La Poésie élémentaire

un site de  Didier Moulinier

 

 

 

Joël Hubaut

 

 

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mai 2006

 

Joël Hubaut Re-mix épidemik Une esthétique de la dispersion

 

Textes de Joël Hubaut, Michel Giroud, Lise Guéhénneux, Patricia Brignone, Paul Ardenne, Pierre Restany, Arnaud Labelle-Rojoux.

Préface de Sylvie Froux.

Les presses du réel
(L'écart absolu - chantiers)

L’ouvrage réunit une documentation exhaustive sur l’activité de Joël Hubaut de 1970 à aujourd’hui, avec des commentaires de l’artiste pour les illustrations.

 

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" Je ne veux pas de territoire, il n’y a pas de territoire. Il faut casser les axes, les fléchages, d’où les croix et la multiplicité des croix ".


Joël Hubaut.

 

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Le site de Joël Hubaut

 

 

 

JOEL HUBAUT - GROSSISTE EN ART

Né à AMIENS en 1947 - France .
Vit à Réville- France.
info@joelhubaut.com


Installation manoeuvre peinture sculpture vidéo performance musique poésie sonore et visuelle fiction essais édition etc.
 

2004

Ménagerie de verre. Paris Poésie sonore
Performance. Cave 12. Roaratorio. GENEVE.   CH.
La chorale vidéo. Expo Joel Hubaut.Ecole d'art de Calais.
Workshop" Dé-Calais".Maison pour tous. Calais.
2ème rencontre internationales de la santé mentale. Philosophie ou "Philofolie" Lille. 
OCCUPATIONS #1 Musée d'art contemporain Val-de-Marne/Vitry

 

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"Depuis les années 70, depuis la découverte des signes épidémiques, Hubaut le gothique populaire, s'auto-engendre, augmentatif, concentrique, dans toutes les directions, les pales de plus en plus larges, les rotors plus rapides et bien plus denses ( dance). C 'est une machine à broyer. La marque HUBAUT, c'est une pelleteuse, un bulldozer, un panzer, une moissonneuse-batteuse, une botteleuse à propulsion comique, une théorie de moulins moulinants d'un cargo monstrueux, un tanker de matériaux bruts, un pousseur, une Armada de remorques; la compagnie HUBAUT augmente l'entreprise en tournoyant comme un derviche,..." (Michel Giroud)

 

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Joël Hubaut, grossiste en art, est né à Amiens en 1947. Il vit à Réville (Normandie). Il enseigne à l’École des Beaux-Arts de Caen. Il débute son travail à la fin des années 60, stimulé par les écrits de W.S. Burroughs, la musique d’Éric Satie, l’actionnisme, le Pop et les réflexions théoriques du groupe B.M.P.T.

Il crée en 1970 ses premiers signes « d’écriture épidémik » qui envahissent tous les supports (objets, corps humains, véhicules, sites...) développant un processus contaminant « rhizomique » plurisdisciplinaire et intermédia sous forme d’installations et de manœuvres.
Il crée et anime l’espace alternatif NOUVEAU MIXAGE INTERNATIONAL de 1978 à 1985 (installation-vidéo-peinture-poésie-concert-performance-multi-média...) et monte le groupe de musique impro « New Mixage » (1er concert au Rex Club à Paris). >
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L'écouter

CIPM

 

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The cARTed Picture Show

 

carte postale

 

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Joël Hubaut (erraremix Joachim montessuis) / folk sung / 05:25 / 2004
 

