MANUSCRITS - 1
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ALAIN BOYER
"Ma Nue"
THÉRAPOÉTIQUE
Alain Boyer est
Professeur de Philosophie Morale et Politique
à l'Université de Paris IV Sorbonne
| A mains nues, pour Tristan, maître en mots
Time is memory But there is a time for everything Forgetfulness and forgiveness included
Du texte de plaisir Qu’il engendre une saveur au lecteur. De peu de mots, de peu de sons. Comme du bon pain, goûtée et partagée. Puissent des résonances en l’auteur bruire d’harmoniques frémissant avec les siennes. Tel un chant de brise au matin des plages blanches.
PAR LES CRIS Mixtion De sens De sons Des sens Et d’essences Opiacées Mots Morts Advenus D’être dits Nus Emus Beaux Et Pleins Plus Sûrs Qu’un Mur D’acier Pur
PROSES
Mal armé pour les dire, ces mots si beaux qu’une histoire est là pour les réchauffer d’affection. Les tenir en leur précis maintien. Quitte à parfois doucement les tordre en quelque sens avec souplesse. En réveiller de leurs nuits. Les couvrir de respect discret, qu’aucune mésaventure ne saurait épuiser. Ciseler d’eux des miniatures, obscures et claires.
Embrasures Epuré de l’émoi de sa vue, embrasé, rouge tison, émoulu d’aiguisoirs, empierré de couches de caillasses. Emoussé à en défaillir au monde, émondé de ses branches, élagué de ses feuilles, empesé de raideurs, embourbé d’ensablements, éjecté, épuisé d’effusions, égorgé de tranchées, érodé de râclures, éclipsé des lumières, essuyant des terreurs, essoufflé de saccages, enfiévré de froidures, évanoui de tortures. Epris de demeures, enfoncées à jamais, enlevé de rêves élevés, écarté de tout ciel, évidé, élimé, laminé, échancré, évisceré, écartelé de ruptures, rompu, roué de rosseries, éclaté d’écorchures, en saccades, étonné d’être encore, de corps à corps, désaccordés, désencordés, dévissés, dépliés, dénoués, déchirés de leur chair.
Evénementiel On assure à ce moi que je crus aimé qu’on ne l’aime plus. Plus jamais n’aimerai-je ce moi, tant qu’on ne l’aimera pas. Suis-je même, le même, plus aimé ? Plus jamais ne serai-je ce moi, sûr au moins de cela, de n’être plus aimé. L’ayant été, l’aimé, ne suis plus, ne l’étant plus. Qu’est devenu cet ancien moi, que j’étais, aimé, étant même d’aimer ? D’aimer se lover dans l’amoureuse idée d’être aimé ? En aimant que deux amants, en s’attirant, tels des aimants, aiment aimer s’aimer. Inconscient que j’étais de l’absence d’assurance de l’aisance d’aimer. Passé, le temps d’aimer être l’aimé, ce moi de joie, qu’il n’aurait jamais cessé aimer d’être, si la fissure d’un instant, venue comme une chute nue, n’était apparue, le moment d’un néant, et n’avait précipité l’avènement de la mort de s’aimer. Dur le silence de la romance des anciens présents innocents, que l’on ne saurait ranimer. Que peut-il arriver, tout événément s’évanouissant, devant cet émoi du moi qui n’est plus ? D’autant qu’il plaît à l’aimée, anciennement arrimée à l’aveu qu’on lui plaît, d’aimer s’affirmer que ce moi n’a pas même pu lui avoir plu, lui qui n’est déjà plus ? Pleurer à cette pluie de jamais plus, ne peut qu’émouvoir à mourir l’ancien moi. Sans cesser d’aimer l’aimante pensée de l’impensable et tant aimable advenue de l’être aimé de nouveau. ADRESSE Amis, vrais, qui sont là dans la tourmente insistante des absences de l'élue, merci. Ayez merci de moi, autres amis déchirés par des mots en trop, que le flux les emporte, amis, hors de là. Si la douce plainte vous touche. Amis, sondez le silence des fêlures, le sourd suicide des regrets. Songez aux dérives impossibles dans les méandres du souci. Accueillez l’offrande des questions sans réponses. Des pleurs froides de l’ennui. Souffrez que l’on vous impose les phrases lentes du vide. Les traces parlantes de la mémoire vive. Les fruits secs de la sereine inconscience qui a fui.
Désunion La lumière aisément se reposait au chevet des amants. Comme une union de communions. Sa grâce de miel ployait les chagrins, inondait les coursives du cœur et courbait le temps dans la douce durée des instantanés de jouvence. Sa déshérence a sapé les soutiens du soleil. La césure aveuglée dessaisit les palans et noie les envies de vie.
Joie Les arbres la désirent. Les vagues l’enveloppent de gifles de calins. Sa crème et ses vallons sont aimés des vents. En son corps se condense le chant des paysages vêtus de nuances nâcrées. Ses jambes s’émancipent des ruelles, et succombent dans la mousse fraîche aux bourgeonnants météores sous la lune rougissante et jalouse. La nature en elle s’extasie de florescence. Son impérieuse pourpre l’enchante de violine en bucoliques symphonies. Leurs liens simulent des correspondances dénudées de fioritures. Floues comme des brouillards denses. Mais vraies de leur intense insistance. Que l’aube et le soir la révèrent comme une icône de leur berceau.
