La Poésie élémentaire

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Morceaux choisis de Thierry Dessolas, Les contemporains favoris, 1993

 

Bibliographie (jusqu'en 1993) (au-delà : à venir...)

I - Livres

CLAUSES (avec des interventions graphiques de Jacques Taris), Électre, coll. “Aoriste”, Arras 1989.
MORCEAUX CHOISIS, Les contemporains favoris, 1993

II - Revues (& collectifs) ayant accueilli des textes de Th. D. :

Diamant noir ; Passagère(s) ; 25 Mensuel ; Revue & Corrigée ; Mani-Art ; les Cahiers du Bospicat ; Oui = Non ; la Poire d’Angoisse ; Collection Électre, puis Maison Atrides & Cie ; Cortex de nuit ; Hello Happy Taxpayers ; le Dépli amoureux ; Offerta Speciale ; Mrôrch...

 

 

 

THIERRY DESSOLAS SUR LE NET

 

 

doc(k)s data  /

poésie visuelle - album

 

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Né en 1959, comme son nom ne l’indique pas, à Essaouira. Membre de l’in situ...

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Poésies pour "Génération" (Festival Mimos de Périgueux)


 

 

 

LANGU’A CONNAITRE

par Jean-Pierre BOBILLOT (*)

(Préface aux Morceaux choisis de Thierry Dessolas, Les contemporains, 1993)

 

 

 

Au commun des mortels

Prendre la langue dans les deux sens de la langue. Chaque mot dans les deux sens du mot. Non, ce n’est pas ce que vous croyez : je ne vais pas vous refaire sans broncher le bon vieux coup de la “polysémie”. Trop poly pour être au net. Je ne vais pas vous refaire d’un vieux coup de polysémie derrière le signifié. Notez bien, je n’ai pas dit : dans tous les sens... Ça, maintenant, tout le monde est d’accord ; tout le monde, disons, est affranchi. Même, soyons franc, qu’il y aurait beaucoup à dire là-dessus, comme disait le Maître de Jacques à Jacques. Mais, passons.

Les deux sens — je veux dire : suivant l’axe des substitutions, du paradigme, de la métaphore, et suivant l’axe des combinaisons, du syntagme, de la métonymie. (Selon qu’on s’intéresse plutôt au bricolage, aux échecs, ou à la rhétorique.) Tendre la langue dans les deux sens de la langue. Chaque mot dans les deux sens du mot. Là, vous voyez peut-être où je veux en venir : quelque chose comme un parallélogramme des forces. Car, écrire, parler, se taire aussi bien, c’est mettre en jeu des forces. Qui ne tirent pas forcément dans le même sens. Mais : les premières, toujours. Et à conséquences.

Car, il y a toujours une petite force illocutoire de derrière les signifiants qui se cache dans l’énoncé le plus plat, ou le plus abrupt. Le trop sensé, ou l’insensé. Le transparent, ou l’opaque. Et écrire, si ce n’était que ça : bien tendre le parallélogramme, et tirer ? A hue et à dialogue, à systole, à la ligne. A la lettre. Tirer, et libérer toutes ces petites forces-là rien qu’en tirant la langue dans les deux sens. Chaque mot dans les deux sens. Et : en y met­tant les formes. Même que ça serait plutôt : quelque chose comme un pa­rallélographe des formes. Car c’est de l’écrit. Et cet écrit-là coupe à ras l’envol de l’idéal bouquet.

 

Aux communs des motels

Fendre la gangue, donc, dans les deux sens de la langue. Dans les deux sens du mot. — Dans le sens plat : du côté de l’enchaînement le plus attendu, éculé, à pleurer. Justement : à pleurer. Com­me quoi la force illocutoire, ainsi libérée, n’est pas dans l’énoncé lui-même, qui ne ferait pas pleurer la moindre mi­dinette! Rougir, tout juste : “Vous ai-je déjà parlé de Marguerite ? C’est parti. Orpheline, Marguerite violée à 30 re­prises en une seule nuit.” (1)

La dénotation pure et dure peut s’avérer bête et méchante, il suffit de tirer un peu plus sur la corde métonymique qu’à l’ordi­naire : “Elle était toute mignonne avec un fin visage où riaient de grands yeux noisette. Ses cheveux, d’un blond cendré, tombaient en une longue queue de cheval dans l’escalier de marbre.” Ainsi la “relation” se fait-elle “perverse”. Ou à l’inverse : la dénotation héroïque peut s’avouer bassement terre-à-terre, il suffit de tendre un peu moins le fil blanc diégétique qu’à la manière épique : “Elle estourbit ses amants par milliers dans les verts pâturages.”