Installation manoeuvre peinture sculpture vidéo performance musique poésie sonore et visuelle fiction essais édition etc... Grossiste en art, Art wholesaler... Depuis les années 70, l’excentrique Joël Hubaut développe son concept d’épidemie et de mixage dans un processus de prolifération et d’échange permanent. Artiste de la démesure et du débordement absolu, il monte, coupe-colle, assemble et combine tout ce qu'il touche, voit, entend, en vrac et sans hiérarchie de valeurs, totalement ouvert dans l’équivalence. Performer radical-infatiguable, jusqu’au boutiste de la fatal error, accumulateur frénétique et architecte du délire, Hubaut est un constructeur de situations paradoxales et d'événements hilarants, dionysiaques et jouissifs. Il fait le vide par le plein en riant de tout : il actionne et pulvérise les concepts et idéologies dans un va et vient absurde, rhyzomatique et orgiastique... Il enseigne aux Beaux-Arts de Caen depuis 1978 !
www.joelhubaut.com

 

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www.aillet.com

 

Joël Hubaut
Au cours de l'installation du projet "Le Solitaire... des marées", au Pavillon Normandie, juillet 2003


 

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interview-Z réalisé au café de la gare le 7 oct. 2oo3 vers 15H30 après un bon repas.

 

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"Le Grand Écart"

texte

ACTION_DOC(K)S

"Modération"

 

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JOËL HUBAUT/GUILLAUME LOIZILLON EXTRAIT/EXTRACT Trace 012/CD Pour acheter/To buy < catalogue EPIDEMIK-TEXT-TEXT-NOWTECHNO Enregistrement réalisé lors de la soirée 3>contre<1, le 22 octobre 1999 au théâtre L'Echangeur.

EXTRAIT/EXTRACT

 

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Dans la ville siénarouge : une installation pinkvive

Depuis février, Joël Hubaut avait ouvert aux Abattoirs un dépôt d'objets roses destinés à alimenter le Psyclom-clom épidémik, son exposition au centre d'art contemporain qui est maintenant installée. En amont, le public était donc invité à participer au projet en venant déposer ou céder tous objets de couleur rose pour habiller et nourrir une architecture spécialement conçue pour la grande halle des Abattoirs.
Le Psyclom-clom se présente sous la forme d'une construction de 30 m de long sur 9 m de large avec une succession de plates-formes organisées sur plusieurs niveau. Cette structure comprend des espaces concrets interactifs qui recomposent les plateaux en cellules et alvéoles du type : cabine, factory, laboratoire, photomaton, jardin, boudoir, école, stand de tir, buvette, bibliothèque, espace de méditation, gymnase, échoppe, camping, chambre nuptiale, salon de coiffure, studio, autel, cimetière, mur du fond et des lamentations, parloir, forum, mini-musée du lapin, sex shop, etc.

 

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JOËL HUBAUT  Lissez les couleurs ! à ras l’fanion

éditions Al dante

Poésie-performance.
Joël Hubaut compose et décompose un mode d’emploi particulier de la langue : celui de la lecture, lutte viscérale entre la bouche et les mots.

La lecture exige le maniement précis de cet instrument étrange et indocile : la langue, molle comme une saucisse, informe comme un étron, qui résiste et déforme les mots dans le moule de la bouche. La lecture se fait comme une grimace, un effort démesuré pour expulser le pétrole des mots collés au palais et aux dents de l’homme moule et trou et lui-même étron, incapable de se délier la langue comme il est impuissant à se détacher du corps corrompu de ce qui se nomme nation, sacrifice, prière ou Dieu. D’une analyse physique de la lecture émerge un texte en décomposition. De litanies en onomatopées, la concaténation des mots se lit comme l’enchaînement des termes d’un syllogisme, de l’impossibilité de prononcer les prémisses d’un discours authentique à l’improbabilité d’une parole qui serait essentiellement vitale, " une énergie pour l’amour du monde ". L’indicibilité des mots altère le texte écrit, peu à peu délité en borborygmes, comme les derniers souffles de la bouche, les déchets de la langue. Et un discours épidémique se constitue ainsi, dans l’évanouissement paradoxal du langage, à travers la profusion et la circulation de quelques mots ressassés. Plaçant l’épidémie et la contamination au centre de son discours, Joël Hubaut livre ici une réflexion sur la parole et la société où l’humour prolifère avec une vision tragique de la langue et de l’homme.
Un CD accompagne le livre, qui permet d’entendre la totalité du texte dit par Joël Hubaut remixé par le compositeur Patrick Müller.