Alliances Lianes intimes. De l’âme et du sort, des odeurs et des flammes. Unis d’être émus du même son, de la même dépense. Amants attachés à de semblables épousailles. A vivre et sourire au même chant, le corps s’apaise en cette soudure. Comme enfants du même sein, plaintes et douleurs, regrets et fractures s’emmêlent. Et s’entournent, enivrés de leurs sens en miroir. A s’embarquer ensemble pour dériver à loisir, puis hurler, et s’empaler dans l’idée de leur proche distance.
Summertime La robe de ses floribondités encerclait les lueurs de senteurs. Elle dénudait sa peau comme on ouvre une voie. Si légèrement que le gris des jours en partait. Que s’emballait la viole des cigales. Elle était à l’affût des perles d’instant. Telle une courbe cuivrée ennuyée de repos, elle suivait de ses mots les échos de ses pas. Enrobée de ses yeux, la nuit se couchait à ses envies. Les bruits silencieux de ses parutions n’étaient que rousseurs. Et l’absence de sa laisse de haute mer laisse nu.
Île Seul à soliloquer. Seul à repasser les tissus flous des ensembles passés. A solliciter les sueurs suaves des souvenirs. Saoul de sapides rêvasseries. Esseulé d’indigentes espérances. Assuré de l’absence, encorné d’élusifs désirs. Essouflé d’impatiences, incrusté d’inassouvi. Pâlissant de réserves impuissantes. Assoiffé de soupes de bruyères éteintes. Enseveli sous des tapis d’oublis. Désaxé de son sol. Enroué de seuils infranchissables, tels de hautes marées dévorant les imprudences. Isolé des alliances, mal désenvoûté des prises de la grâce de son port. Nef dérivant aux vents, envahie d’algues salissantes. Ivre navire sans attaches.
Mur de corps Le son de sa chair n’est plus que mur. Dru de silence. Glacé comme une échancrure de banquise. Encloîtré d’évidences ensablées. Mur de cendres crispées. Epuisées de clôtures. Aucune ouverture ne se prononce, ne s’annonce. La neige est incolore sur ces fleuves de simple survie. Son corps d’assurance pleine s’éteint dans les glacis. Entourée de brouillards, sa peau d’oripeaux se couvre. Ce mur est plus dur que le plus ample des bagnes. La sonorité de ses belles fatigues n’a pas d’écho. Le cri s’emmure et se retient de retentir. C’est le gel de sa chair qui se dresse en voilures de vents froids.
Echancré L’échancrure de la gorge étreint, déroge aux promesses. Elle déchire les maîtrises, évacue les piliers de soutien. S’étire en crissant dans les interstices des faibles croyances. La parure est de flammes, et consume les raccords fièvreux de la résistance. Echarpé par la section de cette pure scieuse, l’enivré de la svelte vallée s’ennuie à divaguer en des plaines sans moulures. Son erre est d’emprunt. L’échancrure n’est plus qu’élancement. Etiolé, inspire ailleurs les vents légers de la candeur !
L’arroi défait. Désarroi du désuni. L’équipage est démonté, le nous dénoué. Tranchée la liaison des corpuscules aimantés. L’attelage aux vents livré s’est enlisé à s’en briser. Le legs en est le détachement des douces glus. Corrodées les attaches de corail. Décollée la pression des airs complices. La scission disloque les vénérées fusions illusoires. La fugue de l’alliée retentit dans les échos de son renoncement. La dette sans fond de l’esseulé se déverse à profusion en averses de semonces. L’infirmité est sienne. Que n’a-t-il su tenir l’équipée ?
Leurres Larmes d’absence. Désarmées de silence. Sourdant de trous du temps. Durées abondantes criant leur involontaire naissance, leurrées par de brèves dérives de côté. Coulant d’émois enkystés de périls inachevés. En l’aven qu’elles creusent de lenteur, s’essoufflent des siroccos tournants d’épuisement. Des courants de vibrantes stupeurs. A la caresse jumelle d’astringentes rugosités et de douces délivrances. Reine est l’ambivalence des pleurs.
Sous le vent Délassé, les vents dansant des gigues trémoussantes Effleuré de suies flottant au gré de courants effarouchés Enivré d’enroulants soulèvements figés dans leur vol Elimé de frottements de givres acérés Ecorché d’acescentes fluidités, fuyant de sources dormantes Délivré de langueurs par des grêles incisives Eclaté d’incessants assourdissements Epuisé de lames revenantes, innervées de fouettements Désancré de la vase tranquille en typhons de tourments Ecrasé d’éventrements de houles ahuries Ebloui de foudres incendiaires ruisselant de meurtrissures Décroché vers la faille sans fond Dégrisé, par le grain pris d’effusions Enlevé dans les voiles ensalées d’alyzés Emmené par l’élan folié de flux déliés !
Ciel Les astres vagabonds zigzaguent en ordre, à des encablures de l’abandon des mortels. A leur aune, frêles sont les solives des errances telluriques. En embuscade, les résurgences lucides de fêtes anciennes ne laissent pas d’éblouir, à ne plus voir les nuits. A grever la mémoire de dettes enfouies. A cimenter les envolées d’envahissements pesants. Garotter le souffle de serrements tenaces. Inonder les veines de séreux et lourds poisons. Fuir vers les boréales, s’irriguer de nuages laineux, s’aérer des sols de glaise, ensemencés d’enterrements. Epouser les sept cieux. Les semailles en seraient plus folles.