Toutes ces petites manipulations, qui mettent la narration en sur-régime, en sous-régime, en déroute au débotté, alternativement et non sans altérations, sont au principe de ce “jargon melba” que l’auteur, durant quelques années, pratiqua : jusqu’à ce qu’il se fut aperçu que, là où il parlait langue en états, on ne pouvait entendre que “pseudo”. Mais, passons. Dans le sens plat, ou, disons : dans le sens du poil, du cheveu qui est sur la langue, dont rien ne dit qu’il ait quoi que soit à voir avec le chat qui est dans la gorge. La force illocutoire de ces “proses” en charpie est la résultante des différentiels de tension à l’œuvre dans le parallélographe. Effets, donc, d’élasticité diégétique. Et référentielle. É­cri­re, même dans le sens du poil, c’est toujours aller à rebrousse-poil, quelque part. Ou n’aller, à rebrousse-poil, nulle part.

 

Du comm’un des modèles

A force illocutoire, locuteur, et allocutaire. Ou, puisque c’est d’écrit qu’il y va : à force inscriptoire, scripteur, et adscriptaire. Excusez du peu. Mais distinguo catégorique, car : l’auteur se fait volontiers lecteur. C’est la “performance”. Or, il n’y a de performance qu’à mettre en œuvre, dans l’ici & maintenant de sa dic­tion ou, plus pertinemment, de son action (2), cette force, spécifiquement, inscriptoire : non l’illocutoire que recèlerait, censément, l’énoncé à proférer ; ni même, l’invocatoire dont se soutiendrait sa profération, en ce qu’elle se souviendrait de son énonciation, même. Point trop rares confusions, qui relèvent encore et toujours de la bonne vieille mimesis ; soit : de la croyance...

D’où, emblématique, ce jeu de rôles qui a quelque chose de la chaise musicale : “& il s’arrange en tous lieux pour vous repérer avant même que vous n’ayez eu le temps matériel de suspecter sa présence (...) l’homme à connaître par les villes dont vous ignoriez jusqu’à l’existence c’est moi & ce n’est pas moi”. (3) Ce jeu drôle qui a quelque chose de communicatif : “quand vous le voyez vous y êtes une définition aussi ordinaire vous suffit quand vous y êtes vous le vivez (...) il sait se faire oublier avec une certaine extermination mieux encore des nouveaux venus le suivent qui cueillent nombre de babioles dans ses longues mains de chirurgien ou de pianiste c’est tellement rare de nos jours”. Ce jeu de l’oie qui, en clair, vous promène à travers le monde : “BREST ANCHORAGE DJAKARTA TANGER OSAKA MANCHESTER SIDNEY NEANDERTHAL (...) & le voici à Lawrence, Kansas lors d’une brusque apparition il offre un verre au barman du Sunrise”. Ce jeu de loi qui, en langue et en mots, vous mène en plein c(h)oeur du langage, là où se noue et se dénoue la subtile dialectique de la désignation et de la dénotation : “l’homme à connaître dans toutes les villes où vous vous trouvez porte le nom d’une seule d’entre elles à la fois (...) au bout de la langue le nom de l’homme à connaître (...) les choses vues fusent sous la voix de l’homme à connaître / celles-ci se voient affublées de noms changeants & bariolés / très loin de vous le travail de l’homme à connaître consiste à délivrer les choses de ces noms qui les retiennent de se déployer dans les limites de l’incom­parable par delà les méridiens à partir de mon corps à commencer par le Nord”.  Etc.