Télécharger le fichier

 

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La Chasse au Knack
Clin d’œil à la Chasse au Snark de Lewis Carroll
et à la Chasse au CNAC de Raymond Hains
 

La Chasse au Knack sur une proposition d’Olivier Lerch et de Joël Hubaut

Placé sous l'auguste et tutélaire citation du poème de Lewis Carroll "La Chasse au Snark", et de l’œuvre intitulée "La chasse au CNAC” de Raymond Hains , la “Chasse au Knack” est un projet pour l'Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, mené en partenariat  avec la Corporation  des bouchers-charcutiers-traiteurs d’Alsace,  qui tient à la fois du gala événementiel et d'un "geste" artistique".

Événement conçu et réalisé par les artistes, Joël Hubaut, Frédéric Le Junter, Olivier Lerch, Jacky Ringele, les étudiants de l’École.

Cette manifestation, perf opéra, gala knack, all music hole, intègre l’homologation par le Comité Guinness et la présentation du record du monde de la plus grande Knack. La paire de saucisses de Strasbourg, réalisée par quelques-uns des meilleurs charcutiers de la région sous le patronage de la Fédération des bouchers- charcutiers- traiteurs d'Alsace, ambitionne une longueur d'environ deux mètres.
Trente artistes et performeurs, charcutiers, musiciens, étudiants, danseurs, vidéastes, designers, webmasters se produiront au cours de cet événement de manière à tisser une relation inattendue entre l’art contemporain, l’art culinaire, la culture traditionnelle alsacienne et les nouvelles technologies. La mise en scène de la soirée comporte à la fois un dispositif spatial et des interventions artistiques qui ont été conçues par les artistes et les étudiants  de l’École.

 

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illustration de l'actualité Interview Joël Hubaut - vidéo

Vidéo - Interview de Joël Hubaut

 

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Le logo de sitaudis.com

 

Les godasses du Père Hubaut. de Alain Frontier

21 janvier 1978 !… Les petits jeunes d’aujourd’hui ne peuvent pas savoir, d’ailleurs ils sont tristes, et sans humour devant les horreurs du siècle, il y en a même qui veulent sauver le monde, au secours !… Notez qu’au Havre ce jour-là, nous deux Marie-Hélène on ne l’a vu que métonymiquement, pas en chair et en os : plein de petits papiers semés partout on se demandait bien d’où ça pouvait venir : Épidémie, Épidémie, Épidémie, Épidémie, Épidémie… > suite

 

 

Trouée sonore. de Philippe Boisnard

De Joël Hubaut, on sait depuis maintenant belle lurette, qu’il est grossiste en art, grossiste boucher, celui qui coupe dans les collections-étiquetées du monde ossifié, pour construire ses architextures épidémiK. Le travail de Hubaut, comme le soulignait encore Michel Giroud (Joël Hubaut, l’excentrique, 2001), « organise la désorganisation du pseudo-ordre ossifié-gelé pour inventer un organique de la surprise, de l’imprévisible dynamique de la coïncidence non-calculable. ». De Hubaut, on connaît les rassemblements hétéroclites d’objets du quotidien taxinomiés à foison par rite ou rythme de couleurs (le rose, le jaune, etc…). Mais on connaît moins sa langue tortueuse, torturée, sa langue qui elle-même du trou comblé par la novlangue sociale surgit labyrinthe vivant d’une épidémiK démangeaison du souffle, du corps. > suite

 

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JÖEL HUBAUT

c.l.o.m. (in english)

INSTALLATION-CENTRE D'ART CONTEMPORAIN-LA FERME DU BUISSON
allée de la ferme. NOISIEL. 77437. CEDEX 2.
TEL: (1) 64.62.77.41
FAX: (1) 64.62.77.99