Avivé de vous A vif, je vois que je rêve : avoir cet aveu venu de vous m’envoûte, et je m’avance à rêver de vivre d’innovantes voilures. De vous à moi, de nous à vous, j’avoue vous vouer de vivants envols, à voler le temps, voilé de voissures douces, à se vendre à vous d’aveux de violents velours. A virevolter de lentes distances, en vents chauds, auprès de la chair violacée d’éventuelles caresses. Que je voudrais vivre en vos charmes nus, venir en vos graciles voies discrètement velues, et voir vos avenues. De vires en vires, d’envies en folies, vibre le vouloir viril de vos enivrants dévoilements de verre, évoluant tendrement comme la vie à la vue de vous.
L’ARC Son arc en ses cieux m’a blessé de cent morts. Un geste m’aurait pansé. Nul n’est venu, nul n’a su dire la morsure de la fuite. Isolée, tel un fervant silence. Enfouie sous d’étranges verbes d’insolence. Accordée mon insuffisance. Admise ma suffisance. Suppliés son pardon, ses dons et ses oublis. Vains et vaincus, ces mots se perdent en lamentations irréelles. En suites de riens immobiles. A l’ombre des sentences, qu’ai-je bu? Des liqueurs immondes, des semblants de repos. La repentance défaite se berce de sirops. Qu’à l’orage pendu sur moi surviennent des éclairs. La brèche ainsi ouverte se nourrira de mues. Minuit de nos nuits, midi de nos vies. Passent les heurs, reviennent nos instants accomplis. Simple évanouissement de fols désirs. La joie des mémoires s’est perdue. Dans le lac enveloppé de nuits des tristes temps, la fissure est rouge et ne se resserre pas. Ciselle tes mots d’elle. Qu’élégances se joignent, endormies dans les ailes du jadis. A nul moment revenant promises. Adouci en sera le gouffre de cette ignorance nouvelle, aussi pleine que la voie des engendrements d’échanges désormais tus.
Maeror Nul deuil ne se dit. Cela flue en soi comme une suite de descentes. La coulée des confiances, la fuite de l’établi. L’à jamais ne se lasse pas d’égorger les restants. D’étouffer les parlants. Crue est cette lame cinglante qui fouette celui qui demeure, celle qui erre, sans voie. Le flux arrêté des présences, aboli sans douceur dans l’instant de la fin. Seul en ces ombres, que faire que de dire, et si peu. Qu’aux amis soit réservée leur voix. Contradictions. Mensonges de dire et de faire ou de ne pas dire et d’avoir fait, ne pas avoir dit, mais redit. Enrobés de cruelles franchises. Tant de flots de dires froids sont se mentir à soi. Où est la vie passée, mordue de fausses histoires ? Engrangée dans de tournoyantes versions, la raison s’embrume, ne se connaît plus. L’écoute est si dense en ces fables qu’elle s’épuise à entendre. Que suis-je là, à m’enlacer de dictions contraires ? A s’engloutir de romances, étranges remontrances du révolu, se perd l’assise d’où parler.
Messe Chute de cascades virulentes de paix dont on ne sait d’où elles sourdent. Nulle autre ne permet de monter sereinement si haut, dans l’accomplissement de la voyance des sommets. Flux de méandres ordonnés, ensevelissant sous des entrelacements de sombrure et d’ouverture les nervures des sentiments. Ivresse riche des cîmes, enlacement des vagues ensemencées de voilures étincelantes. Retour des hautes marées du ciel. Puisses-tu demeurer dans l’élégance des ambiances rompues d’étoiles. Comble de l’aise, à l’aune des misères nues, des vœux immenses de luxuriance chantées, merci de ces renaissances incessantes de joie mesurée. Elle parle de tes eaux rapides au flanc de mes parois d’argile fêlées.
Lande Sur une lande, ventée et fuyante, je me suis égaré de toi, comme en un sombre dialogue délaissé. Ma garrigue d’ajoncs, ma brune clairière. Nos chants se sont séparés. Ne méprise pas ces anciennes alliances. Dont les brises encore s’entendent. Dans les bruissements des éclairs noirs.
A l’incertain de rien Rude incertitude. Mortelle situation, dure à durer, endurée. Pour l’ensserer dans les rêts et les filets des attentes sinueuses. Si déçues. Si reçues, mal, dans l’inquiétude sans plage, comme à terre crue. Bloqués et attachés au passé joyeux mais boueux des sursauts vains et malhabiles. Enlisement dans l’inachevé, sans fin que la faim d’entendre. Rude lassitude. Aux certitudes éclatées dans le vent lointain et sourd. Nourriture de riens, que d’herbes sans soucis. Que d’hébétudes nues. D’insouciances divertissantes, oublieuses, en passant. Terre à venir, seule certaine rudesse à croire.
Concert La cadence en est stricte, elle enserre de striures bleues. Dansent les désaccords improbables, les chutes à peine retenues. A s’enivrer de luire de désirs enrésinnés. De valser de feuille en feuille sur le bois époumoné, s’épuisant de salves en salves, de balances instables en fiers aplombs. L’aigu se charge de murmures et flambe à la volée. Le violent se retourne en chaleur et chaloupe enveloppé. Et s’enlumine de grâces ennoblies de vigueurs, servant follement le pur éclat des sons. L’âme de l’outil secret resplendit en douleurs. Qui résonnent encore en leurs harmoniques des huées chasseresses de l’échappement de la désirée.
