La Poésie élémentaire

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Alain Gibertie

(1950-1996)

Signes et Témoignages

 

ALAIN GIBERTIE, VIVANT

Film documentaire de
PATRICK REBEAUD
52 minutes

Générique

Résumé

Un fils s’interroge sur la vie et la pratique artistique de son père Alain Gibertie.
 
Ce dernier, étudiant en droit dans le sud-ouest de la France, puis rugbyman, devient artiste-performer à la suite d'une série de rencontres. Nous découvrons ses amis, artistes, galeries, et les gens qui l'ont initié, entouré, soutenu ou contré.

Nous explorons aussi cette branche de l’art: la performance, où le corps est parfois mis en scène en tant que support artistique. Issu de ce courant, Alain Gibertie a peu à peu radicalisé sa démarche jusqu’à faire de sa vie l’enjeu de son art


Les Entretiens de Cadouin>>

Mardi 8 octobre 2002

Patrick Rebeaud, Réalisateur:

Je vous raconte ce qui m’est arrivé.

En 1996, je reçois l’appel téléphonique de quelqu’un qui me dit: “Bonjour, je m’appelle Alain Gibertie, je voudrais que vous fassiez un film sur moi.” A la suite de quoi, nous nous sommes rencontrés le lendemain dans un café à Beaubourg. Il s’est présenté comme artiste-performer. Pierre Labrot donne une définition de la performance lors de l’une des interviews du film.

Nous avons commencé à tourner avec Alain Gibertie que j’ai découvert à ce moment là. C’était quelqu’un de très attachant, de très vivant et de très passionnant. Le tournage a débuté le 25 avril 1996 avec le projet de poursuivre ces prises de vue en août.

Alain Gibertie s’est donné la mort le 12 juillet. Je me suis dit que ce film ne pouvait plus se faire.

Quelques mois plus tard, Thomas, le fils d’Alain Gibertie, qui est ici, est venu frapper à ma porte et m’a demandé de voir les images. > lire la suite


QUESTIONS ET DÉBAT

Gérard Lefèvre, UFFEJ:
On ne peut pas ne pas avoir de réaction, j’avais l’intention de sortir parce que j’avais mal à la tête et je suis resté cloué. Je suis fasciné dans quelque chose que je cherche à élucider, quel est ce regard que je porte sur quelque chose de très intime, je me sens voyeur plus que spectateur. Penser un seul instant qu’on ne puisse pas être bousculé par ce que dit cet artiste de la vie et de la mort serait gonflé. Thomas m’a bouleversé par sa pudeur.

Patrick Rebeaud:
Je vous avais dit qu’après, c’est le silence.

Thierry Dessolas:
J’ai bien connu Alain Gibertie, j’étais très lié à lui, je l’ai beaucoup aimé et il me l’a bien rendu. Merci pour ce très beau film, merci à Thomas qui a apporté un témoignage, très clair, très lucide, courageux sur son père. J’ai toujours eu le sentiment, au cours des années où je l’ai fréquenté, que c’était quelqu’un de très généreux, qui n’a jamais choisi la facilité ni dans sa vie, ni dans sa mort.

Une spectatrice:
Je ne connais pas Alain Gibertie, mais avec ce film, vous vous attaquez à un tabou énorme: le suicide. On n’en parle pas. Lui, son fils et vous, en parlez. C’est pour cela que c’est bouleversant, il est très bien votre film.

Pierre Labrot, plasticien:
Je voudrais dire que tout le monde pense que la peinture, c’est un pinceau et de la toile. En fait, c’est plus que ça. Il n’est pas besoin de grands discours pour le comprendre.

 

*

 

Patrick Rebeaud. Lettre à Ben

cher ben
Je vous livre une information qui méritera peut-être d'être imprimée dans votre revue "L'OBJET DU DELIT" (à vous d'en juger) :

L'ADDC de Périgueux qui organise actuellement des manifestations autour de la pensée et de l'oeuvre de ROBERT FILLIOU a refusé que je vienne y tourner une séquence du film sur Alain GIBERTIE.