Cette perpétuelle remise en jeu, perpétuellement relancée, où se disposent, suivant maintes inédites configurations, les acteurs et les tenseurs de la communication littérale : “il (...) vous (...) je (...) lettres percent : voyelles se gonflent consonnes appareillent aucune chance de faire erreur deux fois de suite sur la même personne telle serait l’idée de départ”. Telle serait la “règle” de ce jeu que résume assez, en manière de refrain, tout d’évidence et d’évidement, un récurrent :

vous êtes ici

autre manière, on l’aura compris, de dire je, car : je c’est moi & ce n’est pas moi. Comme n’a pas tout à fait dit Rimbaud ; et encore moins, Saussure. Qui n’avait pas lu Freud...

 

Hapax — I (intermezzo)

Au même titre, donc, que “je”, “vous”, “ici”, et quelques autres qui n’en sont pas quittes pour autant, “l’homme à con­naître” n’est jamais qu’un déictique : en ce qu’il ne saurait désigner une classe d’êtres, ni dénoter un être référentiellement stable, et qu’il n’est que de ce qu’il en est dans l’ici & maintenant de son occurrence, même. Et, corrélat, de son effacement. Correaltar. Para­doxe pragmatique, que ce déictique de la “non-personne” : nom propre fait lieu commun. D’un court-circuit énonciatif. D’où surgit l’étincelle de la force inscriptoire : sériel hapax !

Qui dit : “l’homme à connaître”, c’est, dans cet ici & mainte­nant, “l’”instituer comme “homme à connaître” dans cet ici & maintenant. Entre vous & moi. Place à prendre. Vue imprenable. Ni une ni deux. Et qui n’est chaque fois ni tout à fait la même. Occasions à saisir. Paradoxe pragmatique, que cet énoncé trop per­for­matif pour ne pas être vrai, quelque part : à cible mouvante, source flottante, indé­termi­née, “hors cadre”. Occurrence vs type, “l’homme à connaître” serait quelque chose comme le sujet performatif. Dont l’efficace est qu’il s’efface. Et en cela, asymptotiquement, l’écrivain tout c(r)aché : “cet homme qui parle tout seul” . Écrivain signalant l’écriture vs écrivant signant l’écrit. Ou, pis : singeant le cri. (4)

Vous êtes prié de laisser les noms aussi communs que vous les avez trouvés dans la langue. En entrant. La langue, on n’arrête pas d’y entrer. On n’en sort pas. On y est. Qu’est-ce que ça c(r)ache ? On ne sait que trop ce qu’on va y trouver : “Je”, par exemple... Ça n’empêche pas d’y faire, des fois, de ces rencon­res : “Je”, par exem­ple !... Mots, mo(r)tels... On finit par sevoir y faire. Ques­tion de pratique. Ma langue e(s)t moi. Fendre la langue dans les deux sens. Chaque mot dans les deux sens. C’est comme la viande. “Faire dans la route des phrases un carrefour de tous les mots.”  (Jarry) L’aventure y est au coin du moindre mot ou de son contraire : “c’est moi & ce n’est pas moi c’est le jour & la nuit la cabriole & la volte-face le péril & la de­meure la jubilation & la routine DERNIERS MOTS SUIVENT HOMMES SUI­VENT” Etc. ?

 

Le comme : un des mots d’elle

— Dans le sens abrupt : à défaut de tout enchaînement, ou suivant les glissements les plus inattendus, savants ou incongrus, les captures, ou les ré­sur­­gences. A défaut, ou peut-être : par défaut ; ou, mieux encore : dans le défaut de tout enchaînement, dont le je en moi se cuirasse. Dans l’enfaut de tout déchaînement. Comme quoi la force illocutoire ou, plus pertinemment, inscriptoire, peut même, à la limite, se passer d’énoncé : “ORATORIO DO DÉRATÉ / ESTRADE IOTA SERIAL RADE ÉLIDÉ / ATLANTIDE ARRONDIS TORO TORTIS / DES TITANS TALONS SÉRAIL EL DELTA / RASOIR TANTALE & TALION DEL TIROIR / IDES RIALTO AOI LI SOLDAT”. (5) Ou en prendre, de plein fouet, le sens plat : “les bouchers / à ma connaissance / le mien est un raciste”. (6) Dans le défaut de tout enchantement : “Il ne se passe pas un jour sans qu’il ne se passe rien. Je ne reste jamais très longtemps nulle part en ce moment. A la longue je m’ou­blie.” (7)