Douches nues Douches nus deux de bouche en bouche douces. Douches d’heures insues sur la couche. Pures souches de saleurs sylvestres. Envol de mouches, libres fibres de corps embouchés. L’œil embué de louches de baisers. S’arrache la moelle de ces bouchées ! S’éloigne le croire en la revenue des couchers doux. Mortes sont les douches rouges des anciennes envolées. Des bruits étouffés de drapures écorchées. A Dieu, s’il est, ces douches bues, ces bouches lues et relues, closes
Rêves Détruire. Rien à dire, sinon que cela, de soi. S’obscurcir de tout. A n’être plus, pire que ruines. S’enfoncer dans des marais mouvants sans nuances. Ineffables remugles de fluidités aveugles. Et se perdre en effarantes spirales. De sueurs se sentir sauvé, mais remué par les ronces. Plonger à nouveau dans les doux enfers. Ceux de l’enfance des foudres sans grondement. De la naissance des flêches suaves des débuts. Des grands espaces où l’on déambulait sans prédire. Illusion des retours, berce-nous. Mais d’errer tu te lasses. Ne demeure alors que le champ large des chutes indéfinies.
Rangaine Quelle vienne, et que revienne le temps de Vienne et de nos enivrances mozartiennes. Le temps des attentes anciennes, qu’il nous en souvienne… Tilleuls de valses et de vins blancs. Que surviennent encore ces instants d’émouvances perdues. Si perdues qu’aucune antienne ne les donnera nouvellement devenues. A parcourir les allées de la reine, nous nous perdîmes, le soir venu. Qu’advienne en la mémoire la souvenance de ces impatientes jouvances, au fond du long fleuve à jamais éperdues. Est sue l’impuissance à vouloir voir venir qu’elle revienne. Fasse que le temps de Vienne ne soit pas si lancinant, que les violons des jardins ne se lassent point d’épouser les silences advenus de cette voix sienne, sans retour.
D’anciennes ruées La rue de tes jambes se rue sur l’ému qu’est moi. Jambes blanches rampes de sable des plages anciennes. Sage ruissellement de joie. Emoi de l’antre qui entre en mon œil à ravissement d’éclair. Ose l’écart, ce soir, au détour de tes lances de chair. Laisse chanter des larmes d’effroi, en la chaude patience des bras. Laisse paraître en la pudeur des envois l’indécence des silences. Souple violence d’entre les jambes. Simple apparat de grâces tant immenses, source sucrée de puissances. De lentes apparences survenues. Pistes de glisse de lisses bandes d’écorce de branches nues. Cuisses douces de toutes les routes indéfiniment longues, d’infranchissables absences, éternelles, et si denses. Pense, et danse innocence, à l’amputé de ces ruées nues.
Remambrances Tu te remambres des danses d’été, alliance de membres, qui ont été ? Tu te souviens des riens, des communes amours, sables et cieux, de vents et de nues ? Tu te rappelles, ces fulgurances brèves, ces graves lenteurs, ces douces dunes de caresses laissées à la bruine environnante enivrante des étés ? Perdus les mots qui font devenir les choses et les sauvent, en les berçant de leurs soupirs, refluant sans cesse en caresses de souplesse et d’encens. Elles ont fui les images rouges et fines des écoulements des soirs, des emportements des aubes. Disparu les désenfouissements de lumière de tes yeux à la voix d’harmonie. Se sont écartées les grâces de tes jambes emportées par le silence des nuits. Il ne te parle plus le murmure des feuilles de souffle épuisé Ne te pousuit plus la gloire des fols instants étoilés de tes rires. Te remambres-tu des transes d’hiver, blanches traces de lueurs qui ont fui ? Te souviens-tu des corps vêtus de simples augures, de pures élégances de syllabes disparues dans l’air nu ? Te vient-il encore le tremblement des attentes épanouies de flueures grises ? Elle t’accompagne encore la douceur des enfances de tes grâces inconnues ? Ils sont partis les fils si faciles de tes cris. Embarquées les errances des envies les plus blanches. Noircies les voies des peurs des heures perdues Elle ne te parle plus, la bouche de mon souffle amouré. Il ne te suit plus le souvenir des bleus miroirs de nos soirs enivrés . Chuinte encore la plainte de ton envol si noir.
A nul autre jour Nul, dis-tu, néant. Nul doute. Nul à souhait. Nul nu, nul su. Nul vu non plus. Souvenirs à nihiler, attentes nullifiées. Rien, sinon des nons. Nul nom. Nulle disparaissance, nulle renaissance. Trou de béance nue. Noire, et nulle lune au loin. Trop lente existence à nu, sans nulle ouverture, que l’annulation de nos nulles et une nuits. Ni nu ni connu, nul et nuisant nocturne. Nuisance en errance au soir noir des solitudes anéanties.
Fièvres Qu'elle me laisse, harassé, que sa forme fluide s'en aille des entrailles de ma lourde mémoire. Tel un alizé lisse qui s’exténue en graves sarabandes éclatées. Tel un chapelet d’étoiles grises au matin surgi en d’agrestes lumières. Comme une mélodie envoûtée d’ombres sourdes et fuyantes. Que s’apaise la rumeur de ses réapparitions ardentes. Se cimente la voie des fraîcheurs. Qu’advienne enfin la défervescence.
