Textes de Joël Hubaut, Michel Giroud, Lise Guéhénneux,
Patricia Brignone, Paul Ardenne, Pierre Restany, Arnaud Labelle-Rojoux.
Préface de Sylvie Froux.
Les presses du réel
(L'écart absolu - chantiers)
L’ouvrage réunit une documentation exhaustive sur l’activité de Joël Hubaut
de 1970 à aujourd’hui, avec des commentaires de l’artiste pour les
illustrations.
*
" Je ne veux pas de territoire, il n’y a pas de territoire. Il faut casser
les axes, les fléchages, d’où les croix et la multiplicité des croix ".
Né à AMIENS en 1947 - France .
Vit à Réville- France.
info@joelhubaut.com
Installation manoeuvre peinture sculpture vidéo performance musique
poésie sonore et visuelle fiction essais édition etc.
2004
Ménagerie de verre.
Paris Poésie sonore Performance.
Cave 12. Roaratorio. GENEVE. CH. La chorale
vidéo. Expo Joel Hubaut.Ecole d'art de Calais. Workshop"
Dé-Calais".Maison pour tous. Calais. 2ème rencontre
internationales de la santé mentale. Philosophie ou "Philofolie"
Lille. OCCUPATIONS #1
Musée d'art contemporain Val-de-Marne/Vitry
"Depuis les
années 70, depuis la découverte des signes épidémiques, Hubaut le
gothique populaire, s'auto-engendre, augmentatif, concentrique, dans
toutes les directions, les pales de plus en plus larges, les rotors
plus rapides et bien plus denses ( dance). C 'est une machine à
broyer. La marque HUBAUT, c'est une pelleteuse, un bulldozer, un
panzer, une moissonneuse-batteuse, une botteleuse à propulsion
comique, une théorie de moulins moulinants d'un cargo monstrueux, un
tanker de matériaux bruts, un pousseur, une Armada de remorques; la
compagnie HUBAUT augmente l'entreprise en tournoyant comme un
derviche,..." (Michel Giroud)
*
Joël Hubaut, grossiste en art, est né à Amiens en 1947. Il vit à
Réville (Normandie). Il enseigne à l’École des Beaux-Arts de Caen. Il débute
son travail à la fin des années 60, stimulé par les écrits de W.S.
Burroughs, la musique d’Éric Satie, l’actionnisme, le Pop et les réflexions
théoriques du groupe B.M.P.T.
Il crée en 1970 ses premiers signes « d’écriture
épidémik » qui envahissent tous les supports (objets, corps humains,
véhicules, sites...) développant un processus contaminant « rhizomique »
plurisdisciplinaire et intermédia sous forme d’installations et de
manœuvres.
Il crée et anime l’espace alternatif NOUVEAU MIXAGE INTERNATIONAL de 1978 à
1985 (installation-vidéo-peinture-poésie-concert-performance-multi-média...)
et monte le groupe de musique impro « New Mixage » (1er concert au Rex Club
à Paris). >
suite
Joël Hubaut (erraremix Joachim montessuis) / folk sung / 05:25 / 2004
Installation manoeuvre peinture sculpture vidéo performance musique poésie
sonore et visuelle fiction essais édition etc... Grossiste en art, Art
wholesaler... Depuis les années 70, l’excentrique Joël Hubaut développe son
concept d’épidemie et de mixage dans un processus de prolifération et
d’échange permanent. Artiste de la démesure et du débordement absolu, il
monte, coupe-colle, assemble et combine tout ce qu'il touche, voit, entend,
en vrac et sans hiérarchie de valeurs, totalement ouvert dans l’équivalence.
Performer radical-infatiguable, jusqu’au boutiste de la fatal error,
accumulateur frénétique et architecte du délire, Hubaut est un constructeur
de situations paradoxales et d'événements hilarants, dionysiaques et
jouissifs. Il fait le vide par le plein en riant de tout : il actionne et
pulvérise les concepts et idéologies dans un va et vient absurde,
rhyzomatique et orgiastique... Il enseigne aux Beaux-Arts de Caen depuis
1978 ! www.joelhubaut.com
JOËL HUBAUT/GUILLAUME LOIZILLON EXTRAIT/EXTRACT Trace 012/CD Pour acheter/To
buy < catalogue EPIDEMIK-TEXT-TEXT-NOWTECHNO Enregistrement réalisé lors de
la soirée 3>contre<1, le 22 octobre 1999 au théâtre L'Echangeur.