Avoir, autrement dit, tous les mots sur le bout de la langue. Vous êtes prié de rendre les sens aussi figurés que vous les avez trouvés dans la langue. En entrant. Ma langue, je n’arrête pas d’y entrer. Je n’en sors pas. Je n’en suis pas. J’y suis. J’y suis tou­jours. Je ne me figure pas en sortir. Ma langue, c’est tous les mots que j’ai sur le bout de la langue. Tous les mots sur le bout de la langue, c’est-à-dire : les mots je les ai & je ne les ai pas. Mais, ils m’ont, ça c’est sûr. Ou ils m’auront. Comme n’a pas du tout dit Saussure. Qui n’avait pas lu Freud. Ni Wittgenstein.

La langue : des mots sur de la viande. Mais : tout au bout, là-bas. La langue n’est pas physique. Les mots sont à l’horizon de la viande. Les mots sont l’horizon de la viande : cette insaisissable limite. Qui se pose là, pourtant : cette infranchissable limite. Et écrire, si ce n’était que ça : cet arpentage sans il­lusion ? L’illusion : se saisir des mots, en être, en être toujours, franchir l’horizon, tout là-bas, au bout. Maîtrise, idéa­lisme. La viande n’est pas métaphysique. La viande sans les mots, c’est fo­lie. Les mots sans la viande, c’est magie. La viande sous les mots, c’est la peur. Les mots sous la viande, c’est la mort. 

 

Le comme : un des motifs

Dénoter, connoter, c’est toujours, plus ou moins : déconner. Quelle déconvenue. Convenons-en. Tout est là. “Visiblement, il n’y a rien à comprendre.” Lisiblement, il y a “l’homme à connaître”. Tout, c’est-à-dire : ce qui est moi & qui n’est pas moi. Le jeu prend toute la place du je, et tire à soi la couverture, à humeurs et à dialectique. Du coup, un coin de la couverture de langue, ici ou là, vient à manquer ; ou, pis, la couverture, ici ou là, vient à se craquer : introït — trou & trop — le réel, l’innom­mé, l’impensé, l’au-delà du bord du langage, du monde, l’en-deçà du fond des mots, du je :

faites comme si je n’étais pas là

Prendre la langue, donc, avec des pincettes. Au mot. Littéra­ement et... Au pied. Ou à laisser. Ou laisser les mots, le jeu, à la langue. Et le je avec. L’un dans l’autre. A prendre. Entre les deux : niaise écrivance ou folle errance.

L’abrupt dans le plat, c’est, sans bavure, la coupe dans le signifié qui fabrique du signifié : “l’homme à connaître par les villes dont vous ignoriez jusqu’à l’existence c’est moi & ce n’est pas moi”, coupé en : “l’existence c’est moi & ce n’est pas moi” ; ou, pré-coupé (avec abats) : “la viande est une chose à part / en­tière” ; “la viande il faut bien que / quelqu’un la fasse . les bêtes / il faut bien que quelqu’un se les / fasse .” Ou la coupe différée qui (sans ménagement) y suscite un signifié sou­dain un rien ou du tout différant : “les bouchers de nos jours du nerf”.  Ou la coupe bouffonne qui y parasite d’insignifiant un signifié bouffé : “le sang par terre qui blob / monte à la tête & la souille blob / pu­tride”...

Ou le signifiant qui à son tour, se jouant du signifié, produit du signifié : “Il y a un début à toutes fins utiles” ; “Il faut bien que jeunesse pourrisse” ; “mieux vaut tenir que pourrir” – et autres “lieux communs des mortels abattus” . Ou : “Il dévoilait les appas généreux de sa femme dans une maison de passe-passe. partageait sa femme avec une lesbienne gironde au clair de la lune.”