Limbes Terrain nu. Vague et sans distances. Hors des rues. Loin des sentes et des voies. Brume imbue de silence. Le gris des saules s’indifférencie dans les pleurs des pluies insensibles. A perdu de vue, le nu des vides se répand, sans écho. Que des sommeils de lentes caravanes blanches, des ombres de fausses couleurs. Des mirages de glace anéantie se pâment sans bruits. S’évanouissent des faiblesses informes. Se glissent, mornes, des espaces d’errance. L’air seul se tient, rare, dans des plaines d’impasses.
Feintes Feintes les éreintantes lancinances de l’ouvert clos. Suantes de rosée lasse les matins de conscience. Ou n’est-ce que reluisances de lassitudes. En partir. Vers les tremblements de vertige de vierges assurances. Sans croyance. Que de chutes. Ombres de mémoires assidues. Déçue l’amnésie douce des réiterations indues. Des espoirs mentis. Des abandons défunts. A l’aune des parcours ensablés. Errements d’erratiques éruptions. Blessables irruptions des souveraines danses déchues
Lances Lames de femme. Flamme de jambes écoulées, comme une anse de vents, assouplie de révérence. Mort celui qui les enfouit dans les courbures de ses tristesses. Que vivent les aisances de vos décentes postures, de jambes lancées au-delà des fugitives apparences dans leurs dissemblances rêvées. Des charmes de ces lances, nul n’a le secret. Comme d’un regard lancé à l’aventure de vos séduisances inavouées. Grâces de l’instant, au tranchant de vos danses de lamelles cruelles.
Ponge Le pris parti du pain. Partagé à la cène. Bon comme la crème de l’amour chaud. Sain comme les atours des dieux. Bénit en leurs séances de femmes enlacées de mie nue. Mie de tièdes suavités. De calleuses peaux enchassées de chaleur bleue. Et les craquelures de la croûte s’écoutent en la moiteur des matins en allés. Comme farine dispersée à perdre le goût des ripailles.
Pays Fuyante herborescence d’évidences enfouies. Quel est ton nom, dans le bruit qui sourd des orages parus ? D’éclats denses dans la transe des nuits. Ton nom d’orge et de blé naissants. Ton nom zélé de songes qui rongent les terres ensemencées de pluie. Ton nom de mains des artistes du sol, manuelle aux ailes de vent. Courbé sur tes collines embruinées de grâce. Terre à terre, nue sur nue, souple finesse des travaux tendres de l’amour mort. Voir le nouvel an fleurir tes tendresses. Le bleu te revêtir d’essences méconnues. Choisir pour ton nom des désirs d’arborescence. Vienne la moisson des nouvelles senteurs, des nouvelles ardeurs. Si vent le veut.
A demi La moitié de soi, ce vide écru, là, sans voix. Chaleur échappée, douceurs écharpées. Abîme tournoyant autour des pauvres regards délaissés. Coupée à vif, au mitan du moi. Comme l’arbre à la foudre abandonné. Le souffle écartelé. La membrure amputée, déchirée de violence. Sa chevelure noire s’enroule encore en fantaisies nocturnes. Pure saison de ténèbres. La plénitude est rare, la division se fait ample, et s’enfle au rythme des partitions. La coupure est sûre, et l’attente est vaine. Croule au creux des reins le rien des solitudes écorchées.
Bouche noire Verdures de soyance, son corps en sa peau, lente fente à flots, mer des tourmentes impatientes, sente chaude des voies drues. Tournure des surs plaisirs, démences plues, gorgée de splendeurs crues. Noir volcan de pures plaisances. Lieu des liens des corps, déliés de la présence du monde. La flagrance des suées se fond dans ce don des sens. Opaque vibrance des tapisseries de réjouissance.
Brulûres Braises de non-dits. Sous le feu bleu des colères, laisse embraser les corps. Brisés les oublis, que s’allument les scintillements des souples ampleurs du plaisir. Les chuchotements sourds des gestes de l’accord. Laisse, blessée, la simple sûreté des anciennes mémoires. La blondeur des incendies nous souffle de nous taire. De leur fuyant silence abolir la fureur. Les racines brunes craquelées de distance crient leur désir de terre. Mue par les saveurs des feux, l’étrange présence des hanches et des branches aimées enflamme les cendres en fumée. L’incandescence émue s’enfouit. Et sourd des brûlis noirs.
Calme froidure Rideaux fins d’eau gelée. Transparence des lins gris. Ses nus sous des filets de givre lucide. Nus de fraîche campagne. Nus de soupirs lents, des lenteurs de banquise. Le déshabillé des frissons couvre tout de sueurs froides et de mousse douce. Des nuages candides envahissent la peau de stupeurs jamais lasses, grisées de bises frileuses. La fluidité des larmes glacées l’enserre en ses hivers. Belle en ses blancheurs, sous les rares fils des drapures dénudées.
Antilles Un an sans ses seins ses mains ses reins. Soit rien. A l’insu de ses sens, la sylve de ses liens manque aux miens. Les siens sont si certains qu’il s’invente en moi des senteurs moites de calins sereins, dans les aubes suantes des salins. Des brins de lin parcourent ses seins, en la saine plénitude des soutiens de sa gorge éteinte à moi. Ses soleils enfuis luisent encore d’un diamant plein de sucres et de vagues brunes.