VERNISSAGE / ACTION le 26 Mars 1996 à partir de 18H00

LE PUBLIC EST INVITE A VENIR HABILLE DANS UNE COULEUR DOMINANTE
BLANC. NOIR. BLEU. ROUGE. JAUNE. ORANGE. VERT. ROSE.
PHOTOGRAPHIES ET FILMS SERONT REALISES LE JOUR DU VERNISSAGE

 

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Transurbaines de Saint-Etienne

Journée Monochrome Jaune - Joël HUBAUT
   

Samedi 11 juin 2005


 

Saint-Étienne, samedi 11 juin sera jaune. Jaune comme la couleur de l'été, comme un flash, un ensoleillement de la ville toute entière, un embrasement mental et physique. Pour la grande journée d'ouverture de la Biennale de la Ville/ Les Transurbaines, Joël Hubaut fait appel à la mobilisation de toute la population de Saint-Étienne et de son agglomération. A l'unisson de l'Office musical de Saint-Étienne qui va disséminer ses chorales dans la ville, les habitants, les associations, les commerçants, les quartiers sont invités à se parer de cette couleur unique pour animer, déambuler, créer en jaune de toutes les manières possibles...

JOËL HUBAUT :
A la fois plasticien, enseignant aux Beaux-Arts de Caen, poète sonore et rocker, Joël Hubaut se définit lui-même comme un "grossiste en art". Pour cet artiste inclassable, expositions, performances et installations sont l'occasion de développer depuis 1970 un processus "Epidemik" envahissant les sites et les supports. Ses recherches qui placent l'épidémie et la contamination au centre d'une réflexion générale sur l'art et la société, l'ont conduit à mener depuis plusieurs années un travail expérimental sur la couleur et ses significations. En France, en Europe, aux Etats-Unis et au Mexique, il est l'instigateur de performances collectives dans lesquelles il met en espace et en fête des "ambiances" chromatiques où tout, hommes et objets, porte et témoigne de la prééminence temporaire d'une couleur donnée.
 

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Debord(el) of ...
 
« Quad - rature Joel Hubaut  (1/5) »

La Quad-rature
(ou mon docteur, mon ange et mon graphologue) avec le Docteur François Courbe, Laura Siracusa et Ratbeg.



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Triangle Action / la poésie au Blosne
Joël Hubaut : "Je voudrais transformer mon quartier..."

à Rennes Sud, quartier du Blosne, Jean-Jacques Le Roux et Yann Dissez installent chaque samedi matin leur caravane jaune sur la place du marché - on y lit de la poésie, pendant 18 minutes, à 8 personnes, on recommence ensuite pour d'autres
cela fait six ans que ça dure, avec en plus des soirées lecture en appartement ou au Triangle, le centre culturel, et des écrivains en résidence
pour saluer l'étonnant travail de Jean-Jacques Le Roux et Yann Dissez, voici le texte qu'a écrit en 1999 Joël Hubaut, poète de la performance, à partir de son immersion dans le Blosne
FB

 

Je voudrais m'installer dans le quartier du Blosne à Rennes avec tout le confort break familial anti-géranium et une lueur d'espoir master-card pour supprimer le blindage de dissuasion relié au commissariat
Je voudrais vivre dans le quartier du Blosne comme si je vivais à Hawaii ou à Quito ou à Budapest
Je voudrais vivre à Rennes et à New Delhi mais aussi à Bangkok et à Mexico et à Nairobi et à Annaba
Je voudrais vivre à Rennes en vivant partout à la fois avec un interphone psychédélique satellisé sur Taîwan pour scratcher mon RMI d'insertion
Je voudrais proposer à la direction régionale des services d'urbanisme breton de créer des places publiques mobiles en forme de galette bretonne hyperréaliste mais je voudrais aussi quelques places en forme de paella volante et en omelette, en quiche, en tarte, en flamiche et en pizza pour lutter contre le chauvinisme trash de quartier

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Manifeste " Epidemik" de Joël Hubaut
pour la réserve de technicônes de Bernard Caillaud
"DE L'ARTISTE A-CONSERVATEUR"

Bernard Caillaud nous propose la création d'un musée de l'image scientifique, conséquence évidente d'un long travail rigoureux d'analyse et de recherche qu'il a effectué depuis une vingtaine d'années en tant qu'artiste mais aussi en tant que scientifique.