D'une certaine manière c'est bon signe : un an et demi après sa disparition, GIBERTIE reste un irrécupérable et continue de déranger. Les institutions craignent encore de le voir surgir avec son rire farceur et ses jugements implacables.

Moi, je continue mon film.

Bien amicalement Patrick REBEAUD

 

*

 

Ben Vautier

 

 

"LAMARCHE VADEL S'EST SUICIDE.
J'ai toujours trouvé les gens qui se suicident courageux. Je pense aussi qu'ils ont raison.
Gibertie s'est suicidé, Agullo s'est suicidé
Ils avaient raison : l'espèce humaine est pourrie et eux s'en rendent compte. Lamarche était suicidaire il a préféré mourir avec ses chats qu'entouré d'artistes. J'ai eu de la peine...."

"SUR L'ART D'ATTITUDE (1984)
L'art d'attitude se situe dans le cadre linéaire d'une histoire de l'art occidentale qui se veut un nouveau de plus, après Duchamp, Dada, Zen, Cage, et Fluxus.
L'art d'attitude existe lorsque chez l'artiste dans son oeuvre l'attitude envers l'art, la vie prend le pas sur le produit esthétique.
L'art d'attitude se démarque de l'art conceptuel des années 1960 à 1970 qui s'est transformé en astuces formelles.
L'art d'attitude a des matériaux qui lui sont propres : la vie, l'angoisse, la gloire, l'ego, l'art lui-même.
Ainsi, les artistes d'attitude produisent des tentatives anti-ego construites à partir de leur égo comme des papillons autour d'une lampe. L'artiste d'art d'attitude se pose beaucoup de question.
Comment faire du nouveau sans que ce soit nouveau ? qu'est ce qui est laid si tout est beau ?
Si je devais citer des artistes qui rentrent dans le champ de l'art d'attitude je citterai Robert Filliou, Jacques Lizène, Gabor Toth, Jonier Marin, Alain Gibertie
Ma propre présence dans ce champ se situe autour de certains textes dans lesquels je me pose des questions sur mon ego, sur la finalité de l'art etc..."

"Fluxus, c'est celui qui le dit qui l'est" (Alain Gibertie)

"J'aime beaucoup cette histoire racontée par Alain Gibertie (1996)
Un jour un homme partit pour l'au-delà. Il arriva d'abord en enfer. Il y vit beaucoup d'hommes, attablés devant des plats de nourriture, mais tous mourraient de faim, car ils avaient des baguettes longues de deux mètres et ne pouvaient s'en servir pour se nourrir. Puis il alla au paradis. Là aussi, il vit beaucoup d'hommes attablés devant des plats de nourriture, et tous étaient heureux et en bonne santé, car eux aussi avaient des baguettes longues de deux mètres, mais chacun s'en servait pour nourrir celui qui était en face de lui."