Aube d’or La ferveur au grisant goût amer sort des océans. Surgit des jeunes lumières silencieuses de l’étoile rouge. S’endort la douleur, s’expriment les senteurs argentées des corps. S’allègent les lourdeurs sombres des soirs. La cendre oubliée s’émeut. En ses ors ductils s’accomplit la tendresse de l’aurore à venir. Les fiancailles des splendeurs et des horreurs du noir se fraient des chemins de fortune. Mais ne s’édulcore jamais l’odeur dorée. Heures fraîches où s’évanouissent les souvenirs morts. Et l’or du bonheur l’emporte avec le vent nouveau-né. Adorée la peau de soleils émue.
Absente présence La présence de son absence m’est impuissance. De rêves perdus d’essences rares. De lueurs épuisées d’endurance, aussi faibles que la déshérence. S’enlisent ces nuits fatiguées de telles nuisances. Que viennent les matins d’oubli. Que naisse la nouvelle adhérence. Ô femme, que le jour se fasse, de flammes, ami des fastueuses puissances de l’inattendu.En Suspens Latence. En silence. De froissures douces. Où disparaissent les fractures trop mûres des mésententes. Où se glissent les ouvertures des possibles alliances, telles des fumées paraissant au loin à pas menus. Paix des attentes sans fins.
A ceux qui savent Remonter des abysses. D’où surgissent les ampleurs de l’amicale caresse des mots purs. Le vin de ces orpailles vaut cent tonnes d’or. Que le piano chante à ces trouvailles indélébiles. Que le temps des erreurs se joue dans les épreuves. Il suffit qu’une présence se presse à vos souffrances, pour qu’elles fuient comme filles du désert. Soyons généreux de la prestance des amitiés.
Cantus Mundi L’art est gloire. Des arbres et des femmes, des aubes et des hommes. Des couchants sur les marées longues, et des grimpées vers l’air absent. Ses armes taciturnes sont des bronzes ardents. Images de songes, formes lancées, mélodies parfumées, gloire toujours. Des vides et des seins, des ressacs et des flots de mesure, et d’excès parfois. Que le monde parle, en ses crues d’excellence. Gloire même des déchets. Des trouées de nos carences, des chacals de nos déchirures. Gloire en soit livrée aux ententes des mortels.
Nescience J e sais que je ne sais rien d’elle. Cela se sait. Se saisit. Au fil des recours à la mémoire incomprise. A la main se sait le savoir court. S’empoigne en vain le glissement serpentant de ses membres ombragés d’oubli. La quête en est amère, mais les anciennes croyances sont d’automne, et le ciel rebluit d’étranges chemises nouvelles.
Surpris Entartré continûment de foules d’esseulements poussifs. Qui entaillent les envies, enfournent les saillies, désintégrent les élans. S’enfouir à nouveau dans les renoncements de la résipiscence ou les radotages de l’embarras. De cette chappe, sévader ! Réduis les décrochements, épris d’espaces, longe la digue des patiences à l’azur cimenté de surprises.
PLIS La pliure satinée de la vie, endormie de jeunes plaisirs, soudain, se dévoile en zébrures de marbre froid. La cohésion s’est dépliée. Chiffoné de sommeils, l’éveil, en un éclair sombre, noircit les draps encarréssés d’illusions entêtées. Au pli de ce crissement, s’éteint le souffle, se replient les voilures. Il pleut des plaintes vaines. Les rideaux fins des incidences de lumière se nouent de contractures. La roue est en voilage, et ne s’enroule plus. Le repli des longues ondes emplies d’or se fait morsure. Plissé de tristes danses, de voils de brume, le naguère enveloppé de femmes douceurs, dorénavant roué, plie sous les fers. S’entonnent d’inédites brûlures. Suppliant les errances de se déployer, dans l’incertaine attente d’inédites souplesses, l’enseveli se replie dans l’écrit, arboré comme un surplis surabondant d’emplissements désirés.
Névrose De l’un à l’autre, la tension veille, dans un lacis de venelles où ruminent les méprises. Elle s’étend sans clarté, assombrie dès l’indicible origine. Une séquence enterrée de jours irrévélés monte sans s’avertir. La taupe des secrets a creusé ses trouées pour effondrer les lits de plaisirs. Ecarquiller les mutismes, délivrer des représailles inconnues, solder des venins enclos. Les ressentiments rivaux, emmitouflés naguère par les embarquées du désir, s’ouvrent des sentiers au hasard. L’un et l’autre sont pris dans ce lacet de pierres embusqué. Nul n’ayant prise sur l’ayant été, embourbé de visions courbées. On n’entend plus que des filaments de récits partagés. Faible est la chance du lien. Le départ est invincible. Et se dit dans le cri.
Toutes les fleurs de l’histoire Au fin fond de l’enceinte, hostile et noire, la silhouette à peine aperçue enfume les remparts, écroule les théâtres et brise les pertuis, étranglés en débauches de chutes envahissantes. L’obscur de ses parures de fleurs ténébreuses sombre sous ses rires de roses déployées qui s’épanchent, telles une longue vague épandue sur les sables fragiles. Le flux de ses lentes cavales envahit les veines à bleuir de parfums suffocants. Telle fut sa venue, tel sera son partir, ombré d’entre-temps soyeux comme des pensées veloutées, présents comme des senteurs assoiffées d’allégresse. Le fumet de ses déplacements sinueux innerve même les rus rosacés de ses éclipses. Ses pétales empanachés de mauves et de nuits s’envolent à l’air mouvant. Nul qu’elle n’est maître de sa dispense. Mais son évaporation sonne encore tel un silence cru.