Dans la ville siénarouge : une installation
pinkvive
Depuis février, Joël Hubaut avait ouvert aux Abattoirs un dépôt d'objets roses
destinés à alimenter le Psyclom-clom épidémik, son exposition au
centre d'art contemporain qui est maintenant installée. En amont, le public
était donc invité à participer au projet en venant déposer ou céder tous
objets de couleur rose pour habiller et nourrir une architecture
spécialement conçue pour la grande halle des Abattoirs.
Le Psyclom-clom se présente sous la forme d'une construction de 30 m de long
sur 9 m de large avec une succession de plates-formes organisées sur
plusieurs niveau. Cette structure comprend des espaces concrets interactifs
qui recomposent les plateaux en cellules et alvéoles du type : cabine,
factory, laboratoire, photomaton, jardin, boudoir, école, stand de tir,
buvette, bibliothèque, espace de méditation, gymnase, échoppe, camping,
chambre nuptiale, salon de coiffure, studio, autel, cimetière, mur du fond
et des lamentations, parloir, forum, mini-musée du lapin, sex shop, etc.
*
JOËL HUBAUT Lissez
les couleurs ! à ras l’fanion
éditions Al dante
Poésie-performance.
Joël Hubaut compose et décompose un mode d’emploi particulier de la langue :
celui de la lecture, lutte viscérale entre la bouche et les mots.
La lecture exige le maniement précis de cet instrument étrange et indocile :
la langue, molle comme une saucisse, informe comme un étron, qui résiste et
déforme les mots dans le moule de la bouche. La lecture se fait comme une
grimace, un effort démesuré pour expulser le pétrole des mots collés au
palais et aux dents de l’homme moule et trou et lui-même étron, incapable de
se délier la langue comme il est impuissant à se détacher du corps corrompu
de ce qui se nomme nation, sacrifice, prière ou Dieu. D’une analyse physique
de la lecture émerge un texte en décomposition. De litanies en onomatopées,
la concaténation des mots se lit comme l’enchaînement des termes d’un
syllogisme, de l’impossibilité de prononcer les prémisses d’un discours
authentique à l’improbabilité d’une parole qui serait essentiellement
vitale, " une énergie pour l’amour du monde ". L’indicibilité des mots
altère le texte écrit, peu à peu délité en borborygmes, comme les derniers
souffles de la bouche, les déchets de la langue. Et un discours épidémique
se constitue ainsi, dans l’évanouissement paradoxal du langage, à travers la
profusion et la circulation de quelques mots ressassés. Plaçant l’épidémie
et la contamination au centre de son discours, Joël Hubaut livre ici une
réflexion sur la parole et la société où l’humour prolifère avec une vision
tragique de la langue et de l’homme.
Un CD accompagne le livre, qui permet d’entendre la totalité du texte dit
par Joël Hubaut remixé par le compositeur Patrick Müller.
La Chasse au
Knack
Clin d’œil à la Chasse au Snark de Lewis Carroll
et à la Chasse au CNAC de Raymond Hains
La Chasse au Knack sur une proposition d’Olivier Lerch et de
Joël Hubaut
Placé sous
l'auguste et tutélaire citation du poème de Lewis Carroll "La Chasse au
Snark", et de l’œuvre intitulée "La chasse au CNAC” de Raymond Hains , la
“Chasse au Knack” est un projet pour l'Ecole supérieure des arts décoratifs
de Strasbourg, mené en partenariat avec la Corporation des
bouchers-charcutiers-traiteurs d’Alsace, qui tient à la fois du gala
événementiel et d'un "geste" artistique".
Événement conçu et réalisé par les artistes, Joël Hubaut, Frédéric Le Junter,
Olivier Lerch, Jacky Ringele, les étudiants de l’École.
Cette manifestation, perf opéra, gala knack, all music hole, intègre
l’homologation par le Comité Guinness et la présentation du record du monde
de la plus grande Knack. La paire de saucisses de Strasbourg, réalisée par
quelques-uns des meilleurs charcutiers de la région sous le patronage de la
Fédération des bouchers- charcutiers- traiteurs d'Alsace, ambitionne une
longueur d'environ deux mètres.
Trente artistes et performeurs, charcutiers, musiciens, étudiants, danseurs,
vidéastes, designers, webmasters se produiront au cours de cet événement de
manière à tisser une relation inattendue entre l’art contemporain, l’art
culinaire, la culture traditionnelle alsacienne et les nouvelles
technologies. La mise en scène de la soirée comporte à la fois un dispositif
spatial et des interventions artistiques qui ont été conçues par les
artistes et les étudiants de l’École.