Alain Gibertie sent me this text a year ago it looks as if he is a bit sour not to be in the bunch :
"
Fluxus est aujourd'hui totalement sclérosé par les ancêtres de la première heure, leurs marchands et collectionneurs avides de faire monter les prix (un cheval pas cher est rare...) en refusant à la nouvelle vague d'artistes qui étaient trop jeunes ou pas nés à la douteuse date de la création aux Etats-Unis, le droit d'avoir découvert, d'eux-mêmes ou dans la rue ce mouvement, la reconnaissance artistique à laquelle ils ont pourtant légitimement droit. Mais à Paris comme ailleurs, le marché de l'art situe FLUXUS entre les années 60 et 71. Ainsi, aprés 71, les statements essentiels et qui d'évidence pour tout un chacun sont éternels - Tout est art - La Vie est Art.- s'éteignent, frileusement protégés par les marchands et tous les artistes de l'arte povera qui se remplissent les poches maintenant. Preuve est faite que les artistes de cette époque, n'étaient peut-être pas des tricheurs à l'origine, mais qu'actuellement ils vont tous bêler, par exemple devant Di Maggio, quand il construit à Milan un musée Fluxus contre l'idée duquel ils ont toujours été. Preuve encore est faite que ces artistes sont à l'authenticité ce que le yaourt bulgare est à l'énergie nucléaire. lls ont triché, et ce qui est pire, ils ont menti et se sont trichés eux-même. FLUXUS est devenu aujourd'hui une sorte d'hospice, une espèce de ghetto pour vieillards séniles qui se retrouvent de temps en temps dans des musées, se racontant des "tu te souviens" qui réjouissent les "fonctionnants" mercantiles du marché, ébahis de savoir tu parles..qu'ils ont pissé dans la mer ou contre un mur, qu'en ce temps là, on pouvait faire l'amour sur une scène ou sous un porche. Le seul mouvement que j'ai cru authentique s'éteint comme les autres, étiqueté par ceux-la mêmes qui avaient presque réussi à déchirer toutes ces petites saloperies de papiers que l'on colle de plus en plus sur le front de l'être humain pour le faire bêler plus fort devant les lois de la morale et d'une humanité asseptisée qui va bientôt nous inventer des pillules pour ne plus chier, comme si la merde n'était pas le meilleur engrais. Ouais, franchement, maintenant, L'ART M'EMMERDE, moi aussi MEME, et VIVE FLUXUS ..." ALAIN GIBERTIE

"1996 - Alain Gibertie se suicide. Il envoie une lettre en 7 exemplaires. Ca me fait un choc. Je pense beaucoup à Gibertie et beaucoup au suicide comme à une chose qui était toujours là mais que j’avais oubliée et qui revient m’obséder."

"2003-07-11

"Si je pense que Fluxus est un état d'esprit, une attitude envers l'art, une façon de voir la vie, il y a quelque chose de Fluxus en chacun de nous
Andersen Eric pour savoir rire,
Andre Tot pour avoir écrit partout "I am not you"
Arthur Cravan pour avoir été condamné à 6 mois de prison pour avoir relevé la jupe de Madame Delaunay,
Bataillard, pour peindre en aveugle
(...)
Gibertie Alain pour avoir dit : "je suis vivant" et pour s'être
suicidé."

 

*

 

 

"En 1984, je participais à l'exposition organisée par le CNAC : "L'écriture dans la peinture", non pas à la villa Arson, mais dans les lieux dits parallèles, c'est-à-dire, à l'Arroyo, à Calibre 33 et à la Différence.
Puis je fus invité par Alain Gibertie à participer à une expo Fluxus et à un concours de pétanque artistique, en Dordogne, dans le Périgord.
Il s'agissait, pour chaque artiste, de réaliser un terrain de pétanque et d'y faire jouer les champions du pays. Il y en eut de drôles, il y en eut qui auraient pu tourner au tragique.
Les organisateurs, bien que pleins d'enthousiasme, furent trop optimistes dans leurs prévisions budgétaires et, surtout Alain Gibertie, subirent un lourd fiasco pécuniaire..."

 

*

 

Moue de veau de Lucien Suel

N° 827 Alain Gibertie, Mendicité à l’envers

 

*

 

Action feinte, réelle ou du tableau à l’objet, du ready-made à l’actionnisme...

