédie, comédie, mes chers amis.
Les marchands n'aiment pas la peinture, ils connaissent le mystère de
l'esprit...........
Achetez les reproductions des autographes.
Ne soyez donc pas snobs, vous ne serez pas moins intelligents parce que le
voisin possèdera une chose semblable à la vôtre.
Plus de chiures des mouches sur les murs.
Il y en aura tout de même, c'est évident, mais un peu moins.
Dada bien certainement va être de plus en plus détesté, son coupe-file lui
permettant de couper les processions en chantant “ Viens Poupoule ”, quel
sacrilège !!!
Le cubisme représente la disette des idées.
Ils ont cubé les tableaux des primitifs, é les sculptures nègres, cubé les
violons, cubé les guitares, cubé les journaux illustrés, cubé la merde et
les profils de jeunes filles, maintenant il faut cuber l'argent !!!
Dada, lui, ne veut rien, rien, rien, il fait quelque chose pour qu le
public dise: “ nous ne comprenons rien, rien, rien ”. “ Les Dadaïstes ne
sont rien, rien, rien, bien certainement ils n'arriveront à rien, rien,
rien ”.
Révolution
Titre : Révolution dada à Paris
Auteur : Emmanuelle Retaillaud-Bajac
Source :
http://www.histoire.presse.fr
Poète(s) cité(s) : Tzara
Le 17 janvier 1920, un drôle de
personnage débarque dans un Paris postguerre en pleine ébullition. Chapeau
melon, canne de dandy, nœud papillon, monocle… Ce poète d’origine roumaine
est attendu comme le messie par une bande de jeunes exaltés. Leur ambition
: révolutionner l’art et de changer le monde – rien de moins ! De cette
rencontre électrique va naître le dadaïsme version française, torpille
éphémère mais fulgurante d’où émergera le surréalisme. Tristan Tzara,
l’homme au monocle, possède déjà son brevet d’agitateur. De son vrai nom
Sami Rosenstock, né en 1896 à Moinesti (Roumanie), l’homme a été, avec des
artistes et poètes originaires d’Allemagne et d’Europe centrale, le
principal orchestrateur du mouvement dadaïste, créé à Zurich en février
1916. Né dans les hoquets de la Grande Guerre, le mouvement avait pour but
d’en exprimer toute l’horreur et l’absurdité.
Dans l’esprit de ses jeunes promoteurs, le dadaïsme n’est pas un énième
mouvement esthétique, destiné à prendre place dans une longue lignée où
figurent déjà symbolisme, cubisme ou futurisme, mais bel et bien une
liquidation de la conception traditionnelle de l’art, encore trop tournée
à leur goût vers l’objet, vers l’idéal et vers la virtuosité technique. Né
de la progressive déconstruction de la représentation artistique et de cet
accélérateur de particules qu’est la guerre, leur démarche s’inscrit dans
la rupture et le scandale. >
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Situationnisme (1)
Titre : La critique situationniste ou la praxis du
dépassement de l’art
Auteur : Thomas Genty
Source :
http://library.nothingness.org
Poète(s) cité(s) : Tzara, Breton,
Debord
On pourrait remonter loin, très loin,
pour trouver les sources de la critique situationniste, notamment auprès
des Cyniques grecs (Antisthène, Diogène et autres), de leur esthétique
ludique et de leur liberté rebelle, mais les origines avouées et le plus
fréquemment citées par les situationnistes se trouvent dans le dadaïsme.
Sa puissance de négation (de tout en général, de l'art en particulier), sa
volonté de révolutionner le monde en combattant l'idéalisme de l'art pour
l'art et en détruisant et dissolvant la culture bourgeoise surannée,
reflètent un état d'esprit dans lequel les situationnistes se retrouvent
complètement. Dans son ouvrage La Société du Spectacle, Guy Debord écrira
: "Le dadaïsme et le surréalisme sont les deux courants qui marquèrent la
fin de l'art moderne. Ils sont (...) contemporains du dernier grand assaut
du mouvement révolutionnaire prolétarien ; et l'échec de ce mouvement, qui
les laissait enfermés dans le champ artistique même dont ils avaient
proclamé la caducité, est la raison fondamentale de leur immobilisation.