*
Vidéo - Interview de Joël Hubaut
*
Les godasses du Père Hubaut. de Alain Frontier
21 janvier 1978 !… Les petits jeunes d’aujourd’hui ne peuvent pas savoir,
d’ailleurs ils sont tristes, et sans humour devant les horreurs du siècle,
il y en a même qui veulent sauver le monde, au secours !… Notez qu’au Havre
ce jour-là, nous deux Marie-Hélène on ne l’a vu que métonymiquement, pas en
chair et en os : plein de petits papiers semés partout on se demandait bien
d’où ça pouvait venir : Épidémie, Épidémie, Épidémie, Épidémie, Épidémie… >
suite
De Joël Hubaut, on sait depuis maintenant belle lurette, qu’il est grossiste
en art, grossiste boucher, celui qui coupe dans les collections-étiquetées
du monde ossifié, pour construire ses architextures épidémiK. Le travail de
Hubaut, comme le soulignait encore Michel Giroud (Joël Hubaut,
l’excentrique, 2001), « organise la désorganisation du pseudo-ordre
ossifié-gelé pour inventer un organique de la surprise, de l’imprévisible
dynamique de la coïncidence non-calculable. ». De Hubaut, on connaît les
rassemblements hétéroclites d’objets du quotidien taxinomiés à foison par
rite ou rythme de couleurs (le rose, le jaune, etc…). Mais on connaît moins
sa langue tortueuse, torturée, sa langue qui elle-même du trou comblé par la
novlangue sociale surgit labyrinthe vivant d’une épidémiK démangeaison du
souffle, du corps. > suite
VERNISSAGE / ACTION le
26 Mars 1996 à partir de
18H00
LE PUBLIC EST INVITE A VENIR HABILLE DANS UNE COULEUR
DOMINANTE BLANC.
NOIR. BLEU.
ROUGE.
JAUNE.
ORANGE.
VERT.
ROSE.
PHOTOGRAPHIES ET FILMS SERONT REALISES LE JOUR DU VERNISSAGE
Saint-Étienne, samedi 11 juin sera jaune. Jaune comme la couleur de l'été,
comme un flash, un ensoleillement de la ville toute entière, un embrasement
mental et physique. Pour la grande journée d'ouverture de la Biennale de la
Ville/ Les Transurbaines, Joël Hubaut fait appel à la mobilisation de toute
la population de Saint-Étienne et de son agglomération. A l'unisson de
l'Office musical de Saint-Étienne qui va disséminer ses chorales dans la
ville, les habitants, les associations, les commerçants, les quartiers sont
invités à se parer de cette couleur unique pour animer, déambuler, créer en
jaune de toutes les manières possibles...
JOËL
HUBAUT :
A la fois plasticien, enseignant aux Beaux-Arts de Caen, poète sonore et
rocker, Joël Hubaut se définit lui-même comme un "grossiste en art". Pour
cet artiste inclassable, expositions, performances et installations sont
l'occasion de développer depuis 1970 un processus "Epidemik" envahissant les
sites et les supports. Ses recherches qui placent l'épidémie et la
contamination au centre d'une réflexion générale sur l'art et la société,
l'ont conduit à mener depuis plusieurs années un travail expérimental sur la
couleur et ses significations. En France, en Europe, aux Etats-Unis et au
Mexique, il est l'instigateur de performances collectives dans lesquelles il
met en espace et en fête des "ambiances" chromatiques où tout, hommes et
objets, porte et témoigne de la prééminence temporaire d'une couleur donnée.
La Quad-rature
(ou mon docteur, mon ange et mon graphologue) avec le Docteur François
Courbe, Laura Siracusa et Ratbeg.
*
*
Triangle Action / la poésie au Blosne Joël Hubaut : "Je voudrais transformer mon
quartier..."