Par Gilles-Christian Réthoré

EXTRAIT - LIRE L’INTEGRALITE DANS LA REVUE PAPIER



Sourions avant l’exécution... Les canulars de rapins, les gags grugeant le bourgeois - toujours plus sot -, la mystification cinglante, quand elle n’est pas escroquerie bouffonne, qui vise à déstabiliser l’Académie X, le bon goût Y, l’ensemble des conventions consenties, des paresses réactionnaires, alors... Alors peut-être la performance, l’action d’éclat (symbolique et poétique), prend-elle ses sources au XIX e siècle, pêle-mêle, avec les Zutistes, les Incohérents, les Hydropathes et les Goûteurs d’absinthe, bien avant Dada, les Surréalistes et les Gutaï du Japon (Kudo et Shiraga), avant les actionnistes viennois ou berlinois des années 60-70. Lautrec avant Tzara, Allais et Mirbeau avant Breton et Vacher-Perret, Klein ou Orlan, soit dit pour nommer quelques Français... Mais, on le sait, il faudra aussi convoquer Yoko Ono, et David Tudor, Schwarzkogler et Brus, bon nombre d’artistes beat, écrivains et poètes, qui lisaient-vivaient leurs textes à la Allan Kaprow, et ce, bien après les éclats et les vociférations de Schwitters, Picabia ou Artaud. Les vrais-faux Julien Blaine-Alain Gibertie-Robert Filliou sont-ils de cette eau-là ? Mille puristes se chamailleront pour distinguer les labels les plus légitimes et distribuer les AOC, en tuant quelques pères au passage. Costes et Richard ou Gina Pane ? Les scato ou la catho ? Et Ben plutôt que Journiac ? Vito Acconci de préférence à Gilbert & George, et Chris Burden et Maccheroni... Revenir en amont : Cravan et Duchamp, Russolo et Marinetti. Ou La Monte Young et Charlemagne Palestine. Belle tartine de peintres, musiciens, écrivains, réalisateurs et metteurs en scène, photographes et sculpteurs : tiens ! Pas d’architectes !

 

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1986. Organisation des Premières Rencontres d'Arts Plastiques et de Poésie de Jumilhac, avec Arnaud Labelle-Rojoux, Julien Blaine, Richard Martel, Alain Gibertie, Charles Dreyfus. Performance avec Arnette De Mille, juillet 1986.

chateau, châteaux, chateaux, forteresse, forteresse féodale, périgord, dordogne perigord : le Château de Jumilhac site majeur du Parc Naturel Régional Périgord-Limousin

 

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Ecrits de Gibertie sur Robert Filliou

 

- Gibertie (Alain), "Robert Filliou : Début et fin d'un artiste sans fin" in Kanal Magazine n°1, Paris, aout-sept.1989, pp.84-85
- Gibertie (Alain), "Robert Filliou, Art is What Makes Life More

- Dreyfus (Charles), Gibertie (Alain), Noël (Ann), "Robert Filliou par lui-même" in Inter n°38, Hauteville (Québec), 1988, pp.4-16

 

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OPUSCULE [POSTHUME]

Divers artistes et amis retracent l’itinéraire de cet artiste français qui s’est suicidé le 13 juillet 1996.

1996 - 8 pages
Encarté dans Inter, art actuel, numéro 66

 

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Pierre Labrot évoque Alain Gibertie :
 
 « L’obstacle comme lieu de passage » est une proposition de poète, la geste d’Alain, sa foudre méticuleuse aurait pu n’en laisser que cendres  obstruantes. Il s’y trouve aussi des points précieux.
  
 J’ai connu Alain à Sarlat en Périgord  en un premier épisode où il dressait des mouches à vivre sur une toile blanche, en une figure qui s’évadait un peu des procédés usuels: ce jour là  une cote de porc servait de canevas en attracteur étrange.
  
 Cet épisode fut suivi d’une ligne médiane sur une  route communale  proche de Montignac sur Vézère, médiane défiant le juste milieu. > lire la suite

*

 

ARTPOOL'S FLUXUS LIBRARY - ARTPOOL FLUXUS KÖNYVTÁR

 

Alain GIBERTIE
(Bibliography available for research)

Filliou, Robert - Charles Dreyfus - Alain Gibertie - Ann Noël: Robert Filliou: Bien fait, mal fait, pas fait, in: Inter Art Actuel 38, 1988, 4-14.