BALLADES
Cet envol Pour mort A laissé Mon corps En parler Pour l’or De son sort Qu’en moi Délaissé Ne soit
ENVOL Tes yeux sourient, Déliés tes seins délirent L’humour prend vol Ta voix s’extasie Ton visage refuge étrange de suavité d’ange en errance à s'en enivrer Nudité sculptée de voie lactée éclatée des étoiles rieuses soucieuses berçeuses langoureuses affoleuses de la simple puissance de l’aise de l’aisance de la magnificence de ta présence
Ma sûrance Était Suffisance Elle Alors En partance Délivrance Dit-elle Absence Inquiétude Des quiétudes Disparues Dénudées Des gaîtés Envolées Temps ! Calme Le drame De l’âme Sans armes
AMOR bois mort et moi sans toi moi mort sans l’or de ton corps mort à mes mains à mes regards à mes soins l’absence insistante et brûlante des silences de tes cris ma douleur ta douceur échappée ta senteur de goyaves tes paroles bues délices grâce qu’enlassé sans cesser ton dos de caresser des nuits et des soirs ma douceleur ma chandeleur ma chaleur et mon heur mon dessein serein des dessins de toi de tes seins
SANS TOIT Vie ne m'aime plus fleur étoilée rosée de tout le jour Sans toi Plus de goût de sel de sucre d'eau de mer iodée de vent clair de nuit de silence de saisons de vie de parfums féminins de poitrine élevée tel un objet d'art pas d'envie de la vie absente parente de la nuit pas de sourire en n'en plus finir pas de pains épicés des îles de senteurs de Cologne de Bruges et Gand dans le vent de Grande Anse Pour tes hanches Qui s’élancent Dans le bleu Perdu Plus de nymphe à la nage de Vence ta danse avec les eaux enfouie dans la mémoire noire élance la souffrance
MURMURES brisure déchirée de durer désirs des ires des îles de zébrure de sang manqué de vie sans mesure sans mourir de luire noir de nuit sans nuire et sans rire sang rien plus rien que le mur du murmure des riens
SANCTI Corps de seins de corps sain sainte de charme et ceinte de larmes stellaires seins de nymphe et sainte dame saine d'âme enceinte de joie seins des seins dessins de sainte parfumée de des Esseintes sainte des seins des seins de sainte Beauté
Fuyants souvenirs d'amours étincelles de rouge et d'étain Ton icône est là toujours et toujours comme des vagues sans fin nuits et jours d'absence et de rien toujours et toujours ton image empoigne rêves et pensées seins de charme sourires d'aurore brûlants de cuivre ensoleillé rires de tout et de riens caresses ressassées vagues de caresses et de mots vagues divaguant dans le temps immobile des amants si présent des amours
à dos de nymphe caresses de chat caresses d'un doigt loin de la peau caresses de frissons d'un corps nu qui ne m’est plus
ÉMOI Loin de toi de dire de redire en des soupirs de sourires que tu aimes ce moi qu’est moi Loin de moi de dire que je ne t'aime que je ne te désire sans partir défaillir Loin de moi tes yeux d'airelle ta bouche de rire Loin de moi tes seins de lune tes hanches de liesse rêvée au creux du lit Loin de moi ta voix ton port et ta joie Loin de moi mes heures de souvenances des tourbillions de ton corps et de ta voix Loin de moi la peur Loin de moi toi
colombe ensoleillée déluge de crème fontaine de douceur caressée mille heures d’affilée en filant sur tes pores le souffle de la bouche le doigté des mains étoile ennuagée de rougeurs pâles panthère de délices colline de splendeurs enroulées de rires béatitude nue vêtue de joie
DUR DE DURER c'est pas dur, tu sais, d'mourir c'est pas dur du tout avant on n'est pas mort après rien du tout c'qui 'est dur c'est d'renoncer à ses souvenirs de la vie ces souvenirs d'amour tout ce qui fait la vie ce n'est pas dur d'mourir, tu sais mais c'est dur de laisser ne plus se prélasser les images de ton corps les images de tes mouv'ments de tes dires et plaisirs de tes sourires et tes mots c'est dur, tu sais, ça, plus dur que de mourir amour mourir tes yeux me font c'est pas dur , tu sais, d'mourir ... sinon de renoncer à ton souvenir de renoncer à ton corps flamboyant de sourires de renoncer à la vie que tu es
SON ma raison ma chanson ma maison de suivre le vent mes saisons mes salaisons mes craquaisons d'aimer mon songe mon monde ma ronde nous nous savions nous nous rêvions mon irraison ma trahison mon non
SI BON de rêver à son amour de sons à son amour de sein
à endurer le dur désir sans mesures sans réserves sans but autre que d'aimer celle qui est la forêt sombre des désirs des songes de l’amer doux et tendre dur à durer plus longtemps que le temps dur à durer l'éternité du présent de ton plaisir à venir sans venir à l’avenir dans les soins des cendres
RIEN Aux lointains des eaux Aux lointains des sables Aux lointains des aubes Aux lointains des nuits Aux lointains des lunes des dunes mirage te vois je toujours partout dans le désert des heures à caresser à honorer à chanter à écouter à charmer rien sans sueur de corps sans saveur de cou sans parfum de bouche sans soie de jambes sans voix de chant sans sourire de nymphe`sans sable de peau