à Rennes Sud, quartier du Blosne,
Jean-Jacques Le Roux et Yann Dissez installent chaque samedi matin leur
caravane jaune sur la place du marché - on y lit de la poésie, pendant
18 minutes, à 8 personnes, on recommence ensuite pour d'autres
cela fait six ans que ça dure, avec en plus des soirées lecture en
appartement ou au Triangle, le centre culturel, et des écrivains en
résidence
pour saluer l'étonnant travail de Jean-Jacques Le Roux et Yann Dissez,
voici le texte qu'a écrit en 1999 Joël Hubaut, poète de la performance,
à partir de son immersion dans le Blosne
FB
Je voudrais m'installer dans le quartier du Blosne à
Rennes avec tout le confort break familial anti-géranium et une lueur
d'espoir master-card pour supprimer le blindage de dissuasion relié au
commissariat
Je voudrais vivre dans le quartier du Blosne comme si je vivais à Hawaii ou
à Quito ou à Budapest
Je voudrais vivre à Rennes et à New Delhi mais aussi à Bangkok et à Mexico
et à Nairobi et à Annaba
Je voudrais vivre à Rennes en vivant partout à la fois avec un interphone
psychédélique satellisé sur Taîwan pour scratcher mon RMI d'insertion
Je voudrais proposer à la direction régionale des services d'urbanisme
breton de créer des places publiques mobiles en forme de galette bretonne
hyperréaliste mais je voudrais aussi quelques places en forme de paella
volante et en omelette, en quiche, en tarte, en flamiche et en pizza pour
lutter contre le chauvinisme trash de quartier
Manifeste " Epidemik" de Joël Hubaut
pour la réserve de technicônes de Bernard Caillaud
"DE L'ARTISTE A-CONSERVATEUR"
Bernard Caillaud nous
propose la création d'un musée de l'image scientifique, conséquence évidente
d'un long travail rigoureux d'analyse et de recherche qu'il a effectué
depuis une vingtaine d'années en tant qu'artiste mais aussi en tant que
scientifique.
S'il ne s'agissait que d'un musée de plus à enchâsser parmi cette kyrielle
de centres de monstration, ce projet n'aurait que peu d'intérêt dans notre
société de spectacle si saturée. Ajouter un nouveau musée-bazar pour une
ruée vers l'art touristique, un autre disneyland de vulgarisation
scientifique, une sorte de futuroscope de patronage, ce serait amplifier le
degré de séduction auquel toute notion d'effort et d'attention serait une
fois de plus évincée au seul profit d'un plaisir contemplatif à consommer
passivement. Un quick-fast-food culturel supplémentaire au service d'un
pouvoir et livré à la subjectivité soupçonnable des badauds affamés mais
sans appétit. Un musée du kitsch des images scientifiques.
Petite
divagation autour de mon envie de continuer à faire des performances
J'ai toujours fais des performances pour me perdre, pour me
déballer
alors ça m'emballe. Je peux flamber mon ineptie. Je peux décoller mon
inaptitude qui est collé. Je peux pas toujours. C'est à chaque fois un
nouvel essai alors j'essaye. Je ne m'interresse pas au rendement. Je
travaille à perte. Je m'engage à me dégager. Je rampe dans mes
contradictions. Je plane pour m'enfoncer encore plus bas. Je n'ai pas le
sens de l'élévation. Je revendique l'horizontalité en sautant en l'air.
Je m'oppose à mes revendications. Je suis versatile. Je fais la planche.
Je flotte. Glouppe! Je coule, je remonte., ça donne de l'ivresse. On a
jamais assez d'ivresse. Heu! Heu! Je fais des performances pour me
démouler. Je cherche les percolations et les fuites. Je veux me crever
comme un pneu. Je veux faire Pchhiiiitttt comme une fuite dans une
chambre à air. J'aime pas les bouées. Bon, je fais des performances
comme on regonfle une chambre à air crevée. Je cherche les trous pour
coller des rustines. Je ne veux pas être étanche. Avec la performance,
je peux fuir de partout. Je fais Pchhiiitttt. J'ai des gaz. Je peux être
dangereux. Je peux exploser. J'essaye de ne pas me préserver mais j'ai
toujours peur. Ca pète. Je m'enfonce. Je fais des performances pour
défier ma peur. Je ne veux pas de but. Je ne crois pas au but. Je ne
veux pas de trajectoire étudiée. Je veux errer. Je veux divaguer. Ca me
fais toujours trés peur. J'ai les pépettes. Je fais des performances
pour divaguer. Je n'ai aucune méthode. Je ne sais jamais comment m'y
prendre. Je ne veux pas de recette. Je suis contre. Je suis jamais
d'accord avec les méthodes. Je change tout le temps. Je m'impose des
contraintes pour avoir des fuites pour provoquer des accidents pour
m'éveiller. Je suis contre l'euphorie. Je refuse l'euphorie qui envoûte.