Le plat dans l’abrupt, c’est, sans détour, la relance par le signifiant qui fabrique comme machinalement (machiniquement ?) du signifiant : “qui vole une hache / vole une vache / & ob­­tient ainsi / une VACHEVOLEMOLLE” (8) (avec mode d’emploi à l’appui), ou (avec coup de pouce du signifié) : “LIMONADADANONYME / MÉRIDIONAL ADAGE / & LACONIQUE / ÉPOPÉE LAPIDAIRE / ACHÈVE ICI / TA COURSE / PETITE ODYS­SÉE / MÉDITATION SURANNÉE / PSEUDO MÉDITERRANÉE / ÉPONYME & LAPONE” (9)

Total : mots à la coupe, langue bien fendue.

 

Hapax — II (coda)

Trève de cachoteries : à nos yeux, ça les crève, il y a un enseignement de la littérature. Comme il y a un “enseignement de la peinture”. (Comme disait Marcelin Pleynet.) Or : “Il n’y a que la lettre qui soit littérature.”  (Jarry) A savoir, qu’il y a du savoir à la lettre. A la semelle de mes mots. Et qui n’est pas du vent. En d’autres termes : toute littérature, sauf à pécher par hyperbole idéaliste ou par subjectivisme un peu court sur la longueur, se sou­ient d’un çavoir qui lui est spécifique. L’écrivain, donc : “l’hom­me de lettres”. Soit : qui se manifeste par “les lettres” (sens plat). Soit : qui n’est fait que de lettres  (sens abrupt). Comme tout le monde (encore plus abrupt). Comme a dit & n’a pas dit Freud. Qui n’a pas lu Lacan.

L’écrivain, donc, à savoir : “l’homme à connaître”. Soit : qu’on puisse connaître (sens plat) ; ainsi : “rien à comprendre”, “à cirer”. Soit : qu’il faut connaître (encore plus plat) ; ainsi : “l’homme à abattre”. Soit : qui aide à connaître (sens abrupt) ; ainsi : “l’homme à tout faire”. Et certes, ce n’est pas de “poésie didactique” qu’il s’agit. Positivement. Qui, il ? A moins, on l’aura compris, de repenser ce qu’il en serait, aujourd’hui, d’un poème didactique, où le didactique ne serait pas, posé là, dans le contenu de l’énoncé (l’inscrit), mais lové, tu, aux lieux de son inscription même, dans l’insu de ce qui s’y chiffre : en creux. Négativement : “O vous qui avez l’entendement sain / voyez la doc­tri­ne qui se cache / sous le voile des vers étranges.” (Dante)

En d’autres termes : tenons résolument pour nulle cette opinion, diversement assénée, qui voudrait que littérature il y eût dès que suspension du critère de vérité, suspension de toute force illocutoire — “intransitivité”, “auto-référentialité”, fiction. Ultime ruse de la structure. Qu’est-ce qu’un texte qui ne ferait rien faire ? qui ne serait pas “vrai” ? Paradoxe pragmatique, que toute littérature : loin de les suspendre, elle les remet délibérément en jeu, et elle avec, de manière à la fois oblique et d’autant plus urgente, vitale. Écrire, donc, si ce n’était que ça : entre sens abrupt et sens plat, mettre en œuvre, à l’épreuve, tout un savoir insu de la langue, quant à qui parle, et qui pourrait se ré­su­mer, cette fois :

Tout énoncé est un hapax. CQFD ?

 


NOTES

_____________________________

(1) Vérole impériale I.

(2)  Au sens des rhétoriciens latins, mais revu par la pragmatique.

(3) L’homme à connaître.

(4) Parce que : Saint Jean le Chrysostome !

(5) Déterritorialisation.

(6)  Mes inhumanités.

(7)  Les oreilles me sifflent.

(8) Considérablement.

(9) Langueyage.

 


 

 

 

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