FINIR Tombé Noir Nul Dans les flancs Immobiles Du temps Du vent Sans fraîcheur Sans chaleur Se coulant Au ravin De la main Sans demain Ecartée Eloignée Se glisser Dans le chemin Du rien Pour ne plus Jamais plus Non plus En plus Errer nu Sans sortie Sans soleil Ni sol
DÉGUSTÉ Lentement A voix basse Chocolatée Mozartisée Requiémisée Kyrialisée L’enlace De tes reins Si seins Serains Sans rien Que le son De tes mots Oubliés Dégustés A l’appel De tes faims De tes liens Mélodie Nue De sons Inentendus
BELLE A SOUFFRIR A sourire Belle à courir Nus Belle à survivre D’images sues De sueurs émues Belle à souvenirs De cris De rires Et de miroires Tus Belle à danser De lançées Dans le ciel Des mémoires Nues Belle à croire A l’invu De tout cru De tout dit Belle à ne jamais Voir Sans savoir A nu
Au delà du corps Au delà des mots Au delà des heures Où sont les partances Où sont les devenances Où sont les inerrances Nulle part Nulle pure Nulle à venue A force de faiblesse A force de paresses A force de caresses Eperdues Dans la venue Des ignorances De ma vie devenue Perdues De vue De lues et de crues
RATURE F êlure fracturerDur Des amurs Mûrs sans mesure rupture césure brisure cassure d’armure sans suture Future Rature D’écriture Bavure Au fur et à mesure A lecture De la gravure Sur L’impure Noirçure Si sûre De sa parture
TA VICTOIRE ? MÉMOIRES DE MA NUE DES NUITS NOIRES MORT MURMURE TON MURMURE DE MUR A MA MORT MOI MUR DE MON MUR NU MA NUE MURE ET NOIRE DE MA MORT TA VICTOIRE MÉMOIRE DE MANOIR ET MA NUÉE DE MURS MORNE MUR DE LA MORT MUE DES NUES D’AMOURS NUES DE MORT DE MORSURE FANTÔME DE MOIRE NOIRE MAIS SURE ET NUE DE MA NUE DE NOS NUITS A MA NOIRE MORT ET MA NUE ELLE EST TUE
BYZANCE L’assurance Dense Pense Et danse En la stridence Des sens Enlacés Et lance Ses anses D’errance En partance Vers Byzance Oubliée Absente Perdante L’essence Bruissante De la jouissance En silence Volée Sans renaissance Evanaissance Et semblance De flagrance Fauchées Et la pente Rampante Descente A l’absence De sens
JAMBES Liesses Qui laissent Des traces De danses Blanches Enjambent La pente Des sentes De longues Surfaces En blondes Semonces Qui serpentent Ce monde Parcouru Des enjambements Glissants De mots Jambés Des lisses Descentes Enivrantes Ecartelantes Des parturiantes
FLOYD Des sons de sang surgissent des sources du sens Des songs de sang sans sens que de chant Des dons de sons si soyeux que des suées Des ronds de jambes aussi longues que des suies Des souvenirs à venir d’entre les dents Du rythme des membres de la nuit D’où partie tu fuis Longue à la fuite De la durée Dure des sons Roses De ton nom
MAL À mon mal Le même Que j’aime Le mal Du mâle Aimé Mal Moulu Mal Mordu Et Mou Du Coup Mal Vu Du Non Su Mal Et mal Mort Et Ma Mort
MAL VUE ma nu ma nue ma manu nue ma numa nue et nue mon amie ma vie ma joie mes secondes mon aube mon sommeil ma nymphe mon éros ma nuit mon azur ma nue manue manu nue disparue sans issue cabossé cassé meurtri la vie à vif à sang vidé soufflé brûlé étouffé sans toi ne puis puits de mes jouvences mon chant de zébrures ma clairière mon soupirail mon feu ma torche Trou de soleil Sable de peau Soie de l'eau Toi si haut Soif de beau de ton cou de lumière sourde de tes soyeux seins joyeux joie de toi peau de soie sois heureuse pas pleureuse tel moi sans ta soie plus de soi jamais ne tournera la page des nuits nues fenêtre ouverte page d'histoires page de rêves page blanche sans vie ô ma mie ô mon toit étoilé de tes voies de comètes secrètes invisibles soleil des nuits lune des jours ô ma nue, ô ma mour, mon souffle mon eau pure ma brise ma bise se brise au vent des sourires au vent des rires au vent des partirs les plus heureuses des heures au vent de ta voix de ta marche de tes hanches blanches pervenches de parfums plus subtils que les îles meilleurs que les bonheurs
EN SOIE le silence joyeux de ses reins la parole lumineuse de son sourire éclat de soleil sans bruit sans nuit sans ennui la bonté de sa peau le sirop de ses mots la blondeur de ses caresses le tournis de sa survenue le secret si clair de son sexe souple triangle de noirs silences symphonie de luxuriances tapis de voluptés la folie de son visage en soleil l'alcool de son cou la blancheur vierge de ses hanches la passion de ses sons le rêve de nos îles le jeu de nos mots le jeu de nos rêves le jeu de nos jambes nues dans l’entrelacs des lits enjolivés de jouissance jambes clouées sur les bois de sa chair matinale et chantant la beauté du monde au feu des unissons
AMOUR GAI amour inuit nuit de femme nuit de fou igloo d’elle inouïe Seule étoile du Sud Venue de toutes les nuits Vénus de toutes les nues horizon blanc mer oubliée tu es là te sens te vois te caresse mille et mille nuits t’encense et te parcours doucement de lèvres assoiffées des sortilèges de ta neige de tes grâces vierges de tout faux
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