Je ne veux pas être hypnotiser par les euphories. Je préfère rater en
état d'éveil que réussir en somnambule. Je n'en suis pas sur. Je ne sais
pas. Je fais des performances parce que je ne sais pas. Je sais mais je
ne veux pas le savoir. C'est parce que je le sais. J'aime bien être
gonflé pour me dégonfler. Je veux improviser. Plus j'improvise et plus
je deviens spécialiste de l'improvisation et moins j'improvise. Je suis
trés déçu de commencer à savoir improviser. J'aimerai mieux ne pas
savoir. je voudrais toujours tout recommencer comme si j'étais un bébé
qui ne sais rien mais je sais pas mal de chose qui m'encombre. Je fais
des performances pour me désencombrer. Je fais des performances pour me
mettre des bâtons dans les roues. Je fais des performances pour me
saisir. Si je me saisi moi-même, je sais que je peux saisir le public.
Je fais des performances pour saisir le public. J'aime bien dégonfler le
public qui arrive souvent avec des idées reçu. Je ne sais pas pourquoi
je veux saisir le public! J'aime bien provoquer des fuites dans le
public mais j'en suis pas sur. Je veux surement qu'on m'aime mais je
voudrais qu'on m'aime avec mon inaptitude. J'ai horreur de la
virtuosité. J'ai horreur des acquis qui réconforte. On deviens tellement
paresseux avec les acquis. Je cherche toujours les ennuies pour voir si
j'arriverai à assumer. Je n'y arrive pas souvent mais j'essaye. Je
cherche l'imprévisible. Je déteste la prévisibilité. Si on sais comment
ca va se dérouler, c'est pas la peine de le faire. J'aime bien ne pas
savoir ce que je vais faire. Je ne sais pas ce que je vais faire. Ca me
fais trés peur mais je ne veux pas le savoir. Pourquoi les autres
voudraient-ils le savoir? Quel est leur interêt ? Est-ce que c'est
important d'avoir de l'interêt? j'aime pas l'idée d'interêt. C'est du
rendement. Je suis contre le rendement. Je fais des performances pour ne
plus savoir. J'aime bien avoir la trouille, ça m'excite. Bon, j'en suis
pas sur. C'est quand je ne sais plus rien que je commence à deviner ce
qui se passe réellement. J'ai pas peur d'agir sans savoir comment je
vais agir. Je fais des performances pour cela, pour révéler cela, pour
me mettre à nu, pour m'exposer. Je veux m'exposer pour me surprendre. Si
je veux me surprendre, je ne dois pas prévoir. Si tout est prévu, il ne
se passera rien mais si c'est imprévu, il risque de se passer
quelquechose, c'est pas sûr mais ca vaut l' coup d'essayer. Je fais des
performances pour essayer. C'est une expérience, c'est pas grand chose.
La performance est une expérience. Je crois que la vie n'est qu'une
expérience. Aaaah! Bon! d'accord! Je n'en suis pas sur mais j' veux
essayer de vivre à pic. Ouh! là là... J'aime la vie à pic. Mais y'a trop
d'bouées. On est toujours bourré d'bouées. Je veux essayer de ne pas
tricher mais je triche toujours. Quand je fais une performance, je suis
dans cette disposition, c'est juste pour essayer de vivre, c'est trés
important mais c'est pas sur. Bon, je suis trop versatile pour être
convaincu. J'aime pas les convictions. Je fais des performances pour
détruire mes convictions. J'essaye. J'essaye. C'est essentiel. Heu! Heu!
Je fais des performances parce que je pense que c'est essentiel même si
c'est pas grand chose. C'est essentiel de se perdre. Je veux me perdre
pour m'éveiller. Je ne sais pas ce que je vais faire. Bon! Oui! Non!
Heu! Si ! Si! C'est ça l'essentiel, oui, ne pas savoir, non, ne pas
savoir pour mieux tenter. Oooooh! Haaaaaa! Je vais tenter de me
dégonfler pour mieux me gonfler avec les fuites qui vont de toute façon
me dégonfler. Oh! Je vais faire Pchiiitttt. Oui! Oui! Oui! Je suis
vachement gonflé. Je vais faire une performance pour faire pchhiiiittt.
Oh! Oui! Je trouve ça important de faire Pchiiittt. J'en suis pas sur
mais je vais essayer. Ah! Bon! Oh! Oui! Encore! encore! oui! Oui!
Ouiiiiii! Oh! Oui!