S'il ne s'agissait que d'un musée de plus à enchâsser parmi cette kyrielle de centres de monstration, ce projet n'aurait que peu d'intérêt dans notre société de spectacle si saturée. Ajouter un nouveau musée-bazar pour une ruée vers l'art touristique, un autre disneyland de vulgarisation scientifique, une sorte de futuroscope de patronage, ce serait amplifier le degré de séduction auquel toute notion d'effort et d'attention serait une fois de plus évincée au seul profit d'un plaisir contemplatif à consommer passivement. Un quick-fast-food culturel supplémentaire au service d'un pouvoir et livré à la subjectivité soupçonnable des badauds affamés mais sans appétit. Un musée du kitsch des images scientifiques.

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Petite divagation autour de mon envie de continuer à faire des performances



J'ai toujours fais des performances pour me perdre, pour me déballer
alors ça m'emballe. Je peux flamber mon ineptie. Je peux décoller mon
inaptitude qui est collé. Je peux pas toujours. C'est à chaque fois un
nouvel essai alors j'essaye. Je ne m'interresse pas au rendement. Je
travaille à perte. Je m'engage à me dégager. Je rampe dans mes
contradictions. Je plane pour m'enfoncer encore plus bas. Je n'ai pas le
sens de l'élévation. Je revendique l'horizontalité en sautant en l'air.
Je m'oppose à mes revendications. Je suis versatile. Je fais la planche.
Je flotte. Glouppe! Je coule, je remonte., ça donne de l'ivresse. On a
jamais assez d'ivresse. Heu! Heu! Je fais des performances pour me
démouler. Je cherche les percolations et les fuites. Je veux me crever
comme un pneu. Je veux faire Pchhiiiitttt comme une fuite dans une
chambre à air. J'aime pas les bouées. Bon, je fais des performances
comme on regonfle une chambre à air crevée. Je cherche les trous pour
coller des rustines. Je ne veux pas être étanche. Avec la performance,
je peux fuir de partout. Je fais Pchhiiitttt. J'ai des gaz. Je peux être
dangereux. Je peux exploser. J'essaye de ne pas me préserver mais j'ai
toujours peur. Ca pète. Je m'enfonce. Je fais des performances pour
défier ma peur. Je ne veux pas de but. Je ne crois pas au but. Je ne
veux pas de trajectoire étudiée. Je veux errer. Je veux divaguer. Ca me
fais toujours trés peur. J'ai les pépettes. Je fais des performances
pour divaguer. Je n'ai aucune méthode. Je ne sais jamais comment m'y
prendre. Je ne veux pas de recette. Je suis contre. Je suis jamais
d'accord avec les méthodes. Je change tout le temps. Je m'impose des
contraintes pour avoir des fuites pour provoquer des accidents pour
m'éveiller. Je suis contre l'euphorie. Je refuse l'euphorie qui envoûte.
Je ne veux pas être hypnotiser par les euphories. Je préfère rater en
état d'éveil que réussir en somnambule. Je n'en suis pas sur. Je ne sais
pas. Je fais des performances parce que je ne sais pas. Je sais mais je
ne veux pas le savoir. C'est parce que je le sais. J'aime bien être
gonflé pour me dégonfler. Je veux improviser. Plus j'improvise et plus
je deviens spécialiste de l'improvisation et moins j'improvise. Je suis
trés déçu de commencer à savoir improviser. J'aimerai mieux ne pas
savoir. je voudrais toujours tout recommencer comme si j'étais un bébé
qui ne sais rien mais je sais pas mal de chose qui m'encombre. Je fais