Gibertie, Alain: 1.000.031e Anniversaire de l'art à Robert Filliou. Poème Farandole, Editions Oui = Non, 1994

Gibertie, Alain: Haï-kaï et aphorismes à ruminer à la ville ou à la campagne, Collection JeudiGris, Cahiers de Nuit, Caen, 1994

Gibertie, Alain: Quelques P'tits Plaisirs, Collection "Philopoeticologie", Editions Oui = Non, 1994

Gibertie, Alain: "L'art est de rendre la vie plus intéressante que l'art". Début et fin d'un artiste sans fin, in: Kanal, No. 1, 1989 August-September, 84-85.

Gibertie, Alain: Vivant, No. 0, 1991 Février 1, 6 p., ill., b&w

Martel, Richard - Michel Giroud - Jean-Claude Saint-Hilaire - Jean-François Bergez - Charles Dreyfus: Alain Gibertie (1950-1996), in: Inter Art Actuel , No. 66, 1996, 33-40.

 

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Amis de la guerre. Pierre Labrot

Alain Gibertie
De toutes les histoires que nous écrivimes ensemble,sur les routes
les champs ,les villes et les bois
celle d'histoire qui n'est pas finie ,qui est aussi le décor des autres
et pas seulement les tiennes, celle la plus tienne
"La Grotte".
"LA GROTTE DU FUTUR".
Salut Alain ,
je continue demain.
< P.L 22 Janvier 2005.


 

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Participations d'Alain Gibertie à l'émission "L'Oreille cassée"

mp3 à télécharger

 

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        > Le poème de Monsieur Lastergeas

        > Morituri te salutant Mister Président

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Carnet de Brousse (extrait)

(publié in LPDA n°55)

 

 

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ALAIN GIBERTIE

par Charles Dreyfus


Il en irritait plus d'un à se prendre pour Tchouang Tseu celui qui, se promenant sur les bords de la rivière, remarque : " Quelle joie ont les truites de sauter si gaiement sur l'eau ". Houidsi (ou les ouistitis de l'art en bons ennemis) ne manque pas de lui rétorquer : " Vous n'êtes pas un poisson, comment pouvez-vous savoir si un poisson éprouve de la joie ? ce n'est pas possible ". Tchouang Tseu lui répond : " Vous n'êtes pas moi, comment pouvez-vous savoir que je ne connais pas la joie d'un poisson ? ". Cette petite parabole que je retrouve dans mon cahier, dictée par le vivant, résume bien sa façon de penser.

" L'apparence se rapporte à la vie psychique consciente, la réalité à la vie inconsciente ", nous dit Freud. " Ce qui arrive possède une telle avance sur ce que nous pensons, sur nos intentions, que nous ne pouvons jamais le rejoindre et jamais connaître sa véritable apparence ", poursuit Rilke.

Alain Star savait, comme vivant=vivant, soulever des montagnes avec son 'Snowball Project', jumelant la petite gentille boule de neige avec l'avalanche. Avec l'anniversaire de l'art, une vraie hypotypose de ce que devrait être le réseau. Il œuvrait de tout son poids (à cette politique-encore utopique).

J'aimais son flottement nomade à souhait et son profond enracinement à Périgueux. A l'instar d'un opéra, lui-même dithyrambe, au milieu des siens, le voici plus que jamais vivant présent, dans la jouissance de l'instant, attentif au souvenir oublié. Mais aussi OUI=NON (et non ni oui ni non). Sa plastique, ses haïkus. Lorsque Confucius visite Lao Tzeu il le croit mort. En transe extatique Lao Tzeu est pris pour du bois mort. Aux quatre coins du monde le vivant a su montrer un peu de mélange d'alchimie symbolique et d'alchimie opératoire. Certains se souviendront encore longtemps de son chamanisme sublime.

Charles Dreyfus, extrait du numéro de la revue québécoise Inter n° 66 , Hiver 1997

 

 

 

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