Le dadaïsme et le surréalisme sont à la fois historiquement liés et en
opposition (...). Le dadaïsme a voulu supprimer l'art sans le réaliser ;
et le surréalisme a voulu réaliser l'art sans le supprimer"[6]. La
reconnaissance situationniste du surréalisme reste marquée par l'évolution
spécifique et agitée de ce mouvement : "Les créateurs du surréalisme qui
avaient participé en France au mouvement Dada, s'efforcèrent de définir le
terrain d'une action constructive, à partir de la révolte morale et de
l'usure extrême des moyens traditionnels de communication marquées par le
dadaïsme. Le surréalisme, parti d'une application poétique de la
psychologie freudienne, étendit les méthodes qu'il avait découvertes à la
peinture, au cinéma, à quelques aspects de la vie quotidienne"[7]. Les
situationnistes se retrouvent dans cette démarche avant-gardiste et dans
l'extrémisme de ses manifestes, notamment quand Breton écrit dans le
Second Manifeste du Surréalisme que "l'acte surréaliste le plus simple
consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au
hasard, tant qu'on peut, dans la foule. >
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Situationnisme (2)
Titre : Lettre à
Raoul Hausmann
Auteur : Guy Debord
Source :
Guy Debord Letters -- Documents
Poète(s) cité(s) :
Hausmann
Monsieur,
En réponse à votre lettre du 24 mars, je vous envoie aujourd'hui une
collection de la revue Internationale situationniste. Je crois que nous y
avons expliqué notre position à l'égard du dadaïsme et de son imitation
réactionnaire d'aujourd'hui, principalement dans le numéro 2, pages 6-7-8;
dans le numéro 6, pages 12 et 13; dans le numéro 7, pages 20 à 23; dans le
numéro 8, page 11 – ce relevé n'étant pas limitative.
Pour résumer, nous caractérisons le dadaïsme comme le moment
révolutionnaire qui domine la culture de l'époque (et qui, en dépit de ses
motivations négatives, a apporté une masse d'innovations dont s'est
abondamment servi ce qui s'appelle actuellement l'art moderne). Au
contraire, tout n, tout néo-dadaïsme se trouve être maintenant une reprise
– plus ou moins dissimulée en paroles – de l'allure formelle du dadaïsme
assorti d'une idéologie, d'une « justification » qui sont toujours
réactionnaires (en jouant ouvertement sur ce fonds réactionnaire, comme
Mathieu ; ou en l'enveloppant de quelque brume, comme plusieurs des «
nouveaux réalistes »).
Le cas de Spur est plus ambigu. Quelque temps liés au mouvement
situationniste, mais jamais réellement intégrés, les spuristes n'ont à
vrai dire jamais suffisamment dépassé l'état d'ignorance qui est
solidement organisé dans l'Allemagne actuelle à propos de tous les
mouvements culturels ou politiques d'avant-garde antérieurs à 1933. Une
part de l'aspect dadaïste de Spur était sûrement une façon – innocente,
ignorante – de renouer avec une certaine violence (insuffisante, à notre
avis), plutôt qu'une exploitation délibérée du néo-dadaïsme. Dans leur
activité présente, et à venir, je ne sais jusqu'à quel point cette petite
violence même peut se survivre.
Situationist Times, c'est seulement un titre pris au mouvement
situationniste, pour faire les pires sottises publicitaires. Parmi les
responsables, hormis un qui a été avec nous quelque temps, il n'y a que
des gens que nous n'avons même jamais voulu rencontrer. Noël Arnaud est
évidemment du nombre.
A propos des références de votre lettre concernant le lettrisme (sur
les points précis que vous citez, j'admets votre jugement [1]), peut-être
est-il bon de vous signaler que la revue Ur, à ma connaissance, a paru en
1951 et non en 1947?
«Situationnisme», nous n'en voulons pas, nous rejetons explicitement
le mot, nous nous refusons à la doctrine. Nous avons voulu définir –
commencer à expérimenter, autant que possible – une activité pratique
situationniste. Au sens : créant des situations ; des moments si l'on veut
dire autrement. Des environnements et des actes, en interaction. Vous êtes
bien sévère pour le concept de situation, puisque vous trouvez toute
situation pénible et insignifiante. On peut répondre : les situations dans
la vie présentent « spontanément », automatiquement comme cela, le plus
souvent. Pas toujours : certaines peuvent nous plaire. Si on les
construisait librement, elles seraient sans doute moins insignifiantes.
C'est à essayer. Nous sommes en tout cas en complète rupture avec toute
l'avant-garde officielle et reconnue qui s'est fait connaître depuis la
guerre.
Veuillez accepter mes salutations distinguées. Et aussi, quel que
puisse être votre jugement sur l'I.S., veuillez croire à toute mon estime
pour votre Courrier Dada, et la grande époque dont il traite.