des performances pour me désencombrer. Je fais des performances pour me
mettre des bâtons dans les roues. Je fais des performances pour me
saisir. Si je me saisi moi-même, je sais que je peux saisir le public.
Je fais des performances pour saisir le public. J'aime bien dégonfler le
public qui arrive souvent avec des idées reçu. Je ne sais pas pourquoi
je veux saisir le public! J'aime bien provoquer des fuites dans le
public mais j'en suis pas sur. Je veux surement qu'on m'aime mais je
voudrais qu'on m'aime avec mon inaptitude. J'ai horreur de la
virtuosité. J'ai horreur des acquis qui réconforte. On deviens tellement
paresseux avec les acquis. Je cherche toujours les ennuies pour voir si
j'arriverai à assumer. Je n'y arrive pas souvent mais j'essaye. Je
cherche l'imprévisible. Je déteste la prévisibilité. Si on sais comment
ca va se dérouler, c'est pas la peine de le faire. J'aime bien ne pas
savoir ce que je vais faire. Je ne sais pas ce que je vais faire. Ca me
fais trés peur mais je ne veux pas le savoir. Pourquoi les autres
voudraient-ils le savoir? Quel est leur interêt ? Est-ce que c'est
important d'avoir de l'interêt? j'aime pas l'idée d'interêt. C'est du
rendement. Je suis contre le rendement. Je fais des performances pour ne
plus savoir. J'aime bien avoir la trouille, ça m'excite. Bon, j'en suis
pas sur. C'est quand je ne sais plus rien que je commence à deviner ce
qui se passe réellement. J'ai pas peur d'agir sans savoir comment je
vais agir. Je fais des performances pour cela, pour révéler cela, pour
me mettre à nu, pour m'exposer. Je veux m'exposer pour me surprendre. Si
je veux me surprendre, je ne dois pas prévoir. Si tout est prévu, il ne
se passera rien mais si c'est imprévu, il risque de se passer
quelquechose, c'est pas sûr mais ca vaut l' coup d'essayer. Je fais des
performances pour essayer. C'est une expérience, c'est pas grand chose.
La performance est une expérience. Je crois que la vie n'est qu'une
expérience. Aaaah! Bon! d'accord! Je n'en suis pas sur mais j' veux
essayer de vivre à pic. Ouh! là là... J'aime la vie à pic. Mais y'a trop
d'bouées. On est toujours bourré d'bouées. Je veux essayer de ne pas
tricher mais je triche toujours. Quand je fais une performance, je suis
dans cette disposition, c'est juste pour essayer de vivre, c'est trés
important mais c'est pas sur. Bon, je suis trop versatile pour être
convaincu. J'aime pas les convictions. Je fais des performances pour
détruire mes convictions. J'essaye. J'essaye. C'est essentiel. Heu! Heu!
Je fais des performances parce que je pense que c'est essentiel même si
c'est pas grand chose. C'est essentiel de se perdre. Je veux me perdre
pour m'éveiller. Je ne sais pas ce que je vais faire. Bon! Oui! Non!
Heu! Si ! Si! C'est ça l'essentiel, oui, ne pas savoir, non, ne pas
savoir pour mieux tenter. Oooooh! Haaaaaa! Je vais tenter de me
dégonfler pour mieux me gonfler avec les fuites qui vont de toute façon
me dégonfler. Oh! Je vais faire Pchiiitttt. Oui! Oui! Oui! Je suis
vachement gonflé. Je vais faire une performance pour faire pchhiiiittt.
Oh! Oui! Je trouve ça important de faire Pchiiittt. J'en suis pas sur
mais je vais essayer. Ah! Bon! Oh! Oui! Encore! encore! oui! Oui!
Ouiiiiii! Oh! Oui!

 

Joël Hubaut 2005

(Musée d'art moderne de
Valencia)
 

 

 

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