Guy Debord
Typographie
Titre : La typographie dada (Mémoire de DEA)
Auteur : Dominique Carlat
Source :
http://perso.univ-lyon2.fr/~edbreuil/dada.html
Poète(s) cité(s) : Tzara, Schwitters
Les mutations sociales et économiques
ont provoqué une crise spirituelle accentuée par la sanglante et
interminable première guerre mondiale. Un nouveau mal du siècle s'est
emparé des populations. Les arts n'ont pu rester impassibles à
ces mutations profondes. De la deuxième révolution industrielle naîtra le
futurisme, qui vantera les mérites de l'automobile et plus largement de la
vie moderne. Les crises de la représentation et de la pensée pousseront
les artistes vers le cubisme et l'art abstrait. La poésie –quant à elle–
poursuit le désir de reconsidérer le langage à la suite de Mallarmé. Dada
naîtra dans ces mutations sociales et artistiques. Le mouvement Dada, à
l'image de ses contradictions, naît pendant la guerre et contre la guerre.
Il naît de la poésie2 et contre elle. Il s'épanouit au milieu des autres
mouvements modernes et contre eux. Comment penser que les Dadas ne
seraient pas bouleversés par ces changements radicaux, eux qui, dans
Littérature, poseront la question "Pourquoi écrivez-vous!?". Quelle est la
place de l'Art désormais dans une société qui ne jure que par le progrès!?
Doit-il –comme le fait le futurisme– se vouer à un culte de ce progrès !?
La haine
des Dadas à l'encontre de ces derniers montre qu'ils ne se situent pas
dans la même optique. >
lire la suite
Tzara (biographie)
Titre : Tristan Tzara, L’homme qui inventa la
Révolution Dada. (Grasset, 1991, extrait du 1er chapitre)
Auteur : François Buot
Source :
http://www.edition-grasset.fr
Poète(s) cité(s) : Tzara
"...1913 est une année bien agitée pour
nos jeunes gens qui continuent leurs expériences. Toujours avec son ami
Vinea, Tzara publie dans des revues poétiques comme Noua Revista Romana ou
Chemanera. Janco n'est jamais très loin. Lui dessine et les autres
écrivent des textes. On corrige, on déplace les vers et on discute des
nuits entières de Laforgue ou de Walt Whitman. Une photographie de 1914
nous montre un Tzara sérieux, appliqué : costume croisé, cravate,
manchette et lorgnon [16] ; c'est le petit jeune homme « gentil, mais pas
très amusant comme un cousin de province en visite » que Gertrude Stein,
dix ans plus tard, verra arriver chez elle, du côté de Montparnasse.
Enfin, on se passionne pour Rimbaud. On se repasse les livres et on s'en
inspire... C'est d'ailleurs à Rimbaud que Tzara emprunte le titre de l'un
de ses poèmes « Les Sœurs de charité ». Tirant les leçons des
Illuminations, son écriture est presque automatique, et les trouvailles se
multiplient au fil de la plume. Parfois, pour se détendre, Tzara écrit
quelques chansons, façon ballade pseudo-populaire, composées en quatrains
aux vers brefs vaguement mesurés. On retrouvera tout au long de son œuvre
ce penchant pour la chanson humoristique et mélancolique. Le symbolisme
est bien loin et Tzara préfère d'autres sources d'inspiration comme le
poète allemand Christian Morgenstern dont les Galgenlieder (Chants du
gibet) ont rapidement connu le succès ; des chansons grotesques ou
sinistres que Morgenstern avait composées pour son petit cercle d'amis qui
formaient le « Club des pendus ». Or, dans les poèmes-ballades de Tzara,
on retrouve fréquemment le thème des pendus et du suicide [17] .
Il est probable que Tzara ait également subi l'influence d'un personnage
singulier : Urmuz [18] . Derrière ce pseudonyme, il y a Demetru Demetrescu
Buzau, un petit-bourgeois plutôt conformiste, greffier à la cour de
cassation de Bucarest. C'est pourtant cette figure peu exaltante que les
futurs surréalistes roumains revendiqueront en chef de file car, explique
Eugène Ionesco, il créa « peut-être dès 1907 ou 1908, date à laquelle il
composait les premières «pages bizarres», un véritable langage surréaliste
». En fait, les histoires d'Urmuz circulaient dans les milieux littéraires
de Bucarest..." >
lire la